La victoire à l’arraché de l’Angleterre est à l’image de ce début de Coupe du monde

C’est à l’arraché que les Anglais ont obtenu une victoire de 2-1 contre la Tunisie, grâce à un deuxième but tardif d’Harry Kane, dans les arrêts de jeu.
Photo: Thanassis Stavrakis Associated Press C’est à l’arraché que les Anglais ont obtenu une victoire de 2-1 contre la Tunisie, grâce à un deuxième but tardif d’Harry Kane, dans les arrêts de jeu.

Au moment de lancer la deuxième mi-temps du match Angleterre-Tunisie, il fallait voir le visage agacé de l’attaquant anglais Raheem Sterling, qui essayait tant bien que mal de repousser les dizaines de moustiques qui bourdonnaient autour de sa tête.

En effet, après avoir animé les discussions tout au long de la journée, les insectes volants se sont effectivement invités en grand nombre lors de ce match disputé lundi soir au stade de Volgograd, une ville située au sud-ouest de la Russie, en bordure de la rivière Volga.

Les moustiques sont tellement envahissants dans les alentours à cette époque de l’année que les autorités ont pris la décision de répandre des pesticides par hélicoptère au cours de la fin de semaine, sans grand succès. « Ils sont sur votre visage, sur vos lèvres, ils entrent dans vos narines, vos oreilles, vos cheveux », a témoigné Natalie Pirks, une correspondante de BBC Sport, quelques heures avant la rencontre.

C’est donc enduits de chasse-moustiques que les joueurs anglais ont amorcé leur match face à la Tunisie. Et c’est à l’arraché qu’ils ont obtenu une victoire de 2-1 grâce à un deuxième but tardif d’Harry Kane, dans les arrêts de jeu.

Les Anglais ont exercé une pression incessante sur la défense tunisienne, qui avait réponse à tout avant de céder à quelques mètres de la ligne d’arrivée.

Nuées d’insectes

L’invasion de moustiques survenue à Volgograd est en quelque sorte à l’image du début de cette Coupe du monde de la FIFA en Russie. Plusieurs grands favoris ont effectué une entrée en scène pour le moins hésitante, qu’on pense aux matchs nuls de l’Argentine et du Brésil, et surtout à la défaite de l’Allemagne contre le Mexique. Comme si ces puissances du soccer n’étaient pas parvenues à se dégager des nuées d’insectes, qui ont pris un malin plaisir à les entourer et à exploiter leurs faiblesses.

Comment expliquer que ces équipes négligées soient parvenues à tenir tête ou à renverser plus gros qu’elles ? Entre autres par le fait qu’elles sont plus petites, justement. Pendant que les grands joueurs internationaux terminaient récemment leur saison en Ligue des champions, les effectifs des équipes plus modestes pouvaient déjà se consacrer à leur préparation pour la compétition tant attendue. Comme les Mexicains qui, de l’aveu de leur entraîneur, ont commencé à élaborer leur stratégie pour battre les Allemands dès le lendemain du tirage au sort de la Coupe du monde.

Résultat : des équipes homogènes, dont les joueurs se connaissent très bien, ont affronté des formations composées de nombreuses vedettes qui, dans bien des cas, n’ont pas encore eu la chance de développer une chimie à toute épreuve.

Lundi, il faut dire que l’Angleterre a évité le pire en l’emportant 2-1, et que la Belgique a été particulièrement convaincante dans sa victoire face au Panama (3-1). La Suède, tombeuse de l’Italie en qualifications, a également eu le dessus sur la Corée du Sud (1-0), mais ce ne fut pas de tout repos.

Pour ce qui est des grands favoris qui se préparent pour leur deuxième match, il est trop tôt pour paniquer. Ils espèrent néanmoins qu’après avoir trébuché en début de tournoi, ils sauront ignorer les envahisseurs nuisibles.

Les propos du professeur d’entomologie Adam Hart, consulté par la BBC pour en savoir plus sur les insectes de Volgograd, ont cependant de quoi les rassurer pour la suite de la compétition. À son avis, les moustiques en question peuvent causer bien des ennuis, mais ils ne piquent pas.