Mario Mola remporte de justesse le volet masculin du Triathlon de Montréal

Mario Mola a eu le dessus sur le Norvégien Kristian Blummenfelt, qui s’était forgé une importante avance en tête.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Mario Mola a eu le dessus sur le Norvégien Kristian Blummenfelt, qui s’était forgé une importante avance en tête.

Lorsque les gens se remémoreront la plus récente édition du Triathlon international de Montréal, le nom de Charles Paquet leur viendra certainement en tête.

Du haut de ses 21 ans, le Portcartois a tenu tête aux meilleurs triathloniens au monde pendant de longs moments dimanche après-midi, à l’occasion du volet masculin de la septième étape des Séries mondiales de triathlon de l’ITU.

À sa toute première participation à une course des séries mondiales, Paquet a offert tout un spectacle aux partisans réunis au Vieux-Port de Montréal et en a surpris plus d’un en se taillant une place parmi le groupe des meneurs, composé de Kristian Blummenfelt, Andreas Schilling et Casper Stornes, durant la portion à vélo. Plus lent lors de la course à pied, le jeune triathlonien a terminé au 29e rang, à 5:03 du vainqueur, l’Espagnol Mario Mola.

« Je commençais à avoir les jambes fatiguées après le vélo, les Norvégiens étaient vraiment forts, a raconté Paquet, qui affichait un sourire béat. C’est certain que j’ai peut-être payé le prix un peu durant la course à pied, mais je suis vraiment content. J’ai vraiment bien exécuté la natation et le vélo. Il reste seulement à perfectionner la course à pied et à travailler mes petits défauts. Mis à part ça, je m’en sors vraiment bien. »

Durant la semaine précédant la compétition, Paquet avait souligné qu’il ne s’était pas vraiment fixé d’objectif, puisque c’était la troisième fois seulement qu’il parcourait une distance olympique — 1,5 km à la nage, 40 km à vélo et 10 km à la course à pied.

Bien que le manque d’expérience sur cette distance ait joué contre le Québécois durant le dernier volet, Paquet ne regrette pas de s’être greffé au groupe d’échappée.

« C’est ma façon de courir, je donne tout ce que j’ai, et quand j’ai vu que les Norvégiens étaient partis [en tête], je savais que la machine venait vraiment de partir, a-t-il raconté. Avec la puissance qu’ils ont à vélo, je me suis dit que j’étais capable de faire deux, trois virages rapides pour combler l’écart. »

Même si le défi était assez relevé pour le Portcartois, le fait de courir à la maison lui a donné les munitions nécessaires pour se surpasser.

« C’était vraiment émotif, pour vrai. J’ai rarement eu une course comme ça, a reconnu Paquet. J’en avais presque des frissons. C’était vraiment incroyable. »

Les partisans qui ont bravé les intempéries dimanche en ont eu pour leur argent.

Devant Paquet, Mola, meneur au classement mondial, a arraché une troisième victoire d’affilée à l’issue d’une chaude lutte durant les derniers instants du volet de la course à pied, ce qui lui a permis d’avoir le dessus sur Blummenfelt.

« Je savais que Kristian allait être vraiment difficile à battre, mais je tentais de défendre ma position au classement, a soutenu le vainqueur. Lorsque les gars sont partis devant [durant le vélo], j’ai tenté de ne pas paniquer et je voulais économiser de l’énergie pour la course. »

L’Espagnol a complété le parcours en 1 h 47 : 46, tandis que Blummenfelt, qui s’était forgé une importante avance en tête après le vélo, a terminé le parcours à 16 secondes de son adversaire.

L’Australien Jacob Birtwhistle (1 h 48 : 28) a lui réussi à coiffer de justesse le Sud-Africain Richard Murray lors du dernier droit du parcours pour monter sur la troisième marche du podium.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Paquet, alors qu’il tentera d’obtenir une invitation pour l’épreuve finale des Séries mondiales, présentée en septembre sur la Gold Coast, en Australie.

Seul l’avenir nous dira si Paquet sera en mesure de talonner les meilleurs triathloniens du circuit mondial dans les prochaines années. Ce qui est certain par contre, c’est que son nom fera écho encore longtemps.

« J’ai prouvé que j’étais parmi les meilleurs et que j’avais ma place sur le circuit », a-t-il affirmé.

Une autre déception pour Alexis Lepage

Contrairement à Paquet, Alexis Lepage, l’autre Québécois en lice, a complété le parcours sur une note moins positive, après avoir été victime d’une crevaison lors de la portion à vélo.

« Beaucoup de déception aujourd’hui, a-t-il lancé, amer. J’ai donné tout ce que j’avais en course à pied. Je visais un top-20. C’est certain que je suis déçu de ne pas avoir l’objectif que je m’étais fixé au départ, mais ce sont des choses qu’on ne peut pas contrôler. »

Lepage, qui souhaitait offrir une meilleure performance que l’an dernier, quand il avait terminé 29e, ne s’est toutefois pas laissé abattre par le pépin technique et s’est emparé du 37e échelon.

« À tout moment, j’aurais pu abandonner et je crois que ça aurait été correct en tant que tel, mais je voulais vraiment terminer ma course et tout donner ce que j’avais en course à pied, a ajouté le triathlonien âgé de 24 ans. Une chance que la foule était ici pour m’encourager, parce que sinon ç’aurait été quand même beaucoup plus difficile. J’ai tout donné jusqu’au bout. »

Chez les autres Canadiens, le Manitobain Tyler Mislawchuk a obtenu le meilleur résultat en pointant au huitième échelon, grâce à un chrono de 1 h 49 : 26. Ce résultat lui a permis de faire un bond de quatre rangs au classement mondial, pour s’emparer de la huitième position.

Matthew Sharpe (19e) a inscrit le deuxième meilleur temps chez les représentants de l’unifolié, devant son compatriote John Rasmussen (40e).