Sky blâme la culture française pour les excès des amateurs

Des spectateurs du Tour de France accueillent  les Britannique Chris Froome et Geraint Thomas en offrant du Ventoline à rabais à l’équipe Sky. Froome a fait l’objet d’allégations selon lesquelles il aurait consommé ce médicament pendant une des épreuve de la compétition.
Photo: Peter Dejong Associated Press Des spectateurs du Tour de France accueillent  les Britannique Chris Froome et Geraint Thomas en offrant du Ventoline à rabais à l’équipe Sky. Froome a fait l’objet d’allégations selon lesquelles il aurait consommé ce médicament pendant une des épreuve de la compétition.

Le directeur de l’équipe Sky, Dave Brailsford, blâme la culture cycliste française pour les abus verbaux dont sont l’objet ses leaders Geraint Thomas et Chris Froome de la part des amateurs au Tour de France.

Les spectateurs se moquent du quadruple champion Froome depuis qu’il a été blanchi d’une affaire de dopage juste avant le début de la course, tandis que Thomas a été sifflé et hué en tant que coéquipier de Froome.

Sky est l’équipe dominante du Tour depuis la victoire de Bradley Wiggins en 2012 à cette course de trois semaines. Avec six étapes à disputer avant sa conclusion à Paris dimanche, l’équipe Sky est en une excellente position pour réaliser un doublé et s’assurer une sixième victoire en sept ans. Thomas, en quête d’une première victoire au Tour, devance Froome par une minute et 39 secondes au classement général.

Lors d’une conférence de presse lors de la deuxième journée de repos de l’épreuve, lundi, Brailsford est vexé du traitement infligé à ses coureurs, qui ont été l’objet d’intimidation verbale et de crachats ces deux dernières semaines.

« Je ne pense pas que ça va cesser, a-t-il dit. Je ne suis pas trop optimiste à ce sujet. Nous l’acceptons et nous devons prendre une décision sur la façon de nous comporter. Nous essayons de rester dignes, de ne pas réagir et de ne pas nous laisser distraire par tout cela. »

Nous avons couru en Italie et l’affaire de Chris y était connue. Les Italiens ont été fantastiques, pour être honnête avec eux. Les Espagnols, ils sont formidables. Ça semble être un truc français.

Le manque de diplomatie de Brailford est susceptible d’ajouter de l’huile sur le feu alors que la course aborde les Pyrénées, où les amateurs se massent en grand nombre le long des routes étroites et tortueuses, souvent surexcités notamment en raison consommation d’alcool.

Froome a couru toute la saison sous la menace d’une suspension potentielle en raison qu’un échantillon d’urine lors de sa victoire à la Vuelta espagnole en septembre qui a montré une concentration d’un médicament contre l’asthme — le salbutamol — deux fois supérieur au niveau autorisé. L’Union cycliste internationale a statué juste avant le Tour que ses résultats ne constituaient pas une violation aux règles antidopage.

Les organisateurs du Tour ont menacé de ne pas permettre à Froome d’y participer jusqu’au moment de l’annonce de cette décision, ce qui a encore plus indisposé les partisans français.

Brailsford a précisé qu’il a été témoin de ce genre de réaction colérique seulement en France.

« Nous avons couru en Italie et l’affaire de Chris y était connue et les Italiens ont été fantastiques, pour être honnête avec eux, a déclaré Brailsford. Les Espagnols, ils sont formidables. Ça semble être un truc français. Comme une affaire culturelle française. Je ne suis pas sûr qu’ils auraient aimé qu’on crache sur leurs joueurs de football en Russie (à la Coupe du monde). Je suis certain qu’on en aurait entendu parler. »

Brailsford a ajouté que le manque de respect des amateurs pourrait éventuellement inciter des équipes étrangères à rester à l’écart du Tour de France.

« Le Tour est considéré comme le plus important événement annuel international sportif du monde et si c’est ce que vous voulez être et si vous voulez que les meilleurs cyclistes au monde viennent dans votre pays, alors peut-être faut-il les traiter avec un peu plus de respect », a-t-il déclaré.

« Si vous ne voulez pas qu’ils viennent et peut-être ne faire courir que des équipes françaises, cela pourrait fonctionner. Mais si vous voulez qu’ils viennent, alors traitez-les avec le même respect que vous voudriez pour votre équipe. »