Les cinq clés pour comprendre la finale France-Croatie

Des partisans des Bleus célébraient la victoire de leur équipe contre la Belgique mardi dernier, dans un pub de la rue Saint-Denis, à Montréal.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Des partisans des Bleus célébraient la victoire de leur équipe contre la Belgique mardi dernier, dans un pub de la rue Saint-Denis, à Montréal.

Dans une Coupe du monde de la FIFA où toutes les certitudes sont tombées, il ne faut sans doute pas se surprendre de voir qu’une équipe cendrillon comme la Croatie affrontera la France dimanche lors de la grande finale présentée à Moscou. À la veille de ce match tant attendu, découvrez comment ces deux équipes aux parcours bien différents sont parvenues à se rendre jusqu’au bout.

Des attaques productives

Impossible d’accéder à la finale du Mondial sans pouvoir compter sur une puissante attaque. Avec ses 12 buts marqués en six matchs, la Croatie occupe le deuxième rang quant aux buts comptés, derrière la Belgique (14 buts) et à égalité avec l’Angleterre. La France suit non loin derrière avec 10 buts.

Les Croates ont surtout démontré leur force de frappe lors de la phase de groupes en signant des victoires convaincantes contre des équipes redoutables comme l’Argentine (3-0) ou encore le Nigeria (2-0). De son côté, la France a marqué près de la moitié de ses buts lors de son gain en huitième de finale aux dépens de l’Argentine (4-3). Elle n’a donc pas marqué souvent lors de ses autres duels, mais elle est parvenue à ouvrir la machine au moment opportun.

 

 
 

La polyvalence croate

C’est l’une des grandes forces de cette équipe croate. Plutôt que de confier sa production offensive à un seul joueur — comme Harry Kane, qui a marqué la moitié des 12 buts de l’Angleterre —, la Croatie a pu compter sur une grande variété d’armes pour embêter les défenses adverses.

Pendant la compétition, huit joueurs croates différents ont marqué au moins un but, comparativement à cinq dans le camp français. Seule la Belgique (neuf buteurs différents) a démontré une plus grande profondeur parmi les 32 équipes qualifiées.

 

 
 

L’hermétisme de la défense française

Lors de cette Coupe du monde, la France a remporté quatre de ses cinq victoires par seulement un but, ce qui a obligé ses défenseurs et son gardien, Hugo Lloris, à livrer de solides performances. Parmi les huit équipes qui se sont qualifiées pour les quarts de finale, la France fait partie de celles qui ont accordé moins d’un but en moyenne par match durant la compétition. Seuls le Brésil et l’Uruguay ont fermé la porte plus souvent.

Il faut dire que trois des quatre buts accordés par les Français dans ce tournoi l’ont été lors de cette même victoire de 4-3 contre l’Argentine en huitièmes de finale. N’eût été ce duel offensif, les Bleus auraient sans doute la meilleure fiche défensive de ce Mondial.

 

 
 

Les Bleus en contrôle

 
9 min
nombre de minutes pendant lesquelles la France a tiré de l’arrière dans le tournoi

Les Croates sont revenus de l’arrière et ont dû disputer une période de prolongation à chacun de leurs trois derniers affrontements, ce qui soulève des questions sur leurs réserves d’énergie à l’aube de la grande finale.

Les Français, eux, ne se sont pas donné autant de mal. Au cours des 540 minutes de jeu auxquelles ils ont pris part depuis le début du tournoi, les Bleus n’ont tiré de l’arrière que pendant 9 petites minutes. C’était contre l’Argentine — encore une fois —, lorsque Gabriel Mercado a donné les devants aux siens, avant que le défenseur français Benjamin Pavard ne crée l’égalité 2-2.

 
 

Une Croatie physique

Mises à part les colonnes des buts marqués et encaissés, le jeu physique de la Croatie fait sans doute partie des facteurs qui expliquent son succès lors de cette Coupe du monde. C’est du moins ce que laissent croire les statistiques après six rencontres : parmi les 32 équipes qualifiées, la Croatie est celle qui a commis le plus de fautes (101), qui en a subi le plus grand nombre (93) et qui a cumulé le plus de cartons jaunes (14).

En y regardant de plus près, on constate que parmi les huit formations qui ont réussi à se qualifier pour les quarts de finale, la Croatie est de loin celle qui a enregistré la moyenne de cartons jaunes par match la plus élevée lors de la compétition (2,3), devant la Belgique, la France et la Suède (1,6).