Les Alouettes inscrivent une victoire de 25-22 aux dépens des Argonauts

Antonio Pipkin, très efficace à son deuxième départ, a marqué des touchés sur des courses de deux et une verges, puis d’une au quatrième quart.
Photo: Peter McCabe La Presse canadienne Antonio Pipkin, très efficace à son deuxième départ, a marqué des touchés sur des courses de deux et une verges, puis d’une au quatrième quart.

Ça n’a pas été simple, mais les Alouettes de Montréal ont réussi à stopper à neuf leur série de défaites à domicile avec un gain de 25-22 aux dépens des Argonauts de Toronto, vendredi.
 

C’est le placement de 27 verges de Boris Bede, son quatrième du match, avec 1 min 10 s à faire, qui a permis de confirmer cette victoire des Alouettes (2-8) et de mettre fin à une série de six revers cette saison.
 

Bede avait précédemment réussi des placements de 43, 32 et 29 verges, mais il avait raté la transformation sur le deuxième touché du match d’Antonio Pipkin plus tôt au quatrième quart, qui aurait donné un — mince — avantage de 23-22 aux Alouettes.
 

Pipkin, très efficace à son deuxième départ avec 22 passes complétées en 32 tentatives pour 303 verges et une interception, a marqué des touchés sur des courses de deux et une verges.
 

Le jeune quart de 23 ans a fait preuve de beaucoup de cran au quatrième quart pour ramener son équipe dans le match. Mais il n’a pas souhaité s’en attribuer le mérite.


« Ça vient du vestiaire, a-t-il dit. Des gars dans le caucus qui te font confiance. Ces gars-là font tout ce qu’ils doivent faire. Ils sont partout où ils doivent être. Moi, je ne tente que de faire ma part. Ce sont ces gars qui font les jeux. »
 

La performance de Pipkin a été loin d’être banale : il est devenu le premier quart des Alouettes en un an — depuis le 24 août dernier exactement — à amasser plus de 300 verges par la passe. Darian Durant, dans une défaite de 34-31 en prolongation face aux Blue Bombers de Winnipeg, avait été le dernier à réaliser l’exploit.
 

« C’est la préparation, a humblement répondu Pipkin. Il faut se préparer chaque semaine pour gagner, comme ça, quand vous en avez l’occasion, vous la saisissez. »
 

Les Argos (3-6) avaient également été la dernière victime des Alouettes au stade Percival-Molson, où 16 480 spectateurs ont assisté vendredi à cette victoire.
 

Mais les Alouettes étant ce qu’ils sont, ils ont bien failli échapper cette rencontre.
 

Forts d’une avance de 15-10 à la mi-temps, les locaux ont permis aux Argos de marquer 12 points contre un seul au troisième quart pour prendre le contrôle 22-16. Un retour d’interception de 45 verges d’Alden Darby sur une passe échappée par Ernest Jackson avait permis aux Argos de reprendre les devants 19-15.
 

Après un simple — pourquoi ne pas tenter un placement de 47 verges le vent dans le dos ? — de Bede, les Argos ont aussi inscrit un placement, le troisième du match de Zack Medeiros, pour faire 22-16, et on ne donnait plus cher de la peau des Alouettes.
 

C’était sans compter sur le brio de Pipkin, William Stanback (53 verges sur 11 courses) et B. J. Cunningham (85 verges sur 5 attrapés), qui ont replacé les Alouettes dans le match en dernière période et leur ont permis d’inscrire cette victoire qui a grandement réjoui les spectateurs sur place.
 

« Nous n’avons jamais abandonné. Nous avons toujours cru en nous », a dit Cunningham.

Il a tout de même fallu attendre à la toute dernière seconde, jusqu’à ce que la tentative de placement de 54 verges de Medeiros atterrisse sur le poteau, pour que le stade Percival-Molson vibre comme on ne l’a que trop rarement senti vibrer depuis quatre ans.
 

Medeiros aurait peut-être réussi son coup s’il avait cinq verges de plus. Ces importantes verges ont été perdues sur le superbe jeu du secondeur Hénoc Muamba quelques secondes plus tôt.
 

« On jouait un blitz, mais sur mon départ, j’ai vu qu’ils allaient faire un jeu-écran. Ils aiment bien le faire dans cette portion du terrain, a expliqué Muamba. J’ai simplement réagi. On est tellement contents. Mais il ne faut pas trop célébrer cette victoire. Il faut s’en servir pour aller de l’avant. »
 

« Ça a été un jeu immense, a noté l’entraîneur-chef Mike Sherman. Je tentais de lui dire de le garder debout afin que plus de temps s’écoule au cadran ! Ça a été un jeu très important. Le genre de jeu qui passe souvent inaperçu. »