Henrik Harlaut, le ski dans la peau, le hip-hop dans la tête

Fort d’un style unique, Henrik Harlaut a remporté deux médailles d’or aux prestigieux X Games en janvier à Aspen au Colorado.
Photo: Javier Soriano Agence France-Presse Fort d’un style unique, Henrik Harlaut a remporté deux médailles d’or aux prestigieux X Games en janvier à Aspen au Colorado.

Un génie du ski en dreadlocks, au style XXL, inspiré depuis tout petit par la culture hip-hop : Henrik Harlaut est un Suédois complètement détonant et il est le grand favori du slopestyle messieurs aux JO 2018.

Fort d’une saison exceptionnelle avec deux médailles d’or aux prestigieux X Games en janvier à Aspen (USA), cet éternel ado qui ne vit que pour skier jouera quoi qu’il arrive les premiers rôles au Phoenix Snowpark de Pyeongchang.

« Celui qui est le plus en forme, qui fait vraiment peur, qui a pratiquement tout gagné, c’est Harlaut », estime le Français Antoine Adelisse, qui visera une médaille dimanche.

« Il est vraiment monté en puissance. En saut, il a de l’avance, c’est un tueur. Mais il peut pêcher sur les rails. Il faut voir ce qu’il nous réserve, c’est quelqu’un de surprenant », ajoute-t-il.

Il faut dire que le style Harlaut est unique. Personne n’est capable de signer des tricks (figures acrobatiques) aussi fabuleux que lui le fait en pantalon baggy, retenu par des bretelles pour qu’il ne tombe pas en dessous des genoux.

« Je n’ai jamais skié autrement. J’ai commencé à développer mon style quand j’avais 13 ans, je me suis inspiré de mes skieurs préférés, je skiais comme eux. Maintenant, j’ai 26 ans, et c’est toujours comme ça », raconte Harlaut.

Seul brun d’une fratrie suédoise de trois garçons, il porte également depuis six ans, comme ses idoles de jeunesse, des dreadlocks. Qu’il vient sérieusement de raccourcir… C’est un peu lourd à porter quand on fait des figures aériennes !

« Il porte des dreads, mais c’est dans le style hip-hop. Son style vient de la musique et du hip-hop, il écoute des sons prédéfinis qui lui donnent un flux dans ce qu’il fait sur ses skis », explique l’un de ses amis, Rafael Regazzoni, créateur d’événements freestyle.

Harlaut impressionne aussi par un sourire permanent, une joie de vivre et un plaisir intense à ne faire que ce qu’il aime. « Skier, c’est tout ce que j’aime. C’est comme ça depuis que j’ai neuf ans. Rien d’autre ne compte. Je n’ai jamais rêvé d’être riche, mais tout ce que je veux, c’est gagner assez d’argent pour pouvoir faire ce que je veux et aller là où je veux. Quand je skie, je suis heureux », dit-il.

Le benjamin des Harlaut, tous accros au ski, est né à Stockholm de parents suédois, mais avec des racines françaises par son grand-père paternel. Le père de Henrik est d’ailleurs né à Marseille, et ses grands-parents partagent leur vie entre la Suède l’hiver et leur petite propriété viticole.

« Je connais quelques mots en français. Mais ce que j’ai entendu le plus quand j’étais enfant, c’est ce que me répétaient en permanence mon père et ma mère : « Ca suffit, Henri ! » Je l’entendais tous les jours parce que j’étais tellement hyperactif que je ne m’arrêtais jamais », se souvient-il, amusé.

L’année dernière, il est parti s’installer en Andorre pour s’entraîner davantage.

« En le voyant, on se dit que c’est un petit rasta qui a du talent mais qui ne s’entraîne pas. Pas du tout. Il ne fume pas, il est végétarien depuis l’été dernier. C’est le no 1 des tests médicaux de l’équipe de Suède. Son entraînement à lui, c’est de skier tous les jours », souligne Regazzoni.

À Pyeongchang, il tentera de devenir champion olympique avant de rêver encore plus haut : avoir un jour son snowpark dans son jardin.

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