Pacioretty a demandé à plusieurs reprises un échange, dit Bergevin

Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin

Pour le bien de toutes les parties impliquées, incluant l’équipe, le temps était venu pour le Canadien de Montréal d’échanger Max Pacioretty, surtout que ce dernier a plusieurs fois demandé une transaction au cours de la dernière année.

C’est ce qu’a affirmé le directeur général Marc Bergevin lors d’un point de presse tenu en marge du tournoi de golf annuel de l’équipe, lundi à Laval-sur-le-Lac.

Bergevin y est allé de cette révélation lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il y a eu un moment en particulier où il a songé à offrir un pacte à long terme au capitaine du Tricolore lors des trois dernières saisons.

« Honnêtement, à plusieurs reprises l’an passé, Max a demandé une transaction. Alors, ce n’était pas une chose qui était sur la table. Nous avons décidé que c’était mieux pour les deux [parties] que Max aille dans une nouvelle direction et aujourd’hui, on lui souhaite la meilleure des chances », a déclaré Bergevin, sans vouloir préciser à quel moment Pacioretty avait présenté une première requête en ce sens.

La déclaration de Bergevin vient en totale contradiction avec celle d’Allan Walsh, l’agent de Pacioretty. Il y a deux semaines à peine, Walsh avait nié un reportage selon lequel Pacioretty avait manifesté le désir d’évoluer sous d’autres cieux.

« Je suis ici pour donner les faits. Je ne dirai pas de mensonges et je n’entrerai pas dans les détails. Ce sont des faits. Nous, comme organisation, nous avions des responsabilités à prendre, nous l’avons fait. Et aujourd’hui, nous sommes fiers de ce que nous avons été capables d’acquérir », a rétorqué le directeur général du Canadien.

Le Canadien est finalement passé à l’acte dans la nuit de lundi, échangeant son capitaine aux Golden Knights de Vegas. En retour, le Tricolore a obtenu l’attaquant Tomas Tatar, l’espoir Nick Suzuki et un choix de deuxième ronde en 2019.

Circonstances propices

Annoncée par communiqué peu après 1 h lundi matin, la transaction vient mettre un terme à un roman-savon qui durait depuis des lunes et qui a atteint son point culminant au cours des dernières semaines.

L’un des points marquants de cette saga aura été la poignée de mains que se sont échangée Pacioretty et Bergevin — que plusieurs ont qualifiée de peu chaleureuse — lors du tournoi de golf du capitaine, le 28 août dernier, à la Vallée-du-Richelieu.

L’échange a également épargné l’organisation montréalaise d’un épisode de relations publiques potentiellement cauchemardesque, non seulement lundi au tournoi de golf de l’équipe mais à compter de vendredi alors que le Tricolore lancera son camp d’entraînement.

D’ailleurs, beaucoup d’observateurs ont estimé que Pacioretty avait mieux paru que le Canadien dans toute cette histoire.

« D’aussi loin que nous puissions remonter, le Canadien de Montréal est une organisation qui a beaucoup de classe, qui fait les choses de la bonne façon, a déclaré Bergevin à cet égard. Nous n’amènerons jamais des débats sur la place publique. Si quelqu’un décide de faire autrement, ça lui appartient. Nous, nous allons toujours faire les choses de la bonne façon pour le joueur et pour l’organisation. »

Questionné lui aussi à ce sujet, Geoff Molson a répondu que cet épisode n’était nullement une bataille de relations publiques.

« L’intégrité de la Ligue nationale, de l’équipe du Canadien de Montréal et de Max sont à protéger. Ça, c’est notre perspective. Et nous n’avons rien dit publiquement depuis le début de ces discussions avec Max. Nous n’avons rien dit parce que nous voulions protéger le joueur et l’équipe. Tout ce qui se dit publiquement, ça ne vient pas de nous. Aujourd’hui, on est ici, on a fait un échange, on tourne la page et on transmet à Max nos meilleurs voeux. »

Corroborant les propos de Bergevin selon lesquels les pourparlers avec les Golden Knights se sont intensifiés au cours des deux derniers jours, Molson a affirmé que l’équipe ne ressentait pas de pression additionnelle à agir à cause de la proximité du camp d’entraînement.

« Le timing, c’était le timing. Ça prend deux équipes pour faire l’échange, et l’autre équipe a décidé hier d’avancer dans le dossier. Nous ne voulions pas que ça sorte avant qu’on ne l’annonce parce que c’est notre capitaine, c’est Max et nous avons beaucoup de respect pour lui. Ça s’est terminé à minuit ou quelque chose du genre et nous étions prêts à faire l’annonce. Il n’y pas de lien entre le fait que nous soyons ici aujourd’hui et le fait qu’il ait été échangé hier soir. »

Pour l’entraîneur-chef Claude Julien, la présence de Pacioretty au camp, vendredi, n’aurait rien changé à sa façon de faire.

« Que Max ait été avec l’équipe ou pas, j’allais de l’avant et il aurait fait partie de ce groupe-là. Ça n’aurait pas été un problème pour moi, pas dans mon esprit », a déclaré Julien, tout en niant les allégations selon lesquelles il existait un froid entre lui et son capitaine.

Avenir prometteur ?

Malgré le départ d’un autre vétéran, Bergevin se refuse toujours de parler de reconstruction. Selon lui, son équipe ne repart pas à zéro avec des vétérans comme Carey Price et Shea Weber ainsi que de jeunes joueurs prometteurs. Il estime d’ailleurs qu’une participation aux séries éliminatoires demeure un objectif réaliste dès cette saison.

Au sujet des nouveaux venus, il a dit que Tatar peut compenser en partie la contribution offensive de Pacioretty et que Suzuki est promis à un bel avenir. Il a d’ailleurs précisé que le Canadien l’avait classé 11e sur sa liste l’année de son repêchage et que c’est un joueur capable de jouer à l’aile et au centre.

Quant aux chances de Suzuki de se tailler un poste avec le Canadien dès cette saison, Julien a rappelé que le défenseur Victor Mete y était parvenu l’année dernière, au même âge.

« L’an passé, nous avons fait de la place à Victor Mete parce qu’il l’a mérité. L’attitude ne change pas de notre côté. Si un joueur mérite d’être ici, il va être ici. On va lui faire de la place. Si des joueurs arrivent ici et nous surprennent, c’est sûr que nous allons les garder avec l’équipe. »