Laurence Vincent-Lapointe est toujours sur un nuage après les Mondiaux

L'athlète Laurence Vincent-Lapointe, en 2015
Photo: Aaron Lynett La Presse canadienne L'athlète Laurence Vincent-Lapointe, en 2015

Laurence Vincent-Lapointe visait deux titres aux Championnats du monde de canoë-kayak de Montemor-o-Velho, au Portugal. Elle est plutôt revenue avec trois, dont un sur une distance à laquelle elle ne participe jamais.

« Les trois médailles sont littéralement dans ma poche, a-t-elle dit en route vers Sherbrooke, où elle participera au cours des cinq prochains jours aux Championnats canadiens. Je n’aurais pas pu espérer mieux. Au départ, je m’attendais à faire deux courses très importantes pour moi. Des courses qui signifient beaucoup en vue des prochains J.O. D’avoir réussi à ramener ces deux médailles d’or, mais en plus, d’avoir participé à une course qui est 25 fois plus longue que ma distance préférée, j’ai vraiment eu une semaine incroyable. Je n’en reviens pas. Je suis toujours sur un nuage présentement. Je suis folle de joie ! »

En mettant la main sur ces trois titres — au C1 200 m, au C2 500 m en compagnie de Katie Vincent, ainsi qu’au C1 5000 m —, Vincent-Lapointe a ainsi porté son total de titres mondiaux en carrière à 13. Elle est maintenant la Canadienne la plus titrée en disciplines olympiques lors des Championnats du monde, devant les 12 titres en courte piste de Charles Hamelin et les sept en longue piste de Christine Nesbitt.

Le titre sur 5000 m est « l’intrus » dans ce palmarès. La distance ne sera pas courue aux Jeux de Tokyo, en 2020, où le canoë féminin fera son entrée au programme olympique. Pour Vincent-Lapointe, cette victoire est un boni.

« C’est la cerise sur le gâteau. Ce n’était pas une course que je devais faire. Mon coach m’a dit la semaine passée qu’il m’avait inscrite au 5000. Je m’étais gardé un droit de veto à ce moment-là. Si j’étais trop fatiguée à la suite de mes deux courses, j’aurais pu y renoncer. Je savais que les conditions allaient être difficiles et je ne m’attendais pas à avoir beaucoup d’énergie. Mais je me connais : j’ai énormément d’orgueil. Une fois que je me donne la mission de faire une course, je ne la fais pas à moitié. »

La victoire vient-elle plus facilement avec l’expérience ?

« Je dirais que c’est toujours un cycle. La première fois que c’est arrivé, je ne savais pas que je pouvais faire ça. Ça a été une surprise pour moi de remporter mes premiers titres en 2010. Au fil du temps, la pression a augmenté. Mais je n’ai pas toujours gagné : en 2015, je suis arrivée quatrième. La pression augmente à chaque fois, mais j’arrive à mieux la gérer vu que j’ai tellement d’expérience. Au cours des huit dernières années, j’ai fait de nombreuses courses. Ce n’est pas facile, mais je pense que la pression va atteindre son pic d’ici 2020. »

D’ici là, Vincent-Lapointe redoublera d’ardeur afin de grimper sur la plus haute marche du podium qui soit. Elle a d’ailleurs obtenu l’appui de l’Université du Québec à Trois-Rivières, où elle étudie en soins infirmiers.

« Pendant longtemps, j’ai priorisé l’école et je suis satisfaite d’avoir fait ça. Ça m’a permis de faire beaucoup d’années d’études en peu de temps. Depuis que les J.O. ont été annoncés, j’ai pris la peine de demander à l’UQTR si c’était possible d’étirer mon programme, de m’aider à pouvoir m’entraîner davantage. À compter de février, je n’aurai plus de cours. On va mettre un peu de côté la carrière en vue de préparer à fond les Jeux, car 2020, ça s’en vient vite ! […] Je suis contente que l’UQTR ait compris mon dilemme. »

Elle compte mettre à profit tout ce temps maintenant disponible pour l’entraînement.

« Je pense que j’ai encore la possibilité de m’améliorer. Je regarde mes performances — j’ai déjà revu mes courses plusieurs fois — et j’ai vu comment j’ai ramé. Je suis satisfaite, mais je sais que je suis capable d’aller chercher plus.

« Mon plus gros défi présentement est de m’assurer, en finale surtout, où la pression est très élevée, de maintenir mon niveau technique. Ma technique est bonne, on le souligne souvent. C’est ce qui me permet de me démarquer. Oui, je suis grande et forte, mais il y a en beaucoup de compétitrices grandes et fortes et je réussis quand même à les devancer. Ce que je veux réussir à faire, c’est de maintenir ma technique en situation de stress, malgré la fatigue des courses. »

Les prochaines semaines seront chargées pour l’athlète de 26 ans. Après les Canadiens, elle profitera d’une pause de deux semaines avant les Championnats panaméricains, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, avant de s’envoler pour la Chine et la Sibérie, où sa coéquipière et elle ont reçu des invitations.

« Ça fera beaucoup de décalage horaire dans la même semaine ! » conclut-elle en riant.