«Je suis sûr que ça sera émouvant»

Brian McKeever a remporté 10 médailles d’or aux Jeux paralympiques depuis ses débuts en 2002 à Salt Lake City.
Photo: Dmitry Lovetsky La Presse canadienne Brian McKeever a remporté 10 médailles d’or aux Jeux paralympiques depuis ses débuts en 2002 à Salt Lake City.

Brian McKeever, l’étoile canadienne du sport paralympique, a grandi sans télévision.

Quelques jours avant le début des Jeux d’hiver de 1988 à Calgary, ses parents ont apporté leur télévision, hors d’usage depuis longtemps, chez le réparateur. L’entrée dans le stade des athlètes canadiens à la cérémonie d’ouverture allait devenir l’élément déclencheur d’une histoire d’amour entre le fondeur de 38 ans et les Jeux olympiques.

« [À cet âge], vous ne comprenez pas nécessairement la signification des Jeux olympiques. Mais si c’est important au point où maman et papa tiennent à faire réparer le téléviseur, ça doit être gros », a relaté McKeever, qui fréquentait alors la 3e année.

« Donc, nous avons regardé les Jeux de l’ouverture à la fermeture… C’est encore un gros événement, n’est-ce pas ? »

Vendredi, McKeever, un gagnant de 10 médailles d’or, sera le porte-drapeau du Canada lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques de Pyeongchang. Il sera à l’avant d’un contingent de 55 athlètes.

« Je suis sûr que ça sera émouvant, a dit McKeever, avec un large sourire. C’est toujours comme ça dans le sport, que ce soit bon ou mauvais. Et je pense que c’est en partie la raison pour laquelle nous faisons ça, pour vivre ces choses. J’ai donc hâte de voir ce qui va se passer là-bas. »

Chanceux

McKeever, qui n’a jamais défilé avec ses compatriotes canadiens lors de ses quatre cérémonies d’ouverture précédentes aux Jeux paralympiques — son horaire de compétitions était trop chargé — s’est laissé photographier à la Maison paralympique du Canada après l’annonce de jeudi.

« Je suis un fier Canadien et je suis chanceux d’avoir pu représenter mon pays sur le terrain, à travers une carrière sportive qui a engendré une grande richesse d’expériences. C’est quelque chose que vous rêvez de faire et, en fait, c’est un moment de nervosité. Je pense que je suis plus nerveux à l’idée de porter le drapeau que de skier. »

Le spécialiste du ski de fond ne sait pas si son caractère compétitif va se manifester lorsqu’il va faire son entrée dans le stade de Pyeongchang vendredi.

« La mentalité d’athlète signifie peut-être que je vais essayer de rattraper les équipes devant moi », a lancé McKeever en riant. « J’imagine qu’il y aura des gens pour me garder en place. Ce qui est bon… Un aveugle va aller n’importe où. »

Invaincu depuis 2006

L’athlète originaire de Canmore, en Alberta, handicapé par des problèmes de vision, monopolise la plus haute marche du podium depuis plus de dix ans, n’ayant pas subi la défaite en compétition paralympique depuis 2006.

McKeever était destiné à éditer une page d’histoire à Vancouver, en 2010, alors qu’il aurait pu devenir le premier athlète de l’histoire à participer aux Jeux olympiques et aux Jeux paralympiques la même année.

Toutefois, les entraîneurs de l’équipe olympique de ski de fond du Canada ont choisi quatre autres athlètes en vue de l’épreuve de 50 km, et pas McKeever.

McKeever a pris part à ses premières compétitions de ski de fond à l’âge de 13 ans et a participé aux Championnats du monde junior, en 1998. Un an plus tard, à l’âge de 19 ans, il a commencé à perdre la vue et a éventuellement appris qu’il souffrait de la maladie de Stargardt, une forme héréditaire de dégénérescence maculaire dont son père a aussi été victime.

Sa maladie le prive de sa vision centrale, mais il n’a absolument rien perdu de sa vision périphérique. D’ailleurs, il aime dire aux gens qu’il peut voir le beigne, mais pas le trou de beigne !