Mon cœur de soccer

Une partisane de l’équipe de soccer de France pose sur la place Rouge, vendredi, à deux jours de la finale.
Photo: Christophe Simon Agence France-Presse Une partisane de l’équipe de soccer de France pose sur la place Rouge, vendredi, à deux jours de la finale.

Tout le monde a ses raisons de regarder la finale du plus grand tournoi de soccer sur la planète, qui sera présentée dimanche en Russie. À quelques jours du dénouement de la Coupe du monde de la FIFA, nous avons demandé à nos lecteurs de nous raconter d’où vient leur attachement au sport le plus populaire du monde. Voici une sélection des témoignages que nous avons reçus.

Le sport à sa plus simple expression

Le soccer, c’est le sport à sa plus simple expression : un ballon, deux filets, et c’est tout ! Il en résulte un sport populaire et démocratique. Voilà pourquoi tant de petites nations y délogent les plus grandes… et ça donne des moments de pure beauté, du drame et des émotions intenses. Vive le « foot » !

 

Antoine W. Caron, 63 ans

 
 

L’amour (du soccer) en trois temps

1) 1998, France-Brésil. C’est à ce moment que le soccer a attiré l’attention d’un jeune homme de la Côte-Nord que rien ne prédisposait à l’amour de la « beautiful game » : deux grandes équipes, Ronaldo, Zidane, Barthez… et l’apprivoisement d’un jeu lent, qui se construit avec talent et tactiques.

2) Avec l’arrivée d’un premier bébé et les heures irrégulières qui s’ensuivent, se mettre à écouter la Premier League en donnant le biberon et en berçant à grands coups de « fantastic goal… brilliant header… amazing pass », et autres fantaisies signées Michael Owen et compagnie.

3) Impact de Montréal. Ayant toujours suivi du coin de l’oeil les équipes de soccer montréalaises (Manic, FC Supra), j’ai eu le grand plaisir de voir grandir le club de mon coeur jusqu’à sa maturité actuelle en première division nord-américaine. Sutton, Sebrango, Biello, De Santis, Leduc, Gervais, Bernier, Di Vaio, Nesta, Piatti, Ciman, Drogba, Piette… Oui, quel plaisir d’assister à un bon match de soccer au Stade Saputo, ou encore au parc Père-Marquette, pour voir jouer le jeune U9 que j’ai bercé au son de la Premier League !

 

Dany Thériault, 41 ans

 
 

De l’Italie à Montréal

Mon premier contact avec le Mondial a eu lieu en 1990 en Italie, le pays d’origine de mon père et de sa famille. On se rassemblait dans le salon de ma tante Laura et je me rappelle à quel point elle était énervée à chaque fin de match, elle qui était si réservée habituellement. À l’époque, c’était le seul contact qu’on avait avec le soccer professionnel à la télévision.

Par la suite, je me suis mis à adorer la manière avec laquelle le Mondial se vit à Montréal. La culture internationale ressort, on voit les différentes communautés sortir leurs drapeaux, se rassembler pour les matchs, fêter leurs victoires en bloquant les rues. C’est magique. Les vieux qui fêtent avec les jeunes, les alcools locaux qui coulent à flot, les chansons.

En 2006, j’ai pris mes vacances en même temps que le Mondial. J’ai écouté des matchs au Café Espagnol, au Bayou Brasil, au bar L’Barouf et surtout au Caffè Italia. Par un pur hasard, chaque fois, l’équipe que je visitais gagnait. Tous les matchs de mes Azzurri, je les ai écoutés dans la Petite Italie et, comme de fait, ils ont remporté le Mondial cette année-là.

J’aime plus le Mondial pour les petits drapeaux qui ressortent partout à Montréal que pour les matchs. Et pourtant, je suis un grand fan de calcio [« soccer » en italien]. C’est tout dire.

 

Domenico M., 38 ans

 
 

Tous derrière le Pérou

Toute une découverte pour moi ! Francisco, mon copain péruvien, écoute à répétition les reprises des matchs, lesmeilleurs buts et les analyses des commentateurs sportifs. Il regarde le Mondial avec une ferveur inégalée sur un écran géant en invitant toute sa famille. Cris et rires ne laissent personne indifférent.

Il a été le premier à prendre le temps de m’expliquer les bons coups, les stratégies des joueurs, le défi relevé par le Pérou cette année au Mondial. Il m’amène aux matchs amicaux et ne passe pas inaperçu avec ses drapeaux du Mondial autant sur sa voiture qu’à la maison. Toute la famille portait fièrement le chandail du Pérou (moi y compris). J’ai même dessiné un drapeau pour l’occasion ! C’est une grande fête que je découvre autour d’un grand sport !

 

Nathalie Léonard, « plus de 30 ans »

 
 

Le soccer à ma manière

Un sport magique qui nous fait vivre des émotions incroyables, passant de la joie à la tristesse en l’espace de 90 minutes. Un sport qu’on peut pratiquer à notre manière. Tu peux jouer physique ou avec des gestes techniques. Affiner ton jeu, te créer des amis, des collègues et surtout des coéquipiers. Voilà une partie des raisons pourquoi j’aime ce sport.

 

Jérémie, 15 ans

 
 

Toutes les nations autour du ballon rond

J’ai découvert le soccer grâce à mon fils, que je suivais religieusement et qui a pratiqué ce sport durant neuf ans. J’ai compris le jeu. J’ai surtout apprécié le mélange des nations. À Montréal, mon fils jouait avec des Italiens, des Syriens, des Algériens, des Africains. Les voir célébrer ensemble à la suite d’un but ou d’une conquête de championnat m’a fait comprendre à quel point le Québec est un pays d’immigration qui ne peut que nous enrichir. Le soccer est un sport rassembleur.

 

Daniel, 60 ans

 
 

Une néophyte devenue entraîneuse

J’ai inscrit mes enfants au soccer lorsqu’ils étaient jeunes parce que ce sport nécessite un minimum d’équipement. J’étais pourtant une néophyte de ce sport. Avec les années, je suis passée de maman qui encourage dans les estrades à maman bénévole et à maman entraîneuse. L’été dernier, j’ai entraîné une équipe avec mon fils comme assistant. C’était extraordinaire de le voir encourager et conseiller les joueuses sur le bord du terrain et surtout d’être aussi heureux qu’elles lorsque nous avons gagné la médaille de bronze pendant un tournoi.

 

Christiane Côté, 45 ans

 
 

Un cadeau pour Raphaëlle ?

J’ai été piqué par la fièvre de la Coupe du monde en 1982. J’étais moniteur dans une colonie de vacances à Catholica, une station balnéaire de la côte adriatique jumelée avec ma commune de la banlieue de Lille. L’Italie a remporté la finale contre l’Allemagne. J’ai vécu ce match palpitant avec mes amis italiens et partagé leur exubérante allégresse. Le 11 juillet 1998 est née ma fille Raphaëlle à Montréal. La première chose qu’elle a vu le lendemain en arrivant à la maison est la victoire de la France. Aujourd’hui, elle fête ses 20 ans. Que dimanche les Bleus lui offrent une autre Coupe du monde !

 

Philippe Morlighem, 57 ans

 
 

Avoir un vrai ballon de « foot »

Durant ces années d’occupation avec toutes les privations que cela engendrait, combien de fois ai-je rêvé de posséder un vrai beau ballon de foot. Fait d’une enveloppe extérieure en cuir, avec une sorte de chambre à air intérieure et ce fameux lacet qui assurait l’intégralité de l’enveloppe extérieure. Le match terminé, notre entraîneur reprenait la ballon et le rangeait précieusement dans une armoire. Il nous restait soit une boîte de conserve, soit une vieille balle de tennis, soit simplement un caillou pour nous entraîner. Le bout de nos galoches à semelle de bois en prenait un maudit coup. Mais on jouait au « foot », nous étions heureux, nous étions tous des Ben Barek…

 

Marc Levéjac, 87 ans

 
 

Une affaire de langue et de culture

Pour moi qui aime beaucoup la France et la langue française, j’associe les succès des Français et des Québécois dans le sport à la valorisation de la langue et de la culture francophone. Vive la France, vive le Québec et vive le Canada ! J’ai fait mes études secondaires à Sidi Bel Abbès, en Algérie, ou le club de foot local était champion dans les années 1950. Mais bien sûr la victoire de la France au Mondial de 1998 m’a réjoui, et j’aimerais bien qu’elle récidive !

 

Jacques Aurousseau, 85 ans

 
 

Vingt-trois ans plus tard

Je cherchais un sport d’été pour mon fils de cinq ans. Comme il n’y avait pas d’entraîneur pour l’équipe de soccer, je me suis offerte pour entraîner les petits, avec d’autres parents. Ma fille adolescente s’est jointe à la première équipe de soccer de Shawinigan U12 ou U13 en 1995. Une équipe mixte parce qu’il n’y avait pas assez de joueurs. Au lieu de continuer à m’époumoner dans les estrades, je suis devenue entraîneuse pour l’équipe U15 des filles. J’ai appris avec passion à apprécier le jeu, les stratégies !

En 2010, j’étais sur le chemin de Compostelle, m’arrêtant, cherchant des télés pour suivre la phase de groupes. Mon conjoint est venu me rejoindre à Barcelone, d’où nous avons suivi les derniers matchs dans les pubs et célébré la victoire avec les Espagnols. Vingt-trois ans plus tard, j’assiste encore à toutes les Coupes du monde, échangeant avec mes jeunes adultes les résultats des rencontres.

D’ailleurs, les deux jouent encore dans des ligues « de garage » à 35 et 29 ans ! Bien entendu, je serai devant mon écran dimanche comme pour presque tous les matchs précédents, partageant, sur les réseaux sociaux, avec mes kids montréalais, la célébration finale.

 

Diane Lemay, 59 ans

 
 

La Coupe du monde pour vibrer

Je ne suis pas une grande fan de soccer. En fait, en règle générale, je n’aime pas beaucoup le soccer. Mais je regarde toujours l’Euro et la Coupe du monde. Le niveau est plus élevé, il y a un réel enjeu et toute une nation vibre derrière son équipe. C’est beau, ce sentiment d’unité, et le fait de voir les gens rassemblés autour d’une équipe de sport. C’est ça que j’aime le plus, je pense. Vibrer ensemble pour une équipe.

 

Élodie, 23 ans