Suspendu par l’USADA, Ryan Lochte ignore ce que l’avenir lui réserve

Les responsables de l’antidopage qui ont imposé la suspension ont clairement précisé que Lochte ne prenait aucune substance interdite.
Photo: Michael Sohn Associated Press Les responsables de l’antidopage qui ont imposé la suspension ont clairement précisé que Lochte ne prenait aucune substance interdite.

Ryan Lochte ne sait pas quand il prendra part à une autre compétition.

Et ça l’inquiète.

Ce qui attend Lochte dans le futur est un mystère, même pour lui. La décision de l’Agence antidopage américaine (USADA) de suspendre le multiple médaillé olympique parce qu’il a contrevenu à un règlement en recevant une perfusion intraveineuse de vitamines l’empêchera de participer à toute compétition majeure jusqu’en juillet 2019.

Donc, essentiellement, il fera face, mis à part ses partenaires d’entraînement, à un manque de compétition alors qu’il se prépare pour les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

« Je suis inquiet à 100 %, a déclaré Lochte, lundi, peu après l’annonce de la suspension de l’USADA. Je sais que je serai capable de nager en 2020, mais en natation, vous avez besoin de compétition. Il faut disputer des courses. Peu importe la qualité de l’entraînement, c’est la compétition qui fait foi de tout. Et moins j’ai d’occasions de disputer des compétitions, pire ça va être pour moi. »

Les responsables de l’antidopage qui ont imposé la suspension ont clairement précisé que Lochte ne prenait aucune substance interdite. Son erreur a été de recevoir une perfusion intraveineuse qui dépassait la limite légale de 100 millilitres — une procédure que sa femme et lui ont faite ensemble à Gainesville, en Floride, le 24 mai, dans le but de renforcer leur système immunitaire après que leur fils est tombé malade.

Lochte a publié une photo de la scène sur son compte Instagram, et l’USADA a ouvert une enquête après en avoir pris connaissance.

Lochte a coopéré avec l’enquête de l’USADA, mais n’a manifestement bénéficié d’aucune clémence. Sa sanction : une suspension de quatorze mois, remontant à la date de la photo. Cela lui coûtera l’occasion de participer aux championnats nationaux américains cette semaine, aux championnats panpacifiques plus tard cette année et aux championnats du monde de l’an prochain.

Dans ces circonstances, on comprend son inquiétude au sujet du manque de compétition.

« Je vais devoir composer avec », a-t-il déclaré.

Il a précisé qu’il poursuivra son programme d’entraînement quotidien. Il est possible que Lochte puisse participer à des compétitions non sanctionnées pendant sa suspension — il a dit qu’il examinerait ses options. Il n’a pas pris part à beaucoup d’épreuves depuis les Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en 2016, lorsqu’il a quitté la ville dans la disgrâce quand l’histoire selon laquelle lui et trois de ses coéquipiers avaient été victimes d’un vol à main armée a été éclaircie. Ils ont finalement été suspendus pendant dix mois par les autorités américaines.

« Dès que vous atteignez un certain niveau, peu importe la carrière sportive, vous allez être l’objet d’attention, a mentionné Lochte. Je pense que je l’ai appris à la dure, assurément — surtout depuis Rio, et maintenant. »

Et là, il se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs, à propos de ce qu’il insiste pour dire être une erreur de bonne foi. Il ne connaissait tout simplement pas ce règlement au sujet des perfusions intraveineuses. Dans la plupart des cas, les athlètes ne peuvent pas recevoir de perfusions, sauf si elles sont liées à une hospitalisation ou si elles sont autorisées en vertu d’une exemption approuvée par l’USADA, et Lochte n’entre dans aucune de ces catégories.

Donc, au lieu d’aller en Californie pour participer aux championnats nationaux, Lochte a tenu une conférence de presse dans une salle de conférence d’un hôtel du sud de la Floride — jurant que cette expérience ne ferait qu’alimenter la flamme d’être aux Jeux de 2020 à Tokyo.

« Je suis assurément devenu une meilleure personne après Rio, a déclaré Lochte. J’étais de retour à l’entraînement. Je me sentais bien. Je nageais vite. Mon fils est né, tout se passait bien, tout était parfait. Et puis cet incident est arrivé. C’est dévastateur. Mais nous sommes une famille, nous allons nous serrer les coudes et passer au travers. »