Avec le retour de Manziel, les Alouettes vivent un moment «Halak-Price»

Antonio Pipkin a connu beaucoup de succès durant l'absence de Johnny Manziel.
Photo: Peter McCabe La Presse canadienne Antonio Pipkin a connu beaucoup de succès durant l'absence de Johnny Manziel.

Les Alouettes sont assurément heureux du retour au jeu du quart Johnny Manziel, qui n’est plus soumis au protocole de commotions cérébrales de la Ligue canadienne de football depuis mardi. Mais ce retour au jeu provoque une situation particulière en raison des succès d’Antonio Pipkin en son absence, qui n’est pas sans rappeler la période « Halak ou Price ? » du Tricolore, comme l’a justement souligné un confrère.

Rappelez-vous la saison 2009-2010, alors que Carey Price connaissait des moments chancelants à sa troisième campagne dans la LNH. Jaroslav Halak connaissait beaucoup de succès devant le filet, conduisant même le Canadien à la porte de la finale. Chaque jour, l’entraîneur-chef Jacques Martin devait annoncer qui de Halak ou Price allait garder les buts.

Retour à l’été 2018 : les succès de Pipkin et le retour au jeu de Manziel provoquent — à moindre échelle — le même genre de « controverse ». Mais aux yeux d’un peu tout le monde au sein du club, ce questionnement est une invention des médias.

« Celui qui prendra la première remise sera le quart partant, a laconiquement répondu l’entraîneur-chef, Mike Sherman, quand on lui a demandé qui allait amorcer la rencontre de vendredi, face au Rouge et Noir d’Ottawa. Oui, Johnny est prêt. Tout ce qui a trait au protocole de commotions s’est bien déroulé.

« C’est toujours une option d’utiliser les deux quarts », a-t-il ajouté.

Pourtant, les performances de Pipkin lors de ses deux départs — 36 passes complétées sur 57, 520 verges, un touché, deux interceptions —, mais surtout la grande majorité des répétitions prises avec la première unité à l’entraînement cette semaine laissent croire qu’il sera le partant.

Si Manziel n’a pas voulu se mouiller — « Je serai à l’aise avec tout ce que décidera l’entraîneur Sherman », a-t-il dit —, Pipkin a été plus précis. Il faut dire qu’on lui a posé la question directement : a-t-il fait les choses différemment en vue de ce troisième départ ?

« Non, je n’ai rien fait de différent. Il faut se préparer pour jouer le match et donner la meilleure chance à l’équipe de gagner », a-t-il expliqué.

Sent-il qu’il n’a pas une grande marge de manoeuvre en raison de la réputation de son second et de ce qu’il en a coûté à l’organisation pour obtenir ses services ?

« Je n’ai jamais pensé que j’avais peu de marge de manoeuvre. Je pense que cette perception vient de l’extérieur afin de créer une certaine controverse », a-t-il laissé tomber.

« Nous avons un bon vestiaire, un bon groupe de quarts. Nous nous connaissons bien et il n’y a pas de controverse. Je ne me sentirais pas différemment si c’était Matthew [Schiltz] qui était mon second. Quand j’ai été son second l’an dernier, j’ai aidé Matthew du mieux que j’ai pu, et les gars font la même chose pour moi. »

Arrivée de Ménard-Brière

Les Alouettes ont annoncé plus tôt mercredi l’ajout du botteur québécois Félix Ménard-Brière à leur équipe d’entraînement.

L’ex-porte-couleurs des Carabins de l’Université de Montréal s’est réjoui de revenir à la maison. Après avoir participé au camp d’entraînement des Blue Bombers de Winnipeg, qui l’avaient repêché en 2017, Ménard-Brière a signé un contrat pour se joindre à la formation d’entraînement du Rouge et Noir, qui l’a libéré dimanche. Il a accepté l’offre des Alouettes mardi.

« C’est comme un second souffle pour moi, a-t-il admis. J’ai fait plusieurs arrêts dans quelques équipes, mais quand on revêt l’uniforme des Alouettes, c’est spécial. »

L’arrivée de Ménard-Brière dans le giron des Alouettes n’est sûrement pas étrangère au manque de constance dont fait preuve Boris Bede cette saison. Ménard-Brière en est bien conscient.

« Dans chaque équipe, quand il y a plusieurs botteurs, tu sais qu’il y en a un qui risque son poste et un autre qui le veut. Au bout du compte, c’est davantage une compétition contre nous-même. C’est dans les mains de l’entraîneur de prendre les décisions. C’est un poste qui est basé sur la confiance. Oui, on veut les meilleures “stats”, mais l’entraîneur doit avoir confiance en toi, et cette confiance, c’est à nous de la gagner. En ce moment, je ne ressens pas de tension. »

À l’entendre, il possède les mêmes qualités que l’ex-botteur du Rouge et Or de l’Université Laval.

« Selon moi, la puissance de ma jambe et mes capacités physiques [ressemblent à celles de Bede]. Mais je peux apporter autre chose avec ma vitesse. Ma précision sur les dégagements est aussi reconnue. Ma capacité à ouvrir le jeu pour les unités spéciales est appréciée par les entraîneurs. »

Reste à voir si son rôle sera appelé à changer dans un proche avenir.