Les Expos - Kline compare le Stade à l'aéroport de Mirabel

Il n'y a qu'un seul joueur des ligues majeures qui aurait pu faire ce rapprochement. Il n'y en a qu'un seul qui comprend assez bien la situation d'ici pour le faire.

Hier, quelques heures avant le match entre les Cardinals de Saint Louis et les Expos, Steve Kline, dit «Le Gaucher», a comparé le Stade olympique à l'aéroport de Mirabel.

«Et croyez-moi, dit-il, je sais de quoi je parle. J'ai encore une maison à Saint-Jérôme et j'y habite trois ou quatre mois par année. Le stade me fait penser à Mirabel. On a dépensé des fortunes pour les construire, et là, ils ne servent plus à personne... ou presque.»

Kline a lancé dans l'uniforme des Expos pendant quatre saisons complètes à partir de 1997. Le 14 décembre, il a fait partie de l'un des pires échanges de l'histoire des Expos quand il a été cédé aux Cardinals en compagnie du partant droitier Dustin Hermanson en retour de Fernando Tatis et Britt Reames, qui ne sont même plus dans le baseball.

Kline a toujours gardé des liens avec le Québec, lui qui a épousé une Lavalloise, Martine Pépin. «Dès la fin de la saison, nous revenons à Saint-Jérôme et nous y demeurons jusqu'aux Fêtes», a dit Kline.

Le gaucher a mentionné qu'il gardera des souvenirs impérissables de ses années passées avec les Expos, lui qui était l'un des joueurs les plus populaires de l'équipe. «Je me souviendrai toujours du fait que nous aimions surtout battre les grosses équipes. Nous prenions un malin plaisir à le faire, a-t-il dit. J'ai adoré jouer avec Pedro Martinez, Vladimir Guerrero, Michael Barrett, Brian Schneider, Tony Armas. J'avais beaucoup d'amis ici.»

Mais le gaucher reconnaît que c'est bien différent à Saint Louis, qui est, selon lui, l'une des meilleures villes de sport de toute l'Amérique. «Il faut bien le reconnaître, ici, les gens aimaient dans l'ordre: Youppi, Felipe Alou et Vlad. Pour ce qui est du reste, nous n'étions que d'autres joueurs des Expos. À Saint Louis, c'est tout à fait exceptionnel. La minute qu'un gars endosse l'uniforme des Cards, il devient très important. Les gens le connaissent, s'intéressent à lui. Et les gens appuient les Cards sans jamais poser de questions. C'est un appui inconditionnel.»

Kline a signé un nouveau contrat avec les Cards à titre de joueur autonome après la saison morte. Il a mentionné que plusieurs équipes étaient intéressées, mais qu'il avait préféré demeurer avec les Cards.

«Nous avons une organisation incroyable, a-t-il dit. De plus, j'avais l'impression que j'avais quelque chose à me faire pardonner parce que je n'ai pas connu une très bonne saison l'an dernier. Il faut que j'aide les Cards à battre les Cubs et les Astros.»

Un bourreau de travail, Kline a peut-être été victime du fait qu'il n'a jamais refusé la balle quand son gérant faisait appel à ses services. Trois ans de suite, il a pris part à plus de 80 matchs. Même l'an dernier, il a été utilisé 78 fois par Tony LaRussa.

«Aucune équipe ne voulait m'offrir un contrat de plus d'un an, dit-il. On me disait partout qu'on ne voulait prendre le risque de m'offrir un contrat à long terme parce que j'ai tellement lancé au cours des dernières années.»