Andrei Markov choisit la Russie

Le défenseur de 39 ans a disputé ses premiers matchs avec le Canadien lors de la saison 2000-2001.
Photo: Doug Pensinger Getty Images / Agence France-Presse Le défenseur de 39 ans a disputé ses premiers matchs avec le Canadien lors de la saison 2000-2001.

C’est la fin d’une époque. Le Canadien de Montréal a annoncé jeudi matin qu’il rompait les ponts avec le joueur actif qui comptait le plus d’ancienneté au sein de son organisation, le défenseur Andrei Markov.

Ce dernier, qui est reconnu pour son flegme légendaire, n’a pas voulu entrer dans le détail des négociations qui ont achoppé avec le Canadien, mais a tout de même laissé entendre qu’il avait fait une partie du chemin. En vain.

« Pour conclure une entente, ça prend deux personnes, a-t-il dit lors d’une téléconférence. […] Mais je ne veux jeter le blâme sur personne. Le Canadien m’a toujours bien traité, et j’ai été fier de porter le chandail de l’équipe pendant 16 saisons. Je respecte leur décision. J’ai demandé une entente de deux saisons, afin d’assurer la sécurité de ma famille. Je ne prévois pas d’annoncer ma retraite bientôt. J’étais même prêt à accepter un contrat d’un an… Ça n’a pas fonctionné. »

Même s’il a admis avoir discuté avec d’autres équipes de la LNH — sans les nommer —, Markov a indiqué qu’il ne se voyait pas évoluer de nouveau dans la LNH avec un autre chandail que le bleu-blanc-rouge. En conséquence, il a indiqué qu’il était sur le point de rentrer en Russie et de s’entendre avec un club de la Ligue continentale de hockey (KHL).

Je ne voulais pas déménager, avec les enfants et tout, tous les ans ou presque en Amérique du Nord. Ce sera plus facile de s’adapter là-bas.

« J’ai pris ma décision en fonction de ma famille, a rappelé celui qui s’est marié cet été et qui est père de quatre enfants. Je ne voulais pas déménager, avec les enfants et tout, tous les ans ou presque en Amérique du Nord. Ce sera plus facile de s’adapter là-bas, en Russie. Je sais avec quelle équipe j’évoluerai en Russie, mais je ne peux pas la nommer parce que le contrat n’est toujours pas signé. »

Cette décision permettra cependant à Markov de rejoindre l’équipe nationale russe et de participer, ultimement, aux Jeux olympiques de Pyeongchang l’hiver prochain. Contrairement à la KHL, la LNH a décrété plus tôt cet été qu’elle n’enverrait pas ses joueurs en Corée du Sud.

« J’y ai déjà participé à trois reprises et c’est toujours un événement très spécial, a évoqué Markov. Tout le monde comprend que ce sont les affaires, et peu importe la décision de la LNH, ça lui appartient. Mais pour les athlètes, c’est une expérience merveilleuse, une sensation indescriptible, car c’est un tournoi énorme. C’est très spécial. »

« Ce serait un autre rêve [de gagner la médaille d’or], mais nous verrons. Je vais jouer de mon mieux et espérer qu’ils me sélectionnent. Vous savez, c’est un objectif important pour tout le monde, autant pour les Canadiens que les Américains, les Européens et les Russes », a poursuivi celui qui a la double citoyenneté canadienne et russe.

Markov, qui est âgé de 38 ans, a donc disputé 990 matchs de saison régulière en carrière avec le Tricolore, et il a marqué 119 buts en plus d’avoir amassé 453 mentions d’aide. Markov a aussi réussi 5 buts et 27 passes en 89 matchs éliminatoires en carrière avec le CH.

Il a égalé en toute fin de saison Guy Lapointe au deuxième échelon de l’histoire du Tricolore au chapitre des points récoltés par un défenseur — son tout dernier en carrière avec l’équipe montréalaise. L’ex-numéro 79 du Canadien occupe également la troisième place de l’histoire de la concession pour ce qui est des buts par un joueur de sa position.

Le principal intéressé a indiqué qu’il était très triste de ne pas avoir pu atteindre le plateau des 1000 matchs en saison régulière avec le CH, mais a insisté pour dire qu’il n’écartait pas la possibilité de revenir dans la métropole pour terminer sa carrière, dans quelques années.

« On ne sait jamais. Je ne ferme aucune porte, a-t-il évoqué. Pour l’instant, cependant, je rentre en Russie. C’est une décision juste pour de nombreuses personnes. Vous savez, je suis né, j’ai grandi et j’ai commencé à jouer au hockey là-bas. […] Je suis triste de partir, mais c’est la vie, ce sont les affaires. Je suis heureux de rentrer avec ma famille. Aujourd’hui, c’est une journée triste, mais demain sera un autre jour. » Le hockeyeur originaire de Voskresensk, en Russie, a été sélectionné par le Canadien en sixième ronde, 162e au total, lors du repêchage de la LNH en 1998.

Une rupture prévisible

Plus tôt ce mois-ci, le directeur général du Tricolore, Marc Bergevin, avait laissé sous-entendre que la porte allait se fermer si Markov restait campé sur sa position. Les signes d’une rupture imminente sont apparus au cours des dernières semaines, et ont culminé avec l’entente conclue en début de semaine entre le CH et le défenseur suisse Mark Streit, âgé de 39 ans, qui a accepté une offre de contrat d’un an. Streit a d’ailleurs admis du bout des lèvres que l’absence du vétéran russe — qui devrait grandement améliorer son temps de jeu en avantage numérique — a fait partie de sa réflexion.

Markov, qui n’a pas d’agent négociateur, a donc donné l’essentiel de sa carrière au Canadien et avait laissé sous-entendre, après l’élimination de l’équipe aux mains des Rangers de New York, qu’il aimerait la terminer à Montréal.

Un voeu qui pourrait ne jamais se concrétiser.

3 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 27 juillet 2017 13 h 34

    ... svp !

    « J’ai clairement fait savoir [à Markov] qu’on voulait qu’il revienne, mais nous pouvons aller jusqu’à un certain point » (Marc Bergevin, Directeur général, Canadien de Montréal)

    De cette citation, il est à espérer que le Tricolore revienne sur sa décision, et ce, tout en sachant que quelques sous (???) de plus ne peuvent rien dans un budget où des milliards circulent !

    Dans le cas d’Andréi, en quête d’un dernier lien contractuel, serait-il, de sagesse, d’inviter les autorités du CH à bonifier, d’environ 5 %, la demande de Markov, histoire de reconnaissance, et de performance soutenue de générosité et d’habilités par ce joueur, et ce, depuis son arrivée chez l’équipe !

    Un p’tit effort …

    … svp ! - 27 juillet 2017 -

    • Pierre Samuel - Abonné 28 juillet 2017 10 h 39

      Cher Monsieur,

      N'en demandez pas trop à cette organisation, la reconnaissance ne fait pas partie du hockey tel qu'on le pratique de nos jours...

      La meilleure équipe du CH depuis 25 ans, l'an prochain, est leur équipe de marketing. c'est bien connu !

    • Claude Bariteau - Abonné 28 juillet 2017 17 h 18

      Si on lit entre les lignes, Markov a choisi de vivre en Russie en 2017-2018 pour ses enfants et, pour 2018-2019, n'a dit qu'il ne reviendra pas. Au contraire, il a laissé la porte ouverte, ce que son contrat avec le club de la KHL lui permet de faire et a signalé qu'il aurait accepté un contrat d'une année, ce qui ne pouvait pas être finalisé si l'année était 2018-2019.

      Il s'agit d'un choix paternel. Je ne pense pas que ce choix soit de nature financière. Celui de deux ans pour 12M$, en fait, apparaît alors plus une façon de se retrouver en Russie en 2017-2018. Seul l'avenir le dira.