Carey Price: la raison pour laquelle je suis ici, c’est pour jouer

Carey Price a paru sonné après avoir chuté durement sur la glace au cours du match contre les Flyers à Philadelphie, le 20 février dernier.
Photo: Tom Mihalek Associated Press Carey Price a paru sonné après avoir chuté durement sur la glace au cours du match contre les Flyers à Philadelphie, le 20 février dernier.

Le désir de tout athlète professionnel est de jouer. C’est la raison fondamentale pour laquelle Carey Price tenait à revenir au jeu avant la fin de la saison, même si certains observateurs de la scène du hockey pensent qu’il aurait dû ranger ses jambières et son masque jusqu’en septembre.

Pour la deuxième fois en quatre jours, Price a rencontré les journalistes à Brossard et a lui-même annoncé qu’il reprendra sa place devant le filet du Canadien de Montréal, comme il l’avait souhaité vendredi. Et on ne pourra pas l’accuser de choisir son adversaire.

Après une absence d’un mois, le gardien numéro un du Tricolore tentera de stopper les Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Phil Kessel et compagnie mercredi soir à Pittsburgh face aux Penguins.

Pendant que la troupe de Mike Sullivan se trouve impliquée dans une vive bataille avec les Capitals de Washington pour le premier rang de la section Métropolitaine, le Canadien n’est qu’à un seul point d’une élimination mathématique. Une élimination qui pourrait se confirmer vers 1 h 15 mercredi, si les Devils du New Jersey gagnent à San Jose ou s’inclinent en prolongation.

C’est un peu pour cette raison que ces observateurs ne voient pas l’utilité pour Price de renouer avec l’action. Sans rejeter l’argument du revers de la main, Price a offert une opinion divergente.

« Toute personne qui chausserait mes souliers comprendrait ce que c’est que d’être ici. Quand vous êtes un athlète, vous voulez revenir au jeu et jouer. C’est la raison pour laquelle je suis ici. Pour jouer. »

À cet égard, il peut compter sur l’appui de l’entraîneur-chef Claude Julien.

« Dans le cas de Carey, il veut absolument jouer. C’est peut-être important pour lui, aussi, de terminer la saison sur une bonne note. Il veut tout faire pour accomplir ça. Est-ce que ça va l’aider l’an prochain ? Est-ce que ça va lui nuire ? On n’a pas les réponses à ces choses-là. Une chose est certaine : les athlètes sont fiers, ils veulent jouer. Et en même temps, on aimerait voir Carey devant notre filet. Ça fait partie du métier. Il va toujours y avoir des opinions qui vont varier, mais en fin de compte, c’est nous qui prenons les décisions à partir des informations que nous possédons. »

Julien n’a pas encore établi un calendrier clair avec ses gardiens d’ici la fin de la saison. Il est déjà assuré que Price et Antti Niemi se partageront le travail en fin de semaine lors des matchs à Buffalo, vendredi, et contre les Capitals au Centre Bell samedi.

Interrogations et doutes

Le dernier match de Price a également eu lieu en Pennsylvanie, à Philadelphie pour être précis, le 20 février. Au lendemain d’un revers de 3-2 en prolongation, le vétéran gardien a ressenti des symptômes liés à une commotion cérébrale. Le verdict a été confirmé deux jours après la rencontre.

C’était la première fois de sa carrière d’athlète que Price subissait ce genre de blessure. Par moments, pendant sa période de rééducation, il ne savait pas trop comment interpréter les symptômes qui l’affligeaient.

« Je n’ai pas beaucoup d’expérience avec [ce genre de blessure]. À un certain moment, tu n’es plus certain de ce que tu ressens et tu commences à faire de la suranalyse. Est-ce que je ressens quelque chose ? Ou est-ce quelque chose que j’ai mangé ce matin ? Tu finis par tomber dans une sorte de zone grise. C’est difficile, c’est certain, mais à un moment donné, il faut plonger. »

Price vit possiblement la saison la plus éprouvante de sa carrière. Outre sa commotion cérébrale, il a connu un difficile mois d’octobre et il a raté trois semaines en novembre.

Quant à l’ensemble de l’équipe, Price s’est aventuré à cibler une cause pouvant expliquer sa position actuelle.

« Quand on connaît une saison perdante, il y a beaucoup de leçons à tirer. La plus grande, c’est d’apprendre à afficher plus de constance. Si nous avions joué avec plus de régularité, je pense que nous aurions connu une meilleure saison. »

Par ailleurs, Brendan Gallagher et Paul Byron ont pris congé d’entraînement pour subir des traitements. En cours de route, Alex Galchenyuk a quitté la patinoire et n’est pas revenu.

Claude Julien a expliqué que Galchenyuk est ennuyé par une blessure à une main qui l’empêchait d’effectuer des tirs ou de recevoir des passes. Galchenyuk sera réévalué mercredi matin.

Une saison plus difficile que l’avait anticipé Claude Julien

Claude Julien s’attendait à vivre de bons et moins bons moments derrière le banc du Canadien de Montréal en 2017-2018. À moins de trois semaines d’une fin de saison hâtive, il constate que les moins bons moments ont été beaucoup plus nombreux. « On savait qu’on aurait des hauts et des bas avec les changements [apportés à l’équipe]. Mais pas au point où on est aujourd’hui », a-t-il affirmé avant que l’équipe s’envole pour Pittsburgh mardi après-midi. Dans son analyse, Julien a mis l’accent sur le fait qu’il s’est souvent retrouvé face à des situations hors de son contrôle. « Tu perds Shea Weber pour plus ou moins la saison, c’est le plus gros morceau de ta défensive. Dans le cas de Carey [Price], c’est la même chose. Deux fois, il a été blessé et on sait que ç’a été difficile pour lui de retrouver son synchronisme. Maintenant, on a Pacioretty, on a Danault, tous des gars qui jouent de gros rôles soit dans les deux premiers trios, soit dans le meilleur groupe de défenseurs. » Gagnant de 580 matchs en carrière et détenteur d’une moyenne cumulative de ,594 dans la LNH, en incluant la saison en cours, Julien a dû remonter à son séjour dans la Ligue américaine pour retracer une année marquée par autant d’embûches. C’était en 2000-2001 avec les Bulldogs de Hamilton, alors associés avec les Oilers d’Edmonton. C’était sa première saison chez les professionnels, et son équipe avait raté les séries éliminatoires après avoir affiché un dossier de 28-41-6-5 pour 67 points. Même si sa formation avait terminé au quatrième et dernier rang de la section Canadienne de la Ligue américaine, Julien est persuadé que cette saison lui fut bénéfique. « C’est l’année où je crois avoir le plus grandi. Dans les moments difficiles, tu apprends beaucoup de toi-même, tu apprends beaucoup des gens autour de toi. Même si c’est difficile d’accepter les défaites pour tout le monde, incluant nos partisans, c’est une année où j’ai l’occasion de peut-être devenir encore meilleur comme entraîneur. »