Marv Levy a livré un discours inspirant aux joueurs des Alouettes

L'ex-entraîneur Marv Levy
Photo: Mark Duncan Associated Press L'ex-entraîneur Marv Levy

Avant de sauter sur leur terrain d’entraînement du Stade olympique, les joueurs des Alouettes de Montréal ont eu droit à une visite inspirante, vendredi : celle de l’ex-entraîneur Marv Levy.

Toujours droit comme un chêne à 92 ans bien sonnés, celui qui a remporté les coupes Grey de 1974 et 1977 à la tête de la formation montréalaise s’est adressé pendant quelques minutes aux troupiers de Kavis Reed. On aurait pu entendre une mouche voler dans la vaste salle de conférence tant les joueurs buvaient les paroles du vétéran entraîneur, qui a aussi atteint quatre années consécutives le Super Bowl — et les a tous perdus — avec les Bills de Buffalo dans les années 1990.

« Quelle rencontre ! s’est exclamé Kyries Hebert. Je me souviens d’avoir regardé ces matchs du Super Bowl. Il y avait plusieurs joueurs au sein de cette équipe qui étaient mes idoles : Thurman Thomas, Bruce Smith, Don Beebe, Jim Kelly. Quand j’ai vu qu’il répondrait à quelques questions, même si je n’avais rien préparé, il n’y avait aucune chance que je ne saisisse pas l’occasion de parler à cette légende. »

Reed souhaitait profiter de la présence de Levy à Montréal — il est en ville en raison du gala en hommage à l’édition 1977 des Alouettes, ce samedi soir — afin de faire découvrir l’histoire de l’organisation.

« Nos gars ont besoin d’apprendre cette partie de notre histoire, a-t-il noté. Depuis que je suis arrivé ici, il n’y a pas eu beaucoup d’occasions de faire venir de nos anciens pour rencontrer nos joueurs. Mais ceux-ci doivent apprendre qui sont ces gens. »

« C’est spécial, a noté le quart Darian Durant, qui sera de retour à son poste après deux semaines d’absence, dimanche, contre les Tiger-Cats. Ça démontre qu’il y a eu de grands joueurs, de grands entraîneurs qui ont foulé ce vestiaire. L’entendre aujourd’hui, après les défaites difficiles qu’il a subies — un peu comme nous —, ça nous aide à parfaire notre préparation, même à en faire un peu plus. »

Ça a d’ailleurs été l’essentiel du message de Levy aux Alouettes. « Je sais que vous connaissez des moments difficiles présentement. Les gens vont vous demander : “Êtes-vous prêts à faire ce qu’il faut pour gagner ?” Mais la vraie question est : “Êtes-vous prêts à faire ce qu’il faut pour vous préparer ?” C’est à l’entraînement que les matchs se gagnent. Si vous n’êtes pas prêts à faire le travail tous les jours, vous ne pourrez pas gagner. »

« L’autre point à ne pas oublier, c’est de vous amuser, a-t-il rappelé. Vous jouez au football parce que c’est amusant. Oui, c’est toujours plus amusant de gagner. Mais rappelez-vous que vous avez choisi ce sport en raison du plaisir qu’il vous procurait. »

« C’est bon d’entendre cela, a dit Durant. Qu’une personne qui comme lui a atteint un si haut niveau nous dise cela, ça remet les choses en perspective. Parfois, comme c’est le cas présentement, on connaît des moments plus difficiles et on peut en arriver à douter de nous-mêmes. Qu’il nous rappelle de garder le cap, peut-être en y mettant un peu plus d’efforts, ça fait du bien. Que ce soit les années 1970 ou les années 2010, les principes de base du football restent les mêmes. »

Levy, qui a publié cinq recueils de poésie depuis qu’il s’est retiré du football, est très touché qu’on ait pensé à lui pour les festivités du week-end. « J’ai passé 47 années dans le monde du football, mais seulement 5 à Montréal. Elles demeurent pour moi parmi les plus belles. […] Je suis extrêmement touché que, 40 ans plus tard, on se souvienne encore de cette conquête de la coupe Grey. »

Ligne décimée

Si Durant sera de retour à son poste, il pourrait le faire derrière une ligne à l’attaque décimée. Les gardes Kristian Matte et Philip Blake ont tous deux raté l’entraînement, et leur présence au stade Percival-Molson est peu probable ce week-end.

Par contre, Durant pourra fort probablement compter sur le vétéran receveur de passes Nik Lewis. Même s’il a raté l’entraînement de vendredi en raison de problèmes gastriques, Reed croit qu’il sera en mesure d’être à son poste face aux Tiger-Cats (4-11).

En défense, les Alouettes (3-12) pourraient devoir de nouveau se passer du demi défensif Jonathon Mincy. Touché à la main, il représente un cas douteux pour le match. Finalement, le spécialiste des longues remises Martin Bédard est toujours soumis au protocole de commotion cérébrale du circuit Ambrosie et ne sera pas du match.

Cette dernière rencontre à domicile cette saison pourrait bien être la dernière devant les partisans de l’équipe pour quelques vétérans, comme Luc Brodeur-Jourdain et John Bowman. Aucun des deux joueurs n’a toutefois voulu divulguer son jeu à quelque 48 heures de l’affrontement.

Les Alouettes, exclus des séries pour une troisième saison de suite, concluront leur campagne avec deux rencontres à l’étranger.

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