Coupe Stanley: Las Vegas-Washington, une finale hollywoodienne

Il y a encore un an, les Golden Knights n’existaient pas; même leur propriétaire, l’homme d’affaires Bill Foley, ne les voyait pas viser le titre avant quatre ou cinq saisons.
Photo: John locher Associated Press Il y a encore un an, les Golden Knights n’existaient pas; même leur propriétaire, l’homme d’affaires Bill Foley, ne les voyait pas viser le titre avant quatre ou cinq saisons.

Las Vegas — Qui de Las Vegas, le prodige sans complexe, ou de Washington, abonné aux désillusions, va s’offrir sa première coupe Stanley ? La finale de la LNH, qui débute lundi, va couronner une équipe inattendue à l’issue d’une saison au scénario digne d’une superproduction hollywoodienne.

Le film qui rendra (peut-être un jour) compte de l’improbable épopée des Golden Knights a déjà un titre : les Golden Misfits (littéralement « les rejetés en or »), le surnom qu’ils se sont eux-mêmes donnés.

Avant d’être la meilleure équipe de la conférence Ouest, à quatre victoires d’un exploit inédit dans l’histoire du sport professionnel nord-américain, les Golden Knights de Las Vegas sont d’abord des joueurs qui ont dû ravaler leur fierté, quand leurs précédentes équipes leur ont annoncé qu’elles ne comptaient plus sur eux.

Ils ont été placés sur la liste des joueurs disponibles pour le recrutement d’expansion de juin 2017, qui a permis à Las Vegas de constituer son équipe en choisissant un joueur dans chacune des trente autres franchises.

Surprise

Il y a encore un an, les Golden Knights n’existaient pas ; même leur propriétaire, l’homme d’affaires Bill Foley, qui a déboursé 500 millions de dollars pour pouvoir créer la première équipe d’un grand championnat professionnel dans la sulfureuse capitale mondiale du jeu et des casinos, ne les voyait pas viser le titre avant quatre ou cinq saisons.

En début de saison, leur cote dans la course au titre, la coupe Stanley, était de 500 contre un, mais ils ont bousculé tout sur leur passage et collectionné les records pour une équipe débutante en NHL.

Troisième de la conférence Ouest à l’issue de la saison régulière, les Golden Knights ont balayé Los Angeles (4-0) au 1er tour, usé San Jose (4-2) au tour suivant et enfin surclassé Winnipeg (4-1) pour devenir la première équipe depuis Saint Louis en 1968 à atteindre la finale de la LNH dès sa première saison.

Trouver son chez-soi

Ils peuvent toucher le gros lot : jamais, avant eux, une équipe composée de toutes pièces dans l’un des grands championnats nord-américains a fini sa première saison au sommet.

« On est juste un groupe de joueurs de hockey sur glace qui voulaient trouver un nouveau chez-soi et qui l’ont trouvé », avance le centre Jonathan Marchessault, meilleur compteur de Las Vegas (8) depuis le coup d’envoi des séries éliminatoires.

« Quand chaque joueur se tient à son rôle et ne pense qu’au bien de l’équipe, cela donne une équipe qui gagne, même si on n’a pas de superstar à part notre gardien de but », explique Pierre-Edouard Bellemare qui peut devenir le deuxième Français, après le gardien de but Cristobal Huet, en 2010 avec Chicago, à soulever la coupe Stanley.

Cette saison déjà historique doit beaucoup au gardien de but canadien Marc-André Fleury qui réalise à 33 ans la meilleure saison de sa carrière après avoir été rejeté par Pittsburgh, le double champion sortant.

Alex Ovechkin, la star de Washington, s’est lui longtemps cru frappé d’une malédiction.

Jusqu’à cette saison, l’attaquant russe, l’un des marqueurs les plus prolifiques de l’histoire (607 buts en saison régulière, sept trophées de meilleur buteur et trois de meilleur joueur en LNH), n’avait jamais dépassé le 2e tour des séries éliminatoires.

Mais il a fait chuter sa bête noire, Pittsburgh de la superstar Sidney Crosby, au 2e tour, et n’a jamais été aussi prêt du titre suprême que les Capitals n’ont jamais remporté.

« Ce qui se passe est énorme, la ville est survoltée, tout le monde nous pousse », s’enthousiasme « Ovi », deuxième meilleur compteur des séries éliminatoires avec ses 12 réalisations.