L’ancien lanceur John Smoltz a des idées pour améliorer le baseball

John Smoltz, en 2015
Photo: John Amis Archives Associated Press John Smoltz, en 2015

Beaucoup d’amateurs de baseball se demandent ce qui est arrivé au sport.

John Smoltz a sa petite idée et il veut agir au plus vite.

L’ancien lanceur des Braves d’Atlanta aura l’occasion d’en discuter en tant que membre du comité de la compétition du Baseball majeur, qui essaie de régler les problèmes reliés au sport. Avant l’amorce du prochain camp printanier, il pourrait y avoir de nouveaux règlements qui aideraient à redorer le blason du baseball.

Peut-être se penchera-t-il d’emblée sur les défensives spéciales ?

« Les défensives spéciales ont tué à elles seules le sport parce que tous les joueurs veulent maintenant élever la balle par-dessus celles-ci, a affirmé Smoltz. Si tu étais récompensé pour avoir frappé la balle et qu’il n’y avait aucune défensive spéciale, il y aurait plus d’action. Les joueurs essaient simplement d’envoyer la balle de l’autre côté de la clôture. »

Dans un monde idéal, et, bien sûr, le sport n’a jamais été parfait, il y aurait également des limites au nombre de changements de lanceur ou encore à la façon dont les joueurs sont placés sur la liste des blessés.

Le baseball a cependant toujours été très lent à s’adapter. Alors que les autres sports ont été proactifs dans leur changement de règlements afin de rester intéressants, surtout dans l’ère analytique, le baseball a tendance à ne pas changer jusqu’à ce que les circonstances mènent à une autre option.

Pour le moment, le baseball est fait ainsi et ce n’est pas le sport que Smoltz a pratiqué pendant 21 ans. Ce jeu qui lui a permis d’être intronisé au Temple de la renommée du Baseball majeur à sa première année d’admissibilité, en 2015.

« Le sport est passé à un rythme très lent et stagnant, a indiqué Smoltz. Ça deviendra impossible à regarder et c’est à ce moment que le commissaire et d’autres dirigeants du Baseball majeur vont tenter d’apporter des changements afin de rendre le sport excitant. »

Smoltz sait de quoi il parle. Il est non seulement un des meilleurs lanceurs de l’histoire — un des deux seuls lanceurs à avoir réussi une saison de vingt victoires et une autre de cinquante sauvetages —, il est aussi un étudiant du baseball et il est analyste aux réseaux MLB Network et Fox Sports.

Smoltz comprend qu’il y a des problèmes d’un point de vue de partisan de baseball, mais aussi d’un point de vue de joueur. Il s’inquiète que les partisans désertent ce sport, mais il s’inquiète aussi que les joueurs deviennent interchangeables en raison des statistiques avancées.

Jusqu’à présent, les joueurs ont largement résisté à des changements dans le sport, considérant qu’ils obtiennent encore leur part du gâteau, mais selon Smoltz, cette pensée pourrait changer lorsqu’ils se rendront compte de ce qui se passe du côté analytique.

« C’est difficile pour moi de penser qu’en fin de compte, ce n’est pas une version pauvre du baseball, a-t-il déclaré. Tu peux gérer ton équipe en payant les joueurs à rabais et en les utilisant lorsqu’ils sont plus jeunes parce qu’ils ne font pas beaucoup d’argent. On les draine et on brasse les cartes dans l’enclos des releveurs. À long terme, ce n’est pas viable. »

Ce qui n’est pas viable aussi, aux yeux de Smoltz, c’est cette allégeance aveugle envers les statistiques avancées. Bien que les informations soient importantes pour le sport, ça ne devrait pas remplacer coûte que coûte les connaissances acquises depuis plus d’un centenaire.

Smoltz a noté que les équipes qui ont récemment gagné la Série mondiale plaçaient la balle en jeu et qu’elles mettaient de la pression sur la défense adverse. Ces formations étaient à contre-courant de la vague d’élans qui visent les clôtures et des lanceurs qui essaient de lancer le plus fort possible.

« Les équipes ne sont pas dérangées si tu te fais retirer sur des prises, tant que tu ne frappes pas la balle au sol, a fait valoir Smoltz. Les lanceurs veulent lancer le plus fort possible par-dessus la ceinture. C’est ce qu’on verra, des élans qui touchent la balle et d’autres qui la ratent, des retraits sur des prises et des circuits. Jusqu’à ce qu’une équipe me prouve le contraire, tu ne peux pas gagner la Série mondiale de cette façon. »

Tu ne peux pas gagner de partisans non plus et on ne peut pas les blâmer. Cette saison, les frappeurs s’élancent à un rythme qui pourrait créer plus de retraits au bâton que de coups sûrs. Le temps moyen s’écoulant entre deux balles en jeu est de près de quatre minutes.

Le sport doit changer et rapidement. Par chance, il y a des personnes comme Smoltz qui savent quoi faire. En espérant que le reste du baseball écoute.