Un athlète russe échoue à un test antidopage à Pyeongchang

Le centre de contrôle antidopage du village olympique, à Pyeongchang
Photo: Franck Fife Agence France-Presse Le centre de contrôle antidopage du village olympique, à Pyeongchang

Pyeongchang — Malgré toutes les précautions prises par le CIO qui a suspendu le Comité olympique russe et n’a invité que des sportifs russes « propres », les Jeux olympiques sont une fois de plus rattrapés par le dopage, un joueur de curling russe étant impliqué dans un cas de dopage au meldonium, a appris l’AFP dimanche soir.

 

Selon une source proche du dossier, contactée par l’AFP, le contrôle de l’échantillon A prélevé sur le sportif russe a révélé la présence de meldonium.

 

L’analyse de l’échantillon B doit être pratiquée « lundi à 13 h 00 », heure locale à Pyeongchang, a précisé une autre source.

 

La Fédération internationale de curling a confirmé l’existence d’un cas impliquant un sportif engagé dans son tournoi olympique.

 

Un total de 168 sportifs russes prennent part aux Jeux olympiques mais sous drapeau neutre à la suite de la suspension début décembre du Comité olympique russe en raison d’un vaste programme de dopage institutionnalisé, en place notamment durant les Jeux de Sotchi en 2014.

 

Contacté par l’AFP, le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui siège temporairement à Pyeongchang durant les olympiques et qui est responsable de prononcer les sanctions, n’avait été saisi « d’aucun nouveau cas dimanche soir », selon un porte-parole.

 

« Si ce cas est confirmé, il sera pris en considération par le groupe chargé de contrôler le comportement de l’équipe d’Athlètes olympiques de Russie, présidée par Nicole Hoevertsz, membre de la commission exécutive du CIO », a précisé le CIO dimanche soir dans un communiqué.

Rapport attendu

 

Ce groupe présentera un rapport à la Commission exécutive, a précisé le CIO. La Commission exécutive se réunira « le 24 février », à la veille de la clôture des Jeux, a appris l’AFP auprès d’une une autre source proche du CIO. Le gouvernement olympique décidera alors, à la lumière de ce rapport, de lever ou non la suspension du ROC. Prévue par le CIO dès le 5 décembre, la levée éventuelle de cette suspension pourrait permettre au drapeau russe d’être de nouveau présent durant la cérémonie de clôture.

 

« D’un côté il serait extrêmement décevant que des substances interdites aient pu être utilisées, de l’autre cela montre l’efficacité du système antidopage mis en place aux JO et qui protège les droits des athlètes propres », a ajouté le CIO.

 

Le meldonium est connu dans les pays d’Europe de l’Est sous le nom de Mildronate. Normalement destiné à soigner les angines et les cardiopathies afin d’augmenter les performances des sujets malades, son usage a été détourné notamment dans les épreuves de vitesse, car il accroît la vascularisation du muscle cardiaque.

 

Il a fait son apparition sur la liste des produits prohibés le 1er janvier 2016. Dans les mois qui ont suivi, de nombreux cas positifs ont été enregistrés à ce produit, notamment chez les Russes, avec une victime de marque, la joueuse de tennis Maria Sharapova. Elle a été suspendue 15 mois avant de pouvoir réintégrer le circuit WTA.

 

S’il se confirmait, le dopage du joueur de curling russe serait le deuxième enregistré lors de ces JO de Pyeongchang après le patineur de vitesse japonais Kei Saito, spécialiste des épreuves de courte piste.

 

Kei Saito a été testé positif à l’acétalozamide, un produit diurétique considéré comme masquant, durant un test hors compétition, avait annoncé le TAS mardi, ajoutant que le sportif avait accepté d’être « provisoirement suspendu » et avait quitté le village olympique.

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