Toujours pas de réponse définitive quant à la présence des Russes

Quarante-sept Russes attendent désormais les réponses du Tribunal arbitral du sport, dans diverses procédures.
Photo: Kirill Kudryavtsev Agence France-Presse Quarante-sept Russes attendent désormais les réponses du Tribunal arbitral du sport, dans diverses procédures.

La soeur de Kim Jong-Un en approche, des meneuses de claque déjà là... mais toujours pas de réponse définitive quant à la présence des Russes à Pyeongchang: les pièces du puzzle des jeux Olympiques d'hiver 2018 continuaient mercredi de s'assembler à deux jours de l'ouverture, sur fond de diplomatie et de dopage.

 

Tout sourire, forcément: 229 meneuses de claque nord-coréennes vêtues de manteaux rouge vif et de toques en fourrure noire ont débarqué en Corée du Sud mercredi pour encourager les sportifs des deux États rivaux aux Jeux olympiques d'hiver.

 

Autre bonne nouvelle, qui témoigne du réchauffement en cours entre les deux Corées: l'annonce de la venue vendredi à la cérémonie d'ouverture de la soeur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

 

Kim Yo-Jong sera ainsi la première représentante de la famille régnante à se rendre au Sud et fera partie d'une délégation de haut rang emmenée par le chef d'État honorifique de la Corée du Nord.

 

On ne jurerait pas que les Russes, non conviés aux Jeux olympiques de Pyeongchang pour des soupçons de dopage, et qui attendent de savoir s'ils pourront finalement participer, affichent la même joie.

 

Quarante-sept Russes attendent désormais les réponses du Tribunal arbitral du sport, dans diverses procédures. Trente-deux d'entre eux espéraient bien être fixés mercredi. Peine perdue. Ce sera jeudi ou vendredi, selon le Tribunal arbitral du sport (TAS), qui traite leur demande.

 

Chronique judiciaire

« Les auditions se poursuivent, j'espère que nous aurons les décisions le plus tôt possible », a déclaré mercredi Thomas Bach, président du Comité international olympique, également dans l'attente.

 

Comme aux Jeux d'été de Rio en 2016 où la question de la participation des athlètes russes avait largement pollué les ultimes préparatifs, la dernière ligne droite vers les JO d'hiver ressemble autant à une chronique judiciaire qu'à un échauffement sportif.

 

Parmi le premier groupe de 32 sportifs russes qui pensaient être fixés mercredi soir figure le spécialiste du patinage de vitesse courte piste Viktor An, sextuple champion olympique, légende dans son sport.

 

Né Sud-Coréen, An est devenu Russe juste avant Sotchi-2014. Sa présence aux JO-2018 en ferait une des grandes vedettes du rendez-vous.

 

Parmi les autres demandeurs figurent le biathlète Anton Shipulin, l'un des rivaux du Français Martin Fourcade, le fondeur Sergey Ustyugov ou encore la patineuse Ksenia Stolbova, vice-championne olympique en couple en 2014.

 

Jeudi, le TAS entendra également l'appel de 15 autres Russes, parmi lesquels on trouve le fondeur Alexander Legkov, 34 ans, champion olympique sur l'épreuve reine du 50 km aux JO de Sotchi-2014 et qui avait également remporté la médaille d'argent sur le relais 4 X 10 km.

 

À ce jour, 168 sportifs russes jugés « propres » doivent participer aux épreuves sous drapeau neutre, conséquence de la suspension de la Russie.

 

Malgré le vote de confiance émis par les membres du CIO à l'égard de Thomas Bach et de sa politique sur la question russe, de nouvelles critiques se sont fait jour mercredi, au lendemain de celle de Dick Pound, ancien président de l'Agence mondiale antidopage.

 

« Il y a un petit goût amer dans tout ça, c'est un peu tard, on aurait dû réagir beaucoup plus vite », a ainsi estimé devant la presse René Fasel, le président suisse de la Fédération internationale de hockey sur glace, rappelant qu'il était « opposé aux sanctions collectives ».

 

92 délégations présentes, un record

Avant le lever de rideau vendredi sur deux semaines où 102 titres seront en jeu, le CIO enregistre déjà un premier record avec la présence de 92 délégations, dont six nouveaux pays ou nations: l'Équateur, l'Érythrée, le Kosovo, la Malaisie, le Nigeria et Singapour.

 

La venue de la Corée du Nord à des JO d'hiver n'est elle en revanche pas inédite, même si la dernière remonte à Vancouver-2010.

 

Mais après le boycottage par le Nord des JO d'été de Séoul en 1988, la participation de 22 sportifs nord-coréens à des Jeux organisés au Sud est « historique », a encore souligné M. Bach.

 

Premier point culminant de ces Jeux, la cérémonie d'ouverture vendredi à 14h (heure du Québec) où les deux Corées vont marcher de concert. « Ce défilé en commun sera un moment très émouvant », a jugé M. Bach qui a annoncé qu'il assisterait le 10 février au premier match de l'équipe féminine coréenne unifiée de hockey sur glace, face à la Suisse.

 

Quant à la température glaciale qui jette un léger froid sur ces avant-JO, elle n'est plus la seule crainte sur place. Un début d'épidémie de type gastro-entérite commence en effet à semer le trouble. À la flamme olympique de tenir bon.