Québec accuse Hockey Canada de manquer de respect aux francophones

Marc-Andre Gragnani, Kevin Poulin et René Bourque célèbrent la victoire du Canada sur la Finlande. Hockey Canada aurait demandé que les noms de certains joueurs soient prononcés avec un accent anglophone.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Marc-Andre Gragnani, Kevin Poulin et René Bourque célèbrent la victoire du Canada sur la Finlande. Hockey Canada aurait demandé que les noms de certains joueurs soient prononcés avec un accent anglophone.

Le gouvernement du Québec juge « déplorable », « ridicule » et « surréaliste » qu’une organisation comme Hockey Canada ait demandé que les noms de certains joueurs de l’équipe olympique masculine de hockey soient prononcés avec un accent anglophone.

« Je trouve ça déplorable et ridicule, surtout que ce soit à la demande — apparemment — de Hockey Canada. Comme francophones, on doit s’opposer à ça, protester très fort, s’est insurgé mercredi le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Je m’attends à ce que Hockey Canada rectifie rapidement la situation. Ça n’a pas de bon sens cette affaire-là. Malheureusement, ça montre qu’on a encore du chemin à faire. »

 

 

« C’est surréaliste qu’en 2018, une organisation canadienne fasse ce genre de directive. C’est un manque de respect pour les commentateurs et pour les joueurs francophones », a pour sa part soutenu la ministre de la Protection et de la Promotion de la langue française, Marie Montpetit, lors d’une mêlée de presse.

Des représentants du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec ont aussi exprimé leur mécontentement. « C’est insultant, c’est un manque de respect, a réagi le porte-parole du PQ en matière de langue, Pascal Bérubé. Qu’on respecte les francophones dans ce pays et qu’on prononce correctement le nom de nos athlètes olympiques. J’espère que ça va être corrigé très rapidement. On mérite d’être respectés dans ce pays. »

La consigne de Hockey Canada est « très déplorable », a renchéri le député caquiste Sébastien Schneeberger, en faisant remarquer que la langue officielle des Jeux olympiques est le français et que le siège social du Comité international olympique se trouve à Lausanne, en Suisse.

Intervention critiquée

La colère des partis politiques québécois a été provoquée par une controverse qui a éclaté en début de semaine, lorsque l’annonceur maison des matchs olympiques de hockey à l’aréna de Gangneung, Sébastien Goulet, a indiqué au Journal de Montréal qu’il a été approché par un des dirigeants de Hockey Canada pour changer sa prononciation des noms de famille de Marc-André Gragnani, Derek Roy et Rene Bourque.

« Pour la deuxième rencontre à l’aréna de Gangneung, on m’a demandé d’angliciser ces trois noms de famille à la demande de Hockey Canada », a-t-il confié au quotidien montréalais.

Rene Bourque ne parle pas français, mais Marc-André Gragnani est né à Montréal et Derek Roy est franco-ontarien.

Hockey Canada a réagi mardi matin par voie de communiqué en soulignant que lors des événements internationaux, elle « fournit un guide de prononciation établi en fonction de la manière dont les joueurs prononcent leur nom » et qu’« il arrive à l’occasion que les prononciations soient revues à la demande des personnes visées ou au besoin ».

L’organisation a ajouté qu’« elle respecte tous les joueurs, leur provenance et leur culture, et fait de son mieux pour veiller à ce que le nom des joueurs soit prononcé conformément à la préférence de chacun ».

Invitée à réagir mercredi à la déclaration de M. Couillard et à son souhait de voir la situation être rectifiée rapidement, Hockey Canada a renvoyé Le Devoir au communiqué publié la veille.