Le rêve de Lionel Messi reste intact

Lionel Messi a sauté sur le dos de son coéquipier, le défenseur Marcos Rojo, après que ce dernier a marqué le but vainqueur contre le Nigeria, mardi.
Photo: Gabriel Bouys Agence France-Presse Lionel Messi a sauté sur le dos de son coéquipier, le défenseur Marcos Rojo, après que ce dernier a marqué le but vainqueur contre le Nigeria, mardi.

Lorsque la somptueuse volée du défenseur argentin Marcos Rojo a trouvé son chemin dans la cage du Nigeria à la 86e minute, faisant 2-1 Argentine, Lionel Messi lui a immédiatement sauté sur le dos. Transporté par son coéquipier, au propre comme au figuré, le joueur étoile venait de réaliser que le titre qui lui a échappé il y a quatre ans est encore à sa portée. Mais le plus dur reste à venir.

L’Albiceleste a réussi à se tailler mardi une place en huitièmes de finale en remportant un match qui a bien failli lui glisser entre les doigts. Il faut dire que la pression était grande sur cette équipe qui avait connu un parcours désastreux jusqu’à maintenant en Russie.

Après le match nul contre l’Islande — le seul point amassé par le petit pays de 330 000 habitants dans ce tournoi — et la cuisante défaite face à la Croatie, on se demandait bien comment l’une des favorites de la compétition parviendrait à passer à l’étape suivante.

Au cours des derniers jours, l’entraîneur argentin Jorge Sampaoli s’est retrouvé sous le feu des critiques pour ses choix controversés, certaines rumeurs évoquant son remplacement pour le troisième match. Même la légende du soccer argentin Diego Maradona s’en est mêlée en reprochant au sélectionneur de ne pas avoir de plan de match.

Plus qu’une humiliation pour ce pays n’ayant été éliminé qu’une seule fois en phase de groupes depuis 1970, une exclusion hâtive en Russie aurait sans doute mis fin aux espoirs de Lionel Messi de soulever un jour le trophée remis aux champions du monde.

Dans une entrevue à la télévision argentine, la mère du joueur qui vient de fêter son 31e anniversaire a confié que son fils était en pleurs après la défaite contre la Croatie, tant l’enjeu est grand pour lui.

Match en deux temps

Ses larmes avaient amplement eu le temps de sécher mardi en début de match lorsqu’il est parvenu à amortir une longue remise dans la surface de réparation, de la cuisse puis du pied, avant de tromper le gardien du Nigeria pour marquer le premier but de son équipe.

À ce moment, l’Argentine au grand complet a poussé un grand soupir de soulagement, à commencer par l’exubérant Maradona, installé dans les gradins, les yeux levés au ciel et les bras en croix. La victoire dont le pays avait absolument besoin pour espérer se qualifier semblait se matérialiser.

Bien lancée, l’Argentine a aussi profité des changements apportés par Sampaoli — nouveau gardien après les bévues de Caballero contre la Croatie, Di María et Higuaín titularisés — pour dominer ses adversaires. L’instant d’une demie, c’est comme si les nombreuses armes de l’Albiceleste, qui s’étaient enrayées plus tôt dans le tournoi, pouvaient à nouveau faire feu.

Le vent a cependant tourné dans la seconde portion du match, le tir de pénalité converti par le Nigérian Victor Moses ayant l’effet d’une douche froide pour les partisans argentins réunis en grand nombre au stade de Saint-Pétersbourg.

Il faut dire que la décision de l’arbitre Cüneyt Çakir de sanctionner un accrochage — banal aux yeux de certains — dans la surface de réparation aura été presque aussi controversée que celle de ne pas sévir quelques minutes plus tard sur la main d’un défenseur argentin devant son but.

Alors que rien n’allait plus pour l’Argentine, que la cohésion du début de match semblait s’être évaporée, c’est finalement Rojo qui a abruptement mis fin au brillant parcours du Nigeria, dont la vitesse et la détermination auront impressionné la planète au cours des dix derniers jours.

Et maintenant, la France

La France et le Danemark ayant fait match nul mardi dans un soporifique 0-0 et l’Australie ayant dû s’incliner 2-0 face au Pérou, la table est donc mise pour deux matchs de huitièmes de finale prometteurs.

La Croatie, sortie vainqueure de son duel contre l’Islande et première du groupe D, se mesurera au Danemark, tandis que l’Argentine rencontrera la France.

Face à Giroud, Griezmann et Mbappé, gageons que Messi aura à nouveau besoin d’un coéquipier sur lequel s’appuyer pour battre une équipe d’un tout autre niveau. Parce que si l’Argentine a appris quelque chose de ses trois premiers matchs, c’est que la « puce » ne peut pas tout faire seule.