La France remporte la bataille des voisins

Le défenseur des Bleus Samuel Umtiti célèbre le but marqué contre la Belgique, le seul du match, assurant à la France une place en finale.
Photo: Christophe Simon Agence France-Presse Le défenseur des Bleus Samuel Umtiti célèbre le but marqué contre la Belgique, le seul du match, assurant à la France une place en finale.

Une portion de la rue Saint-Denis a pris les allures d’un boulevard du 8e arrondissement mardi en fin d’après-midi, tant les partisans français s’y sont massés en grand nombre après la victoire tant attendue de leur équipe face à la Belgique en demi-finale de la Coupe du monde de la FIFA.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «On est en finale, on est en finale!» a scandé en choeur la foule massée sur le trottoir.

Sur la terrasse bondée du bar L’Barouf, repaire par excellence des Montréalais d’origine française, des partisans en liesse n’ont pas retenu leur joie en apprenant que les Bleus sont de retour en finale après s’y être rendus en 2006 et qu’ils auront la chance de remporter le deuxième titre de leur histoire dimanche, après leur triomphe de 1998.

 
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C’est le nombre de tirs au but qu’a fait la France, contre seulement 9 pour la Belgique.

« On est en finale, on est en finale ! » a scandé en coeur la foule massée sur le trottoir. Les drapeaux, les tambours et La Marseillaise chantée à tue-tête : en fermant les yeux, on se serait cru dans le stade de Saint-Pétersbourg, où s’est déroulé mardi un match très serré, comme on s’y attendait.

Au bout du compte, une simple déviation de la tête sur un coup de pied coin aura changé la donne dans cette rencontre qui aurait très bien pu aller d’un côté comme de l’autre. « La différence entre la défaite et la victoire a tenu à une phase arrêtée, a résumé l’entraîneur belge, Roberto Martinez, à la suite du revers de son équipe. Le match était serré à ce point-là. »

 
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Il s’agit du temps de possession du ballon, en pourcentage, pour les Bleus, bien peu par rapport à celui des Diables rouges (64 %).

La Belgique a amorcé la rencontre en dominant son adversaire au chapitre de la possession du ballon, mais aussi, et surtout, des chances de marquer. Face à une équipe française semblant attendre le bon moment pour contre-attaquer, les Diables rouges y sont allés de plusieurs centres dangereux devant le but d’Hugo Lloris, gracieuseté de Kevin De Bruyne ou encore d’Eden Hazard.

La Belgique a obtenu l’une de ses meilleures chances de marquer à la 21e minute, lorsqu’elle est parvenue à diriger un ballon oublié dans la surface de réparation sur le but français, mais Lloris a plongé à sa droite pour sauver les meubles, comme il l’avait fait en quart de finale face à l’Uruguay. À ce moment, il ne savait pas que cet arrêt spectaculaire allait permettre à son équipe de l’emporter.

Les Bleus s’imposent

Débordés défensivement pendant de longues minutes, les Bleus ont pris le contrôle à la fin de la première demie en se montrant soudainement beaucoup plus menaçants.

La France n’a cependant pas été en mesure de marquer le premier but du match dans l’immédiat, soit par manque d’opportunisme — parlez-en à Olivier Giroud, incapable de rediriger un centre parfait de son pied gauche —, soit en raison du brio du gardien belge. À la 39e minute, Courtois a sorti la jambe devant Benjamin Pavard pour priver le défenseur d’un but certain. Qui a dit qu’un arrêt du talon ne pouvait pas être élégant ?

La deuxième demie a débuté comme la première, avec une équipe belge en contrôle de la situation en zone adverse, mais les Français n’ont pas tardé à renverser la vapeur de la plus efficace des façons. À la 51e minute, le défenseur Samuel Umtiti a surgi au premier poteau pour rediriger un coup de pied de coin de la tête derrière Courtois.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Il est difficile de ne pas songer à ce qui aurait pu arriver si Hazard avait obtenu un coup franc devant le but français, sur une faute évidente que l’arbitre Andres Cunha a complètement manquée en fin de match.

La Belgique a eu ses chances de revenir dans le match, qu’il s’agisse de cette volée de De Bruyne dans la surface à la 60e minute ou de cette tête un peu trop excentrée de Marouane Fellaini à la 64e, mais aucun joueur en rouge n’est parvenu à enfiler l’aiguille.

Le plus dur à venir

Il est difficile de ne pas songer à ce qui aurait pu arriver si Hazard avait obtenu un coup franc devant le but français, sur une faute évidente que l’arbitre Andres Cunha a complètement manquée en fin de match. La reprise vidéo, qui a rendu de fiers services aux officiels lors de cette compétition, n’a pas pu venir en aide à la Belgique dans ce genre de circonstances.

Les partisans français ont donc raison de se réjouir de la présence de leur équipe en grande finale, mais le plus dur reste à venir et ils le savent très bien. Pour ajouter une étoile à leur maillot, symbole de chaque conquête de la Coupe du monde de la FIFA, ils devront d’abord venir à bout du gagnant de la deuxième demi-finale, présentée mercredi, qui oppose l’Angleterre et la Croatie.

Plusieurs membres de l’équipe de France actuelle étaient présents en 2016, lorsque leur pays s’est incliné en finale de l’Euro face au Portugal par la marque de 1-0. Ils ne voudront certainement pas laisser un tel scénario se reproduire.