Zverev défait Djokovic à Londres

Hormis les membres du «Big 4» (Djokovic, Nadal, Federer et Murray), Alexander Zverev est le seul joueur encore actif à avoir remporté au moins trois tournois de la catégorie Masters 1000.
Photo: Glyn Kirk Agence France-Presse Hormis les membres du «Big 4» (Djokovic, Nadal, Federer et Murray), Alexander Zverev est le seul joueur encore actif à avoir remporté au moins trois tournois de la catégorie Masters 1000.

L’Allemand Alexander Zverev s’est offert dimanche le titre le plus prestigieux de sa jeune carrière, en domptant 6-4, 6-3 le numéro un mondial, Novak Djokovic, pourtant grand favori, en finale du Masters à Londres.

Étincelant depuis le début de l’été et intouchable jusqu’ici à Londres, « Djoko » s’est montré incapable cette fois de maîtriser le prodige allemand, qui avait écarté le Suisse Roger Federer la veille. Zverev, qui succède au Bulgare Grigor Dimitrov, terminera l’année à la 4e place mondiale, à 21 ans.

Il devient ainsi le plus jeune joueur à remporter un tournoi des maîtres depuis un certain… Djokovic (à Shanghai, en 2008). Il imite également la performance de son nouvel entraîneur, Ivan Lendl, lui aussi vainqueur du premier de ses cinq Masters à 21 ans, en 1982.

« Merci, Ivan, d’avoir rejoint l’équipe, j’ai l’impression que ça marche très bien pour le moment et j’espère que ça restera comme ça », a déclaré le très longiligne Zverev après la victoire. « Personne ne peut le voir, sans doute, mais j’ai en fait de la musculature ! J’étais encore plus maigre que je ne le suis maintenant — vous pouvez le croire ? » s’est amusé auprès du public londonien le joueur, qui a tout de même rapidement posé son trophée, de peur de subir des crampes.

Personne ne peut le voir, sans doute, mais j’ai en fait de la musculature ! J’étais encore plus maigre que je ne le suis maintenant — vous pouvez le croire ?

L’Allemand confirme ainsi au plus haut niveau les attentes placées en lui, après une saison où il a déçu en Grand Chelem, son meilleur résultat demeurant un quart de finale à Roland-Garros.

Bien que sèchement défait par le même Djokovic en phase de poule mercredi, Alexander Zverev a joué sans complexe, bien aidé par un service qui lui a offert de nombreux points (10 as, 72 % de premières balles).

« Tu as bien mieux joué qu’en phase de poule et tu mérites ta victoire », a reconnu sur le court Novak Djokovic. « Tu es jeune, mais tu as eu une carrière remarquable jusqu’ici, et je te souhaite le meilleur dans l’avenir. »

Hormis les membres du « Big 4 » (Djokovic, Nadal, Federer — 2e et 3e au classement — et Murray), Zverev est le seul joueur encore actif à avoir remporté au moins trois tournois de la catégorie Masters 1000 (Madrid en 2018, Toronto et Rome en 2017).

En finale, les deux joueurs ont d’abord fait jeu égal dans une première manche de très haut niveau, avant que l’Allemand ne prenne l’ascendant sur le numéro un mondial qui a commis certaines erreurs et approximations qu’on ne lui connaissait plus depuis plusieurs mois.

À 4-4, après plusieurs fautes directes, le Serbe s’est fait briser pour la première fois du tournoi. Un exploit salué à sa juste valeur par le public londonien qui a alors encouragé bruyamment le jeune Allemand. Ce dernier a ensuite aisément conclu la manche sur son service.

Après un premier échange de bris dans la deuxième manche, le « Djoker » est apparu usé physiquement, en panne d’inspiration face à un adversaire en pleine réussite : en témoigne cet amorti raté à 1-1 qui a permis à Zverev de prendre pour la troisième fois de suite le service du Serbe. L’Allemand s’est même offert le luxe d’un ultime bris dans le dernier jeu du match, qu’il a conclu sur un splendide coup du revers avant de s’écrouler au sol, le visage collé au court.

Pour le Serbe, qui visait un 6e titre au Masters, cette deuxième finale perdue consécutivement après celle du Masters 1000 de Paris, aura certainement un goût amer, tant il avait semblé un cran au-dessus de ses adversaires tout au long de la semaine londonienne.

Néanmoins, sa défaite n’effacera pas son éclatante deuxième partie de saison. Absent six mois du circuit fin 2017, opéré à un coude en février, le « Djoker » était retombé à la 22e place mondiale en mai.

Mais il a entamé une remontée fantastique au début de l’été, s’adjugeant notamment Wimbledon et l’US Open, ses 13e et 14e titres du Grand Chelem. Ce parcours lui a permis de retrouver son trône tout juste deux ans après l’avoir quitté.

« Si on met les choses en perspective, ça a été une année exceptionnelle, avec un magnifique retour », a d’ailleurs souligné « Nole » après son match, remerciant au passage son équipe.