Shea Weber a joué blessé pendant deux mois

Shea Weber a joué pendant plus de deux mois avec un pied gauche en piètre état.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Shea Weber a joué pendant plus de deux mois avec un pied gauche en piètre état.

Brossard — Dur sur son corps, comme on lui a appris à l’être, et soucieux de ne pas laisser tomber ses coéquipiers — un autre trait de caractère qui lui tient à coeur —, Shea Weber a joué pendant plus de deux mois avec un pied gauche en piètre état. Mais à un moment donné, quand la situation ne veut tout simplement pas s’améliorer, le constat devient inévitable, malgré la meilleure volonté du monde.


Le genou gauche appuyé sur le coussin d’une voiturette et le pied gauche dans une botte de marche qu’il devra porter pendant six autres semaines, le défenseur du Canadien de Montréal a confirmé les informations qui ont circulé en cours de saison selon lesquelles il a été blessé dès la rencontre inaugurale du calendrier régulier, le 5 octobre.
 

« J’ai été atteint par une rondelle au premier match à Buffalo. Il y avait une fracture, mais on n’a pas découvert le problème immédiatement. Ç’a finalement été un problème de tendon, et ce n’est donc pas en raison de la fracture que j’ai été opéré », a précisé Weber lors d’une mêlée de presse de près de 15 minutes, mardi matin, dans le vestiaire de l’équipe à Brossard.

Même s’il ressentait de la douleur, Weber est demeuré dans la formation jusqu’au 18 novembre contre les Maple Leafs de Toronto, à l’exception de la partie du 9 novembre contre le Wild du Minnesota, qu’il a ratée pour des motifs différents.

Il l’a fait, a-t-il expliqué, parce que c’est dans sa nature et parce qu’il a l’impression d’avoir une responsabilité envers ses coéquipiers.

« Tout le monde joue blessé, tout le monde a des problèmes au cours de l’année. La dernière chose que tu veux faire, c’est te plaindre de ton rendement parce que tu es blessé. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles tu n’es pas au sommet de ta forme, donc tu mets ça de côté. J’ai appris de cette manière quand j’étais jeune, à jouer malgré les blessures, et je pense que plusieurs athlètes professionnels jouent malgré ça. »

À la longue

 

Les premières répercussions de sa blessure se sont manifestées après le duel contre les Maple Leafs alors qu’il a été à l’écart pendant six parties. Il est revenu au jeu le temps d’une autre séquence de six rencontres, jusqu’au duel en plein air du 16 décembre à Ottawa.

Il ne le savait pas encore à ce moment-là, mais ce match joué par une température d’environ -15 degrés Celsius allait être son dernier de la saison après seulement 26 rencontres, le plus bas total de sa carrière, et une récolte de seize points, dont six buts.

« J’ai atteint le point où je ne pensais pas que je pouvais continuer. On avait une pause de deux jours avant le match à Vancouver, et je pensais que j’allais pouvoir jouer. J’ai pris du repos, mais il n’y avait aucune amélioration », a noté le vétéran défenseur, qui affichait un bon état d’esprit, mardi, dans les circonstances.

C’est finalement au mois de janvier, en allant quérir une seconde opinion à Toronto, que Weber a su qu’un tendon avait été endommagé.

« C’est dur à dire, honnêtement, a répondu Weber lorsque questionné sur le lien possible entre la fracture et le tendon endommagé.

« Même le chirurgien avait de la difficulté à répondre. Il semble que la fracture pourrait avoir endommagé le tendon, mais c’est dur à dire. J’ai joué avec des fractures auparavant. Si on m’avait dit dès le départ que j’avais une fracture, je n’aurais rien fait de différent. J’aurais joué tant que j’en étais capable. C’est malheureux que ça ait finalement empiré. »

Après sa visite à Toronto, Weber s’est rendu à Green Bay pour rencontrer un médecin spécialiste qui lui a recommandé de passer sous le bistouri. L’opération a été effectuée le 13 mars.

« Tu ne veux jamais subir une opération, c’est toujours la dernière option. Mais je crois que c’était la meilleure décision possible. »

La période de guérison devant durer six mois, Weber pourrait être rétabli à temps pour le début du prochain camp d’entraînement. Il se montre optimiste, mais il sait aussi qu’il n’y a jamais de garantie. Dans environ une semaine, il prévoit de pouvoir mettre du poids sur son pied.

« Ce médecin a déjà opéré d’autres athlètes et ils sont revenus au sommet de leur art. J’ai confiance », a-t-il déclaré.

Weber a également bon espoir de voir rebondir l’équipe l’automne prochain après une campagne cauchemardesque.

« Nous avons eu des blessés importants cette année. Notre gardien numéro un [Carey Price] a manqué un temps considérable. Avec un Price en santé, il n’y a rien d’impossible. Les jeunes ont gagné en expérience cette année. Ça deviendra payant pour le futur, a affirmé Weber.

« Ça doit servir de leçon, a-t-il enchaîné. Il ne faut pas oublier la douleur des défaites. Il y a des jours où c’était difficile de venir à l’aréna. Quand tu te sors de la course aux séries assez tôt dans une saison, ça devient frustrant. Mais les jeunes sortiront grandis de cette expérience. »

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