Malgré la défaite de Coderre, le projet du retour du baseball n’est pas mort

«Ce sera au [groupe de Stephen Bronfman] de décider s’il veut aller de l’avant, mais il est certain que ça nécessite un appui au plus haut niveau, tel que l’avait démontré l’ex-maire Coderre», a indiqué une source.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne «Ce sera au [groupe de Stephen Bronfman] de décider s’il veut aller de l’avant, mais il est certain que ça nécessite un appui au plus haut niveau, tel que l’avait démontré l’ex-maire Coderre», a indiqué une source.

Avec l’élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal, plusieurs craignent que le projet de Stephen Bronfman et de son groupe de ramener les Expos de Montréal ne soit mort dans l’oeuf. Qu’en est-il exactement ?

Du côté des investisseurs potentiels, c’est motus et bouche cousue en ce lendemain d’élection. Il n’a pas été possible d’obtenir quelque déclaration que ce soit.

Au Baseball majeur, aucune déclaration officielle non plus. Le Bureau du commissaire a fait savoir qu’il ne commentait jamais les résultats d’élections. Mais une personne très au fait du dossier n’est pas passée par quatre chemins au cours d’un échange avec La Presse canadienne.

« Ce sera au [groupe de Stephen Bronfman] de décider s’il veut aller de l’avant, mais il est certain que ça nécessite un appui au plus haut niveau, tel que l’avait démontré l’ex-maire Coderre », a indiqué cette source.

« Denis Coderre s’est fait le promoteur d’une expansion ou d’une relocalisation comme aucun autre politicien en Amérique du Nord, en partie parce qu’il était prêt à donner des garanties d’appui qui sont rares, a-t-elle poursuivi. Il a dit qu’il était prêt à faire certaines choses et nous pouvions compter là-dessus. Il y a une énorme différence entre ne pas être opposé au projet et s’engager à faire ce qui sera nécessaire pour qu’il se concrétise. »

De son côté, Warren Cromartie, l’instigateur du retour du baseball avec son Projet Baseball Montréal, ne croit pas du tout que l’élection de Mme Plante constitue un pas en arrière pour le projet. « Nous avons fait beaucoup de chemin depuis cinq ans et ce projet ira de l’avant, a-t-il déclaré de Tokyo, où il se trouve pour diverses collaborations avec History Channel et le Baseball majeur. J’ai bien hâte de rencontrer la nouvelle mairesse, que je félicite d’ailleurs. Quant au financement du stade, je ne suis pas inquiet non plus. Il y a plusieurs façons de faire les choses et nous n’avons pas indiqué de quelle façon nous comptions nous y prendre. Je suis certain que nous pourrons trouver un terrain d’entente. Au baseball, il faut constamment faire des ajustements. Ce n’est pas différent dans ce cas-ci. Ce n’est rien pour nous décourager. »

Il apparaît par ailleurs difficile de croire qu’un groupe prêt à investir de 1 à 2 milliards $US dans un tel projet n’ait pas évalué tous les scénarios possibles. Qui plus est, une source au sein du groupe affirmait en mars dernier qu’il répondait à toutes les conditions imposées par le Baseball majeur, soit un montage financier solide, l’appui des gouvernements, un site et les plans d’un stade.

Bronfman avait affirmé quelques heures plus tard que le groupe était même prêt à se porter acquéreur d’un club d’expansion, même si la facture devait osciller autour de 1,5 milliard de dollars.

En campagne électorale, Valérie Plante n’a jamais déclaré être contre un retour du baseball. Ce à quoi elle s’oppose, c’est d’investir l’argent des Montréalais dans la construction d’un stade sans les consulter au préalable.

« C’est un chèque en blanc que mon adversaire est prêt à donner à la Major League Baseball, a-t-elle déclaré pendant la campagne. On ne peut pas penser investir ou faire des arrangements avec la Major League Baseball sans demander aux Montréalais s’ils sont d’accord. »

Elle est d’ailleurs revenue sur ces propos à son premier bain de foule, lundi, alors qu’elle a croisé plusieurs Montréalais entre sa sortie de la station de métro Square-Victoria–OACI et l’hôtel de ville.

L’un d’eux l’a priée de ne pas balayer du revers de la main le retour des Expos. « Il ne faut pas défaire ce qui a été fait. Et je voudrais vous demander une chose, considérez encore le retour des Expos », a indiqué ce citoyen.

« Ne vous inquiétez pas, je n’abandonne pas le projet. On les aime, nos Z’amours », lui a assuré Mme Plante, qui sera assurément mise au parfum de l’état du dossier pendant la transition entre les deux administrations.

Au cours de la dernière Série mondiale, Baseball America a publié une ébauche de ce à quoi pourrait ressembler le Baseball majeur après une éventuelle expansion de deux clubs, qui étaient octroyés, pour les besoins de cet article, à Montréal et à Portland.

Depuis son arrivée en poste, le commissaire Rob Manfred a dit souhaiter faire passer son circuit à 32 clubs, mais qu’avant de penser à élargir les cadres, les situations des Athletics d’Oakland et des Rays de Tampa Bay doivent être régularisées.

Si les A’s semblent être sur le point d’annoncer la construction d’un nouveau stade à Oakland, les Rays tentent toujours de dénicher un nouveau site, eux qui veulent quitter le vétuste Tropicana Field de St. Petersburg.

3 commentaires
  • Alain Lavallée - Inscrit 7 novembre 2017 08 h 07

    Promoteurs du baseball, paradis fiscaux et référendum nécessaire

    Au sujet du retour du baseball à Montréal et la disparition du promoteur de baseball qu'était Denis Coderre, voici ce qu'a écrit Patrick Lagacé hier:
    "" je sais que pour au moins quatre ans, mes taxes ne serviront pas à financer un stade pour les Expos 2.0. Vous direz au bien prospère Stephen Bronfman que s'il veut un stade neuf, eh bien, il n'a qu'à le financer avec le fric qu'il planque dans les paradis fiscaux. '""" et non pas avec le fric de nos taxes.

    Valérie Plante a été claire, avant de dépenser l,$$$$$ des Montréalais, je vais les consulter par référendum. Enfin Coderre n'est plus là. Les Montréalais viennent d'économiser quelques centaines de millions $$$ Bonne nouvelle ...

  • Gilles Théberge - Abonné 7 novembre 2017 17 h 05

    Elle a bien dit qu'elle consulterait la population avant d'engager des fonds publics dans la construction d'un stade.

    Les joujoux de riches, on s'en tape n'est-ce pas ?

  • André Labelle - Abonné 7 novembre 2017 20 h 22

    UNE AFFAIRE PRIVÉE

    Ramener une équipe de baseball professionnelle à Montréal devrait être une affaire complètement privée. Que ceux qui veulent que les Expos reviennent devront payer leur stade, le terrain où il sera construit et ne pas demander de congés de taxes.