Djokovic sur la voie royale aux Internationaux des États-Unis

À 28 ans, le Japonais Kei Nishikori confirme son retour au plus haut niveau.
Photo: Al Bello Agence France-Presse À 28 ans, le Japonais Kei Nishikori confirme son retour au plus haut niveau.

Promis à Roger Federer avant son dérapage surprise, Novak Djokovic est opposé au 55e joueur mondial, l’Australien John Millman, en quarts de finale de l’US Open, mercredi à New York.

Le tennis japonais est à la fête : pour la première fois, il compte en même temps un joueur et une joueuse, Kei Nishikori et Naomi Osaka, dans le dernier carré en Grand Chelem.

Djokovic et l’invité surprise

On lui promettait Roger Federer, c’est finalement le 55e joueur mondial, John Millman, tombeur surprise du Suisse aux vingt couronnes en Grand Chelem en huitièmes de finale 48 heures plus tôt, qui se dresse de l’autre côté du filet. À 29 ans, son adversaire du soir n’avait jamais connu la saveur d’une deuxième semaine en tournoi majeur avant la quinzaine new-yorkaise.

Autant dire que « Djoko » dispose d’une voie royale vers le dernier carré. D’autant que le Serbe de 31 ans, même s’il a souffert de la touffeur qui enveloppe New York depuis le début du tournoi, est plongé dans un bain de jouvence depuis son sacre de la renaissance à Wimbledon mi-juillet, venue refermer deux ans de vicissitudes, entre coude douloureux et tête en vrac.

S’il s’impose, Djokovic, en quête d’un quatorzième trophée en Grand Chelem qui lui permettrait d’égaler Pete Sampras, affrontera Nishikori pour une place en finale.

Place au Japon

À 28 ans, le Japonais, ex-no 4 mondial aujourd’hui 19e, confirme son retour au plus haut niveau après avoir été éloigné du circuit pendant six mois, entre août 2017 et février dernier, la faute à un poignet droit blessé et opéré. Il est venu à bout en cinq sets (2-6, 6-4, 7-6 (7/5), 4-6, 6-4) après plus de quatre heures de match du no 7 mondial, Marin Cilic. Une revanche sur le Croate, sacré à ses dépens à Flushing Meadows en 2014.

C’est la troisième fois que Nishikori se hisse en demi-finale en Grand Chelem. Chaque fois (2014, 2016 et 2018), c’était à New York. Ce parcours garantit au Nippon, tombé au 39e rang mondial début avril — son classement le plus bas depuis octobre 2011 —, de frapper au moins aux portes du top 10 à l’issue du dernier tournoi majeur du calendrier.

Chez les femmes

À vingt ans, Osaka (19e) a, elle, offert au Japon sa première demi-finale féminine en Grand Chelem depuis vingt-deux ans. La dernière fois que c’était arrivé, en 1996, avec Kimiko Date à Wimbledon, Osaka n’était pas encore née !

Jamais dans l’histoire du tennis japonais un joueur et une joueuse n’avaient atteint de concert le dernier carré en tournoi majeur.

Sa victoire express aux dépens de l’Ukrainienne Lesia Tsurenko (36e) acquise 6-1, 6-1 en moins d’une heure, c’est en… anglais qu’Osaka a répondu aux questions des journalistes nippons.

Car si elle est née à… Osaka et que sa mère est japonaise, elle vit aux États-Unis depuis qu’elle a trois ans. Le japonais, elle le comprend, mais le parler, c’est une autre histoire.

La Japonaise, qui naviguait autour de la 70e place mondiale en début de saison, s’est révélée au printemps, sur ciment américain déjà, en remportant le prestigieux tournoi d’Indian Wells, puis en battant sèchement Serena Williams (6-3, 6-2) au premier tour à Miami la semaine suivante.

Mais en Grand Chelem, son meilleur résultat était avant cette édition 2018 de l’US Open un huitième de finale, à l’Open d’Australie en janvier.

Extérieurement, son inexpérience n’a pas transparu mercredi. Intérieurement, à la croire, c’était autre chose.

« J’étais en panique, mon corps tout entier tremblait, mais j’ai bien joué », a raconté Osaka, qui a accueilli sa qualification sans émotion apparente, deux jours après avoir fondu en larmes après le succès qui lui avait ouvert les portes des quarts de finale.

La suite des choses

Pour une place en finale, la joueuse japonaise Naomi Osaka se mesurera à l’Américaine Madison Keys (14e), finaliste sortante, ou à l’Espagnole Carla Suárez Navarro (24e), opposées en soirée.