Les nouvelles voitures de F1, plus exigeantes, plaisent aux pilotes

Lewis Hamilton au volant de sa Mercedes sur le circuit de Catalunya, en Espagne, le 1er mars dernier
Photo: Francisco Seco Associated Press Lewis Hamilton au volant de sa Mercedes sur le circuit de Catalunya, en Espagne, le 1er mars dernier

Même s’il s’en trouve meurtri, Lewis Hamilton adore la façon dont sa nouvelle et demandante Mercedes se comporte en piste.

Si avoir un peu plus de douleurs est le prix à payer pour obtenir plus de vitesse, alors Hamilton et les autres pilotes de la Formule 1 sont plus qu’heureux de contribuer.

« Je trouve la voiture beaucoup plus exigeante physiquement à conduire que par le passé », a d’ailleurs déclaré Hamilton au cours des essais hivernaux de Barcelone, la semaine dernière. Les pilotes auront une deuxième période d’essais pour apprivoiser la nouvelle puissance de leurs bolides sur la même piste, de mardi à vendredi.

« Je trouve que la voiture a un look d’enfer. J’adore les pneus plus larges, le châssis plus large, a ajouté Hamilton. Souhaitons que les partisans apprécient. »

Plus large signifie plus rapide, puisque la largeur ajoutée aux pneus et aux ailerons augmente l’adhérence du véhicule sur la piste et permet aux pilotes d’atteindre des vitesses plus élevées, notamment dans les virages. Ces virages plus rapides signifient une plus grande force G absorbée par les pilotes, tour après tour.

« La force que vous ressentez sur votre corps et dans votre cou est plus grande, a expliqué Hamilton. J’ai des meurtrissures à des endroits où je n’en ai jamais eu auparavant. »

« C’est la voiture la plus difficile à conduire, a-t-il déclaré au cours d’une autre entrevue, à F1.com. Je crois que, dans les prochains mois, nous verrons des transformations au niveau du cou des pilotes. Ils auront un nouveau profil physique. »

Hamilton n’est pas le seul à encenser les résultats obtenus à la suite du plus important changement aux règles depuis 2014 qui vise à revigorer la F1. Et possiblement à défier davantage les Mercedes, qui dominent le plateau depuis trois ans.

« Des voitures horribles »

Pour Fernando Alonso, peu importe les problèmes qu’éprouvent présentement les McLaren, cela ne fait pas de doute : les voitures des dernières années n’étaient pas suffisamment rapides.

« Je m’excuse auprès des amateurs pour les cinq ou six dernières années : ils ont vu des voitures horribles », a lancé Alonso, pour qui les nouvelles voitures « permettent d’exprimer votre style de conduite » sans se retenir pour sauver ses pneus.

Valtteri Bottas, qui remplace Nico Rosberg chez Mercedes, a été le plus rapide des quatre jours d’essais de la semaine dernière, établissant même des records de piste à Barcelone. Il dit que les pilotes se sont soumis à un entraînement plus intense afin de se préparer à cette conduite plus difficile.

« J’ai modifié mon entraînement pour répondre aux nouvelles normes de force G que produiront ces nouvelles voitures, a-t-il affirmé. Ça a fonctionné : je me suis senti bien dans la voiture dès le départ. »

Felipe Massa, qui s’est brièvement retiré à la fin du dernier calendrier avant de finalement remplacer Bottas chez Williams, a décidé lui aussi de se garder en meilleure forme. « J’ai embauché un nouvel entraîneur et je travaille fort tous les jours. Je m’entraîne plus que jamais. J’ai 35 ans : j’ai probablement besoin de m’entraîner plus que les autres. C’est difficile, mais quand vous décidez de revenir à la compétition, vous devez le faire de la bonne façon. »


Des courses plus intéressantes ?

On devra toutefois patienter pour voir si cet apport en vitesse signifiera des courses plus intéressantes pour les spectateurs sur place ou à la maison. Des voitures plus larges pourraient vouloir dire moins de dépassement et voir la F1 se transformer en un circuit de qualifications.

« C’est certain qu’il y a moins d’espace qu’au cours des dernières années, a admis le pilote Renault Nico Hulkenberg. Alors, oui, je pense que les courses seront plus difficiles. »

Hamilton doute aussi que ces nouvelles voitures mènent à une révolution, d’autant que les gommes plus résistantes signifieront moins d’arrêts aux puits. On saura si Hamitlon voit juste à compter du 26 mars, à Melbourne, en Australie.