Tour de France: Aru victime du Galibier, Froome toujours en jaune

Le Slovène Primoz Roglic (à droite) et l’Espagnol Alberto Contador (au centre) se disputent la tête lors d'une échappée, à la 17e étape du Tour de France.
Photo: Jeff Pachoud Agence France-Presse Le Slovène Primoz Roglic (à droite) et l’Espagnol Alberto Contador (au centre) se disputent la tête lors d'une échappée, à la 17e étape du Tour de France.

Le Galibier a sorti du podium du Tour de France l’Italien Fabio Aru, la victime de la 17e étape enflammée par Romain Bardet, mais sans dégâts pour le maillot jaune de Chris Froome, mercredi, à Serre Chevalier (sud-est de la France).

Si la victoire est revenue à Primoz Roglic, premier Slovène vainqueur dans l’histoire du Tour, la lutte s’est encore intensifiée pour le podium, à quatre jours de l’arrivée à Paris. Avec un résultat mi-figue mi-raisin pour Bardet, auteur d’une course quasi parfaite… jusqu’au sprint d’arrivée.

Le champion français, remarquable dans le Galibier, a été devancé pour la deuxième place de l’étape, à 1 min 13 sec de Roglic. Il s’est incliné face au Colombien Rigoberto Uran, qui lui a chipé 6 secondes de bonification, et à Chris Froome, dont la troisième place de l’étape est synonyme de 4 secondes supplémentaires.

Au classement général, Bardet est resté à la troisième place, désormais à 27 secondes du Britannique. Mais à égalité de temps avec Uran, nouveau dauphin de Froome. Le Colombien et le Français sont départagés par les centièmes de seconde du contre-la-montre de Düsseldorf (82 pour le Colombien, 86 pour le Français).

« Uran n’a pas beaucoup attaqué aujourd’hui. Il se contente de suivre et de faire les « bonifs » à l’arrivée », a pesté Bardet, le coureur le plus offensif du groupe des favoris dans le Galibier, avec l’Irlandais Dan Martin (6e au classement).

Photo: Jeff Pachoud Agence France-Presse Kittel, vainqueur de cinq étapes depuis le départ, a été pris dans une chute collective, lors de la première partie du parcours entre La Mure et Serre-Chevalier.

Lâcher prise

Sur les pentes du col le plus haut du Tour, qui culmine à 2642 mètres d’altitude, Aru a peiné à chaque accélération de Bardet, à la différence d’Uran et aussi de Froome, bien que le Britannique n’ait pas semblé souverain. Le champion d’Italie a fini par lâcher prise dans le dernier kilomètre, entre deux rangs très serrés de spectateurs.

Au sommet, Aru a basculé à une quinzaine de secondes. Dans la longue descente (28 km), le groupe du maillot jaune, souvent mené par Warren Barguil, a creusé l’écart, sous les yeux du président de la République française Emmanuel Macron, qui a assisté aux 60 derniers kilomètres de l’étape.

Au classement, Aru, grand perdant de cette première des deux journées alpestres, est désormais pointé à 53 secondes. « J’ai subi une défaite aujourd’hui, mais le Tour se termine dimanche », a commenté le Sarde.

« Je m’attendais à ce que Bardet et Uran soient devant. Mais je ne pensais pas qu’Aru lâcherait un peu de temps. J’ai été surpris qu’il soit lâché. Je m’attendais, au contraire, à ce qu’il passe à l’attaque », a réagi Froome, qui a rassuré ses supporteurs : « J’ai de meilleures jambes que dans les Pyrénées. »

« J’avais la prochaine étape à l’esprit », a ajouté Froome, en faisant référence à l’arrivée au sommet de l’Izoard, jeudi, après 179,5 kilomètres.

C’est dans ce col légendaire que Bardet aura à jouer son va-tout. Sans avoir à nourrir de regrets pour le Galibier.

« J’ai fait le maximum, ce n’était pas loin de céder plusieurs fois », a estimé le leader d’AG2R La Mondiale, dont les qualités de résistance en troisième semaine et de grimpeur à l’aise dans les longues ascensions ont été confirmées.

« Avec 25 kilomètres de descente, avec le vent de face, je savais très bien que cela serait difficile de reprendre du temps à Froome, qui était encore bien entouré », a ajouté Bardet pour conclure. « On réessayera demain [jeudi], il faut être patient et constant sur le Tour de France. »

Dernier Tour pour Contador

La longue étape (183 km) menant à Serre Chevalier a été animée par une offensive de grand style d’Alberto Contador, lancée à… 128 kilomètres de l’arrivée, au pied de la Croix-de-Fer. L’Espagnol, qui dispute en principe son dernier Tour à 34 ans, a seulement coincé dans le Galibier. Pas plus que ses compagnons (Frank, Atapuma, Pauwels, Navarro), il n’a pas pu suivre Roglic, qui a attaqué à 6,5 kilomètres du sommet.

« C’est dommage, je n’étais pas dans la première échappée », a regretté le « Pistolero », dont le dernier succès d’étape dans le Tour date de 2010. « J’ai fait un contre-la-montre et je l’ai payé dans le Galibier. »

Venu du saut à ski dont il a été champion du monde junior, Roglic (27 ans) s’est imposé pour la première fois dans le Tour, auquel il participe pour la première fois.

À l’opposé, Thibaut Pinot, fiévreux, a abandonné. Tout comme l’Allemand Marcel Kittel, le porteur du maillot vert, après avoir été pris dans une chute collective en début d’étape.

 

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