La qualification de la France vue par des Français

Le gardien de l’équipe de France, Hugo Lloris. «On joue contre le Pérou et on joue la contre-attaque. Il va falloir qu’on m’explique», pestent nos commentateurs amateurs, lorsque le joueur bloque un tir bas en 30e minute.
Photo: Franck Fife Agence France-Presse Le gardien de l’équipe de France, Hugo Lloris. «On joue contre le Pérou et on joue la contre-attaque. Il va falloir qu’on m’explique», pestent nos commentateurs amateurs, lorsque le joueur bloque un tir bas en 30e minute.

La France a assuré sa présence en huitièmes de finale jeudi en s’imposant 1-0 face au Pérou. À Montréal, les partisans des Bleus se réjouissent du résultat, mais ils n’ont pas tous été impressionnés par la performance de leur équipe nationale. Analyse de ce match déterminant, un jeu à la fois, par deux Français réunis au bar sportif Bruno, sur la rue Beaubien.

Attablés à la terrasse, Sébastien et Mathieu sont arrivés à l’avance pour ne rien manquer de la rencontre diffusée sur les télévisions accrochées à l’extérieur. Ils connaissent très bien le « foot » et ne manquent pas une occasion de commenter l’action en direct.

10e minute L’attaquant Antoine Griezmann obtient la première véritable chance de marquer pour la France. Il surgit à droite du but péruvien, mais son tir rate la cible. « Il est à deux mètres de la cage et il tire à cinq mètres du but », se désole Sébastien. « Il est gaucher », fait remarquer Mathieu.

22e minute Les Français ne montrent pas l’assurance qu’on attend d’eux depuis le début du match et les Péruviens arrivent à se porter en attaque à plusieurs reprises. « Nos joueurs plantent des buts dans les plus grands clubs et on laisse jouer le Pérou », peste Sébastien. « Ça prend certains temps faibles », lui répond Mathieu. « Ça va bientôt faire deux matchs de temps faible », rétorque son ami en souriant.

30e minute Le gardien français Hugo Lloris se signale en bloquant un tir bas et Sébastien en rajoute : « On joue contre le Pérou et on joue la contre-attaque. Il va falloir qu’on m’explique. »

35e minute Après une poignée de tentatives ratées, cette fois c’est la bonne. Mbappé redirige un centre dévié d’Olivier Giroud pour faire 1-0 la France. « Voilà, on est lancé ! se réjouit Sébastien. On leur a mis de la pression pendant quatre minutes et ça a fonctionné. »

42e minute Revigorés par leur but, les Français continuent d’appliquer de la pression sur la défensive péruvienne. « On annule la mi-temps, lance Sébastien à la blague. On est bien, là ! »

Mi-temps Les clients entassés sur la terrasse, beaucoup plus nombreux qu’en début de match, quittent les écrans du regard pendant quelques minutes pour faire le point. « C’est pas flamboyant, mais c’est maîtrisé », dit Mathieu pour résumer la performance de son équipe.

50e minute Pedro Aquino profite d’un revirement en territoire français pour décocher une superbe frappe brossée qui atterrit sur le poteau de Lloris. Les Bleus ont eu chaud. « Oh j’aime pas ça ! Lloris était clairement battu », s’exclame Sébastien.

76e minute Le pointage demeure inchangé et Mathieu se demande pourquoi les Péruviens tardent à se montrer plus offensifs. « Ils sont presque éliminés et ils ne bougent pas », observe-t-il, intrigué par la stratégie de l’adversaire.

84e minute Les Péruviens bénéficient d’un autre coup de pied de coin qui pourrait se traduire en occasion de marquer. « On leur laisse une chance de revenir dans le match », affirme Sébastien. « On joue vraiment le 1-0 », acquiesce Mathieu.

93e minute Giroud parvient à se défaire de deux défenseurs, mais pas à trouver le fond du filet. « Comme on n’a pas attaqué beaucoup, on ne s’était pas rendu compte que les défenseurs du Pérou étaient super nuls », rigole Sébastien.

Coup de sifflet final « Ils ont assuré le minimum », conclut Mathieu. « On n’a pas fait de grands matchs, mais on a réussi à gagner les deux premiers », philosophe Sébastien. Il précise que la dernière fois que la France a remporté ses deux premières parties d’une Coupe du monde avant de se mesurer au Danemark, comme ce sera le cas mardi prochain, c’était en 1998. Cette année-là, elle a gagné le tournoi.