Impact: des pertes annuelles de plus de 10 millions à combler d’ici deux ans

Le président de l’Impact de Montréal, Joey Saputo
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Le président de l’Impact de Montréal, Joey Saputo

La nouvelle grille tarifaire des abonnements au stade Saputo a fait grogner plusieurs partisans le mois dernier, mais le président de l’Impact de Montréal, Joey Saputo, croit qu’elle est nécessaire pour permettre à l’équipe d’atteindre la rentabilité.

Il s’agissait d’un des nombreux points présentés par Saputo, vendredi, lors d’une table ronde avec une quinzaine de représentants des médias montréalais.

Saputo a affirmé encaisser des pertes annuelles de 11 à 12 millions sur des revenus d’environ 30 millions par année depuis l’arrivée de l’équipe en MLS en 2012. Il a ajouté que le club devait atteindre la rentabilité afin de suivre la croissance exceptionnelle de la MLS — une croissance qu’il a admis ne pas avoir anticipée lors du transfert de l’équipe dans ce circuit.

Pour atteindre cet objectif, Saputo souhaite mobiliser le Québec inc. ainsi que les partisans par le biais des revenus provenant des abonnements, en plus d’obtenir l’appui de la Ville de Montréal pour assouplir son cadre fiscal.

Selon les chiffres présentés par Saputo, une hausse de 10 $ du prix moyen des billets pour le faire passer à 40 $ d’ici 2020 permettrait d’augmenter les revenus de 3,5 millions si la moyenne des assistances se situe entre 19 000 et 19 500 spectateurs par rencontre. Avec encore un seul match au calendrier régulier en 2018 au stade Saputo, l’assistance moyenne se situait à 18 529.

L’un des défis sera aussi d’augmenter le nombre d’abonnements. Coincé autour des 9000 depuis l’arrivée de l’équipe en MLS, Saputo aimerait voir ce chiffre passer à 13 500, la moyenne à travers la MLS, selon ce qu’il a affirmé. Il resterait alors 3000 billets individuels et 3000 forfaits de groupe à vendre pour atteindre les 19 500 spectateurs dans le stade d’une capacité de 20 801.

Saputo a reconnu ne pas avoir de solutions miracles en tête pour faire grimper le nombre d’abonnements. Il a tout de même reconnu qu’il devait augmenter la présence et la visibilité de l’équipe au centre-ville de Montréal.

Pour équilibrer les finances de l’équipe, Saputo s’est aussi plaint de payer 2 millions par année en taxes municipales pour des installations — le stade Saputo et le centre Nutrilait — dont il n’est pas entièrement le propriétaire. Saputo a mentionné que sa famille avait fait un don de 60 millions pour la construction et l’agrandissement du stade Saputo, dont il n’est pas propriétaire, et a investi 16 millions dans le centre Nutrilait et ses terrains de soccer avoisinants, qui sont la propriété de l’arrondissement. Il est toutefois propriétaire de l’édifice du centre Nutrilait.

Saputo souhaite donc obtenir un assouplissement des taxes municipales. Il a indiqué avoir rencontré la mairesse Valérie Plante pour briser la glace et vouloir continuer les négociations avec elle.

Il a également présenté un projet de rénovation du stade Saputo de 50 millions qu’il a mis sur la glace puisqu’il aurait engendré une hausse des taxes. Ce projet n’aurait pas augmenté la capacité du stade, mais plutôt changé sa configuration dans le but de hausser le nombre de billets « premium ».

Le président s’est donc dit déçu de l’état financier de son club à quelques semaines de la fin de sa septième campagne en MLS. Il a également accepté une part du blâme, soulignant avoir peut-être mal évalué l’intérêt du marché montréalais et ne pas avoir été assez agressif pour que l’équipe se taille une place dans le calendrier des sorties des Montréalais.

Malgré le lourd bilan financier, Saputo a rapidement balayé du revers de la main toute possibilité de vendre l’équipe, même à un investisseur qui lui ferait la promesse de garder l’Impact à Montréal. Saputo s’est toutefois dit ouvert à l’idée d’accueillir de nouveaux investisseurs du Québec inc.


D’autres points abordés par Saputo

— Saputo a reconnu qu’il devait peut-être se montrer plus intelligent dans ses investissements pour ce qui est de la masse salariale, rappelant toutefois qu’il ne ferait jamais de sacrifices de ce côté si cela signifie la présentation d’une équipe moins compétitive sur le terrain.

— Notant que l’Atlanta United touche 2 millions en revenus pour chaque match, contrairement à 500 000 $ pour l’Impact lors d’une salle comble, Saputo a indiqué avoir mentionné au commissaire de la MLS, Don Garber, que le concept de parité dans la MLS allait devenir de plus en plus difficile à maintenir.

— Saputo a annoncé qu’il souhaitait développer un partage des ressources avec son club italien, le Bologna FC 1909, sur le plan du recrutement international. Le Bologna a embauché sept recruteurs à temps plein, dont un qui sera attitré au territoire nord-américain.