Le CIO invite l’agence américaine antidopage à balayer devant sa porte

Une délégation d’athlètes russes considérés comme «propres» avait été autorisée à participer aux Jeux d’hiver en Corée du Sud.
Photo: Jae C. Hong Associated Press Une délégation d’athlètes russes considérés comme «propres» avait été autorisée à participer aux Jeux d’hiver en Corée du Sud.

Le Comité international olympique, éreinté jeudi par le patron de l’Agence antidopage américaine (USADA) sur sa gestion du dossier du dopage institutionnalisé en Russie, invite vendredi dans un communiqué l’USADA à balayer devant sa porte et les États-Unis à rejoindre les travaux de l’IPACS.

« Nous apprécions beaucoup et accueillons favorablement les efforts des États-Unis pour renforcer la lutte contre le dopage, et nous supposons qu’ils s’attaqueront en priorité aux défis que représente la situation préoccupante de certaines ligues professionnelles aux États-Unis en la matière », a déclaré le CIO dans un communiqué.

« Nous invitons aimablement le gouvernement des États-Unis à participer aux travaux du Partenariat international contre la corruption dans le sport (IPACS), un réseau informel pour coordonner les efforts de lutte contre la corruption dans la gouvernance du sport », écrit par ailleurs le CIO.

Le patron de l’USADA a critiqué mercredi la gestion du dossier du dopage institutionnalisé en Russie par le CIO, considérant que celui-ci avait manqué de clarté dans ses positions et ne s’était pas montré assez ferme.

Lors des récents Jeux d’hiver en Corée du Sud, une délégation d’athlètes russes considérés comme « propres » avait été autorisée à participer, malgré la décision de suspendre le Comité olympique russe prise le 5 décembre dernier, conséquence du scandale de dopage institutionnalisé mis au jour par l’Agence mondiale antidopage (AMA) en novembre 2016.

Nous invitons aimablement le gouvernement des États-Unis à participer aux travaux du Partenariat international contre la corruption dans le sport

En prenant une telle décision, le CIO « a fait le choix de ne pas défendre les athlètes qui sont propres et de ne pas s’opposer au dopage institutionnalisé », a estimé Travis Tygart lors d’une intervention sur le dopage dans le sport devant la Commission Helsinki, une organisation américaine spécialisée dans les droits de la personne en Europe.

Fin février, le CIO a levé la suspension de la Russie, réintégrant le Comité olympique russe, malgré deux nouveaux cas de dopage durant les JO d’hiver de Pyeongchang.

Pour M. Tygart, après les révélations autour d’un dopage institutionnalisé en Russie, le CIO « a manqué — ou ignoré — un moment décisif pour affronter, de la manière la plus claire possible, la culture de corruption et du “gagner à tout prix” qui préside dans la question du dopage dans le sport ».

« Le CIO a failli à sa mission de leader », a ajouté le patron de l’antidopage américain.