Coupe du monde: les Anglais conjurent la malédiction des tirs au but

Danny Rose et Kieran Trippier célèbrent la victoire.
Photo: Alexander Nemenov Agence France-Presse Danny Rose et Kieran Trippier célèbrent la victoire.

Ce n’est sans doute pas de cette façon que les Anglais avaient prévu de remporter le match, mais le résultat, lui, est satisfaisant. En s’imposant face à la Colombie mardi, l’Angleterre a obtenu son billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde de la FIFA pour la première fois depuis 2006, tout en échappant finalement à la malédiction des tirs au but.

Difficile de dire si Eric Dier y a songé avant de faire bouger les cordages pour donner la victoire à son équipe à la toute fin de la séance de tirs au but, mais la pression était immense sur les épaules de ce jeune homme de 24 ans. En déjouant le gardien David Ospina, il est parvenu à faire avancer son équipe plus loin qu’au cours des deux dernières Coupes du monde, alors que le grand livre des statistiques n’était pas favorable aux Anglais.

Avant le match de mardi, les Three Lions avaient participé à trois séances de tirs aux buts en Coupe du monde au cours de leur histoire : en 1990, en 1998 et en 2006. Et chaque fois, ils s’étaient inclinés. Cette fois, les Anglais n’ont pas tremblé et ont décroché une victoire qu’ils auraient pu empocher sans se donner tant de peine.

Le « petit train »

Tout avait bien commencé pour l’Angleterre, qui a amorcé la plupart des actions offensives en début de match, tout en déployant une couverture défensive étanche.

Privée de l’un de ses meilleurs joueurs, James Rodríguez, la Colombie a quant à elle semblé à court de munitions pendant une bonne partie de la rencontre. Les Sud-Américains ont tenté de s’imposer physiquement, mais la tactique s’est retournée contre eux. Ils ont terminé le match avec six cartons jaunes, soit le plus grand nombre d’avertissements obtenus par une équipe dans un même match lors de ce Mondial, à égalité avec le Maroc lors de son duel face à l’Espagne.

Comme on pouvait s’y attendre, c’est Harry Kane, le meilleur buteur du tournoi jusqu’à maintenant, qui a permis à son équipe de prendre les devants peu après la mi-temps.

Les Anglais, dirigés par Gareth Southgate, y sont allés de leur intrigante formation du « petit train » sur un coup de pied de coin, les attaquants se plaçant les uns derrière les autres dans la surface de réparation pour compliquer la tâche des couvreurs.

Carlos Sánchez, lui, ne s’est pas fait prendre au jeu, mais il a un peu trop bousculé Kane aux yeux de l’arbitre. Le tir au but a été décerné, puis converti sans difficulté.

Réplique in extremis

Les Anglais croyaient ainsi pouvoir filer jusqu’à la victoire, mais le grand Yerry Mina — 6 pieds 4 pouces sans ses crampons — en a décidé autrement. Il a enfilé l’aiguille de la tête dans les arrêts de jeu, retournant tout ce beau monde à la case départ.

La prolongation n’ayant pu faire de maître, les Anglais ont dû se soumettre à cette séance de tirs au but qu’ils redoutaient tant. Mais grâce au brio de leur gardien et à l’aide de leur barre transversale, ils ont pu vaincre leurs démons.

La bonne nouvelle pour eux, c’est que la voie semble désormais libre dans leur portion du tableau. S’ils parviennent à battre la Suède en quarts de finale samedi, ils affronteront le gagnant du duel entre la Croatie et la Russie.

L’Angleterre a donc de bonnes chances d’accéder à la demi-finale du Mondial pour une première fois depuis 1990 et, qui sait, de remporter une deuxième Coupe du monde depuis son unique triomphe, chez elle, en 1966.

Cette année-là, le ballon de match était encore fait de cuir et son fabricant s’appelait Slazenger, pas Adidas. Bref, c’était une autre époque.

La Suède vient à bout de la Suisse

Le tir dévié d’Emil Forsberg, qui a trouvé son chemin jusque dans le fond du filet de la Suisse, a été suffisant pour permettre à la Suède de franchir les huitièmes de finale pour la première fois depuis 1994 en l’emportant 1-0. Les deux équipes ont eu leurs chances dans ce match tantôt hermétique, tantôt décousu, mais seuls les Suédois sont parvenus à s’inscrire à la marque. Les défenseurs scandinaves se sont occupés du reste, de sorte que les tombeurs de l’Italie en qualifications du Mondial se mesureront à l’Angleterre samedi prochain.