Les Jeux de Pyeongchang officiellement clos en l'absence du drapeau russe

Des artistes se produisent dans le Stade olympique de Pyeongchang à l'occasion de la cérémonie de clôture. La cérémonie a débuté vers 6h, heure du Québec.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Des artistes se produisent dans le Stade olympique de Pyeongchang à l'occasion de la cérémonie de clôture. La cérémonie a débuté vers 6h, heure du Québec.

Pyeongchang — Le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach a clôturé dimanche les Jeux d’hiver de Pyeongchang, des « Jeux de nouveaux horizons », a-t-il estimé.

 

« La technologie numérique a permis à davantage de monde dans un plus grand nombre de pays de voir les sports d’hiver par de multiples modes […] Par conséquent, je peux vraiment dire : les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang 2018 sont les Jeux de nouveaux horizons », a lancé M. Bach avant de déclarer « clos » les Jeux, selon la tradition.

Photo: Jonathan Nackstrand Agence France-Presse Le président du CIO, Thomas Bach, lors de son discours à l'occasion de la cérémonie de clôture des Jeux, dimanche

La cérémonie a débuté peu après 20 h 00 locales (06 h 00 au Québec), en présence d’Ivanka Trump, la fille aînée et conseillère du président des États-Unis Donald Trump, ainsi que celle d’un général nord-coréen dont la venue est très controversée.

Alors que la cérémonie débutait, le président de Corée du Sud Moon Jae-in a serré la main de ce général, Kim Yong Chol, considéré comme un « criminel de guerre » par l’opposition sud-coréenne.

Concernant la Russie, le dernier suspense a été levé dimanche matin, avec le vote du CIO réuni en session : la suspension de la Russie a été maintenue à l’issue des Jeux et le drapeau russe n'a pas été déployé au Stade olympique.

Le maintien de la suspension a été voté à l’unanimité et les deux cas de dopage constatés durant les Jeux ont pesé lourd dans la balance pour une Russie qui espérait, au moins partiellement, revenir dans le giron sportif.

Entre-temps, les Jeux olympiques resteront en Asie, puisque les JO d’été 2020 auront lieu à Tokyo. Un enchaînement de rendez-vous loin du continent originel des JO, avant son retour en Europe en 2024 à Paris.

Photo: Florian Choblet Agence France-Presse Les athlètes canadiens arrivent au Stade olympique, aux côtés des drapeaux de plusieurs pays dont celui de la Corée du Nord, mais non celui de la Russie.

En soirée, dans les travées du stade olympique, les « Jeux de la paix » voulus par la Corée du Sud, pays hôte, vont trouver un dernier écho.

Après le défilé en commun des deux Corées lors de la cérémonie d’ouverture, après la constitution d’une équipe féminine unifiée de Corée en hockey sur glace, après aussi les présences remarquées de la soeur du leader nord-coréen Kim Jong-un en ouverture et celle des pom-pom girls nord-coréennes tout au long de la quinzaine, ce sera au tour d’une délégation de huit membres de Corée du Nord, conduite par le controversé général Kim Yong Chol, d’être présente au Sud pour la cérémonie de clôture.

Présence controversée

Photo: Patrick Semansky / Pool / Agence France-Presse Le général nord-coréen Kim Yong Chol, dimanche, pendant la cérémonie de clôture

La présence de Kim Yong Chol, arrivé dimanche matin au Sud, divise le pays hôte, où ce général est considéré comme un criminel de guerre méritant la mort.

Kim Yong Chol est soupçonné d’avoir un temps dirigé le Bureau général de reconnaissance gérant les opérations nord-coréennes d’espionnage et d’avoir ordonné notamment le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan en 2010 qui avait fait 46 morts.

Non loin de cette délégation nord-coréenne, une rangée devant, se tient Ivanka Trump, la fille aînée et conseillère du président américain Donald Trump, désignée pour représenter les États-Unis.

Un responsable américain a fait savoir qu’aucun contact entre Ivanka Trump et des responsables nord-coréens n’était prévu à cette occasion. De fait, aucune poignée de mains ou rapprochement n’ont été constatés à l’entame de la cérémonie.

 

L’avenir dira si ce rapprochement historique entre les deux Corées, toujours techniquement en guerre depuis 1953, n’était qu’une trêve olympique ou un premier jalon solide vers une désescalade des tensions dans la région.

Au terme des 16 jours de compétitions, 102 titres auront été décernés et des images fortes resteront. Comme celle, encore dimanche matin, de l’équipe féminine de curling sud-coréenne, même battue en finale par la Suède, dont les membres étaient inconnues au début des JO et qui resteront finalement dans l’histoire comme les visages de Pyeongchang-2018.

La victoire au bout du suspense de l’équipe russe de hockey a mis un peu de baume au coeur de la délégation des Athlètes olympiques de Russie, face à l’Allemagne (4-3 après prolongation).

Et le dernier titre de ces Jeux est revenu, comme un symbole, à la Norvégienne Marit Björgen. Non contente d’être devenue en Corée l’athlète — homme et femme confondus — le plus médaillé de l’histoire des JO d’hiver (15 podiums), elle a conclu magistralement Pyeongchang-2018 en triomphant sur le 30 km classique pour permettre à la Norvège de terminer en tête du tableau des médailles.