Erik Guay doit renoncer à une médaille olympique

Erik Guay, le skieur alpin le plus décoré de l’histoire du Canada, ne pourra pas ajouter une médaille olympique au palmarès de sa prolifique carrière. En faisant une croix mercredi sur sa participation aux Jeux de Pyeongchang en raison de problèmes de dos, il a du même coup annoncé qu’il ne compte pas se rendre jusqu’aux Jeux de Pékin, en 2022.

« C’est difficile. Je la voulais, cette médaille, je l’avais en tête, mais le corps ne veut pas suivre et je n’ai pas le choix, a expliqué l’athlète de 36 ans lors d’une conférence téléphonique. C’est le corps qui décide, en ce moment. J’essaie de penser à autre chose, de me fixer d’autres objectifs, de passer du temps avec mes filles, de me changer les idées, parce que c’est sûr que c’est encore frais. »

Erik Guay compte vingt-cinq podiums en Coupe du monde, dont cinq victoires. Aux Championnats du monde 2017, il a remporté l’or en super-G et l’argent en descente, devenant ainsi le premier skieur canadien à remporter plus d’une médaille à une même édition des Mondiaux de ski alpin.

La seule récompense qui lui a toujours échappé est une médaille olympique : il a terminé 4e du super-G à Turin en 2006 et 5e en descente et en super-G à Vancouver quatre ans plus tard.

Je la voulais, cette médaille, je l’avais en tête, mais le corps ne veut pas suivre et je n’ai pas le choix

Douleur aiguë

Erik Guay était à l’écart de la compétition depuis la mi-décembre, lorsqu’il s’était une fois de plus blessé au dos. Il voulait malgré tout revenir à la compétition à temps pour Pyeongchang. Lundi, le Comité olympique canadien avait confirmé sa présence au sein de l’équipe de ski alpin, mais deux jours plus tard, le Québécois a dû se rendre à l’évidence.

« J’ai profité des dernières semaines pour me reposer et laisser guérir mon dos, a-t-il raconté. J’avais recommencé à m’entraîner en gymnase, mais pas sur la neige. Je suis retourné sur les pentes lors des derniers jours et dès que je me place en position de recherche de vitesse, je ressens de la douleur aiguë dans mon dos et il se barre. On voulait attendre le plus longtemps possible avant de prendre une décision. »

« C’est vraiment décevant de voir Erik manquer les Jeux olympiques, et nous savons que c’était une décision difficile à prendre pour lui, a affirmé Martin Rufener, directeur sportif chez Canada Alpin. Il aurait certainement été un espoir de médaille s’il avait été en bonne condition physique. »

Avec le retrait de Guay, l’équipe olympique canadienne de ski alpin compte treize athlètes, dont trois Québécois : Dustin Cook, Valérie Grenier et Laurence St-Germain.

Retour en vue

Même s’il doit oublier son rêve de gagner une médaille olympique, Erik Guay ne met pas fin à sa carrière pour autant. Il a décidé de mettre un terme à sa saison pour favoriser sa guérison, mais il espère revenir sur les pentes l’automne prochain et éventuellement participer aux Championnats du monde 2019 à Are, en Suède.

« J’ai bon espoir qu’avec un certain temps, un certain repos, je vais pouvoir retrouver suffisamment la forme pour revenir à la compétition, a-t-il dit. Je vais prendre le temps nécessaire pour bien réfléchir. En ce moment, je ressens plein d’émotions et j’ai mal au dos, ce qui nuit à ma prise de décision. Je vais prendre quelques mois pour y penser, mais j’ai en tête de continuer. Ce serait dommage de mettre fin à ma carrière de cette façon-ci. »

Avec La Presse canadienne

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