Le ski alpin et Shaun White pris dans la tempête

Le planchiste américain, Shaun White
Photo: Martin Bureau Agence France-Presse Le planchiste américain, Shaun White

Pyeongchang — Les forts vents ont à nouveau forcé les organisateurs à chambouler le calendrier olympique de Pyeongchang mercredi, faisant craindre un embouteillage d’épreuves d’ici la clôture des Jeux. Auteur d’une descente triomphale la veille lors de l’épreuve de demi-lune, l’Américain Shaun White, désormais triple médaillé d’or olympique, s’est quant à lui retrouvé au coeur d’une tempête d’un tout autre genre.

La légende de la planche à neige qui est monté sur la plus haute marche du podium mardi soir, heure du Québec, a déclenché une controverse en répondant aux questions des journalistes après sa victoire. Interrogé au sujet d’une poursuite pour harcèlement sexuel déposée contre lui en 2016 et réglée hors cour en mai 2017, la « Tomate volante » a lancé qu’il préférait parler de Jeux olympiques, plutôt que de commenter des « potins ».

De passage à une émission télévisée américaine, l’athlète s’est plus tard excusé d’avoir utilisé l’expression « potin », en admettant qu’il s’agissait d’un mauvais choix de mot pour décrire un sujet aussi sensible.

Horaire chargé

En Corée du Sud les vents commencent par ailleurs à perturber sérieusement le programme des Jeux. L’horaire des prochains jours devient de plus en chargé alors que la compétition se terminera bien le 25 février, en dépit de l’hospitalité sud-coréenne jamais prise en défaut.

Le vent qui souffle actuellement sur la plupart des sites arrache une à une les pages du calendrier initial, sans épargner les deux principaux sports de neige, le ski alpin et le biathlon.

Dimanche, c’est la descente masculine — l’épreuve reine des JO — qui a dû baisser pavillon. Elle devait finalement se dérouler mercredi soir, heure du Québec. Effet boule de neige oblige, les organisateurs ont préféré décaler le super-G masculin, initialement prévu le même jour, au lendemain. Il sera désormais accompagné du slalom féminin puisque, mercredi, même les piquets serrés n’ont pas pu résister aux bourrasques.

Depuis le début de la semaine, certaines rafales ont été chronométrées à plus de 100 km/h, et les deux sites de l’alpin — Jeongseon pour la vitesse et Yongpyong pour les épreuves techniques — sont concernés. Le biathlon n’échappe pas non plus à la tempête de reprogrammations qui donne le tournis.

Zone évacuée

Ces chamboulements causés par le « gangpung », « vent fort » en coréen, font ressurgir le spectre de 1998 à Nagano, où à cause de chutes de neige et du brouillard, la descente masculine avait ainsi été reportée deux fois.

Le bulletin météo est désormais autant disséqué que le programme du lendemain. Pour l’heure, le CIO se montre malgré tout confiant. « Nous avons plein de possibilités. Mais si le vent continue à souffler pendant les 15 prochains jours, alors cela pourrait poser un problème », a expliqué le porte-parole de l’instance Mark Adams. La Fédération internationale de ski (FIS) « est bien habituée à ces perturbations, dues au vent, à trop ou pas assez de neige ou trop de pluie », a-t-il ajouté.

Depuis le début des JO, les rafales ont aussi perturbé dimanche les sauteurs à ski. L’image du quadruple champion olympique suisse de saut à ski Simon Ammann grelottant en haut du petit tremplin en attendant que le vent veuille bien se calmer, restera.

Qu’il soit glacial ou non, cet air puissant pose un problème pour la sécurité de tous, compétiteurs comme spectateurs.

Mercredi également, l’autre zone olympique — celle de Gangneung, la ville côtière située à 50 km de Pyeongchang et qui accueille les épreuves sur glace — a également été évacuée par mesure de sécurité, toujours en raison des vents violents.

Impossible d’y rentrer, et tous ceux qui étaient déjà à l’intérieur du parc ont été enjoints à rester cloitrés dans les enceintes sportives de la zone, à l’abri.

Avec Le Devoir

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