Un record olympique pour la patineuse Kim Boutin

La patineuse Kim Boutin a sauté dans les bras de son entraîneur Frédéric Blackburn après avoir décroché sa troisième médaille olympique, jeudi.
Photo: Aris Messinis Agence France-Presse La patineuse Kim Boutin a sauté dans les bras de son entraîneur Frédéric Blackburn après avoir décroché sa troisième médaille olympique, jeudi.

Alors que Charles Hamelin a couronné jeudi sa carrière en ajoutant une cinquième et dernière médaille olympique à son palmarès, Kim Boutin a inscrit pour sa part un record à ses tout premiers jeux.

La patineuse sherbrookoise a en effet remporté l’argent à l’épreuve du 1000 m. Avec déjà en poche des médailles de bronze au 500m et au 1500m, elle est devenue la première patineuse de vitesse courte piste canadienne à gagner trois médailles individuelles lors de mêmes Jeux.

« C’est incroyable. J’ai beaucoup travaillé pour être constante au fil des années. J’ai du mal à y croire », a-t-elle déclaré, encore sous l’adrénaline, après avoir reçu l’accolade de sa coéquipière Marianne St-Gelais.

L’athlète de 23 ans, qui n’était pas montée sur le podium cette saison en Coupe du monde, avait du mal à expliquer ses succès à Pyeongchang. « Je ne sais pas comment l’exprimer, mais je suis juste fière de moi et de tout le travail que j’ai fait avec mes coéquipières et mes entraîneurs. Je sais que je n’aurais jamais pu y arriver seule », a-t-elle dit.

La Néerlandaise Suzanne Schulting a triomphé en 1 min 29 s 778. Boutin a suivi en 1 min 29 s 956, devant l’Italienne Arianna Fontana en 1 min 30 s 656. Il s’agit aussi pour Fontana d’une troisième médaille aux Jeux de Pyeongchang et d’une huitième en carrière, un record du sport chez les femmes.

Valérie Maltais, de La Baie, a été éliminée en demi-finale, tandis que Marianne St-Gelais, de Saint-Félicien, n’a pas été en mesure de franchir les quarts de finale à sa dernière course en carrière aux Olympiques.

Médaille au relais masculin

Plus tard dans la soirée, Charles Hamelin, Samuel Girard, Charle Cournoyer et Pascal Dion ont remporté le bronze au relais 5000m.

Lors d’une course mouvementée, les patineurs canadiens sont passés du dernier au premier rang avec seulement deux tours à disputer. Les Hongrois et les Chinois ont cependant appuyé sur l’accélérateur pour devancer Girard, qui s’occupait du dernier relais.

Contrairement au relais de 3000 mètres de leurs compatriotes féminines, les Canadiens ont évité les contacts pour rallier le fil d’arrivée en un temps de 6 min 32 s 282. La Hongrie est montée sur la plus haute marche du podium en vertu d’un chrono de 6 min 31 s 971, ce qui constitue une nouvelle marque olympique.

« C’est une belle progression. Nous voulions prendre notre revanche, surtout après les Jeux de Sotchi. À Sotchi, notre performance était assez moyenne, et nous voulions faire de notre mieux. Une médaille, c’est très satisfaisant », a déclaré Cournoyer.

Hamelin, de Sainte-Julie, en était à sa dernière course olympique en carrière. Le patineur de 33 ans participait à ses quatrièmes Jeux olympiques et il a gagné une cinquième médaille, égalant du même coup le record canadien de Marc Gagnon et François-Louis Tremblay en patinage de vitesse sur courte piste. En plus de cette médaille de bronze, Hamelin a gagné trois médailles d’or et une d’argent.

Une quatrième place pour Girard

Dans la même séance, Samuel Girard a terminé quatrième d’une finale record au 500 mètres.

Le Chinois Wu Daijing a survolé la distance en un temps record de 39,584 secondes. Les Sud-Coréens Daeheon Hwang et Hyojun Lim ont suivi avec des temps respectifs de 39,854 et 39,919 secondes. Ces deux temps se trouvaient aussi sous l’ancien record mondial avant le début de la soirée, qui était de 39,937 secondes et qui avait été établi par l’Américaine John Celski en 2012.

Girard est resté au dernier rang de la finale du début à la fin et a rallié l’arrivée en 39,987 secondes.

Âgé de 21 ans, Girard a aussi terminé quatrième au 1500m avant de remporter l’épreuve de 1000m plus tôt aux Jeux de Pyeongchang.

Le « miracle » hongrois

Le président du Comité olympique hongrois, Krisztian Kulcsar, a évoqué un « miracle » après que la Hongrie a remporté jeudi dans le relais 5000 m sa première médaille d’or à des Jeux olympiques d’hiver. « Il y a eu un miracle ce soir, c’était éblouissant […] Ces enfants sont devenus des légendes aujourd’hui », a-t-il déclaré à la télévision nationale hongroise. « J’ai eu du mal à le croire. Savoir qu’ils pouvaient le faire est une chose… ils ont gardé un tel sang-froid jusqu’à la fin », a-t-il ajouté. Le premier ministre souverainiste Viktor Orban s’est pour sa part dit sur Twitter « reconnaissant d’avoir pu vivre cette journée ».