À 15 ans, Élizabeth Hosking fait un pas de plus vers les Jeux olympiques

Hosking devra se battre contre les quotas canadiens en surf des neiges.
Photo: iStock Hosking devra se battre contre les quotas canadiens en surf des neiges.

La jeune Élizabeth Hosking franchira un pas de plus vers son rêve olympique, en mars, quand elle prendra part à 15 ans seulement aux Championnats du monde de surf des neiges, qui seront disputés à Sierra Nevada, en Espagne.

Ses dernières performances le prouvent : la jeune planchiste chauffe les vétérans de l’équipe canadienne, dont la moyenne d’âge est de 28 ans. Troisième aux derniers Championnats nationaux junior en demi-lune et sixième au niveau senior, Hosking a surpris un peu tout le monde en mettant la main sur les deux titres en slopestyle.

Sa sixième place en demi-lune à Mammouth Mountain, une compétition Nor-Am tenue plus tôt ce mois-ci, lui a permis de faire un bond de 21 rangs au classement mondial. Du coup, elle occupe le 36e échelon au monde et le quatrième rang chez les Canadiennes, derrière Calynn Moore Irwin, Mercedes Nicoll et Katherine Shiz Tsuyuki.

« Je pousse les filles, a lancé Hosking au cours d’une téléconférence, mercredi. Elles me voyaient souvent et elles me disaient qu’elles avaient hâte que je les rejoigne au sein de l’équipe nationale. Mais là, elles me voient arriver et elles se sentent un peu menacées. Moi, je fais mes petites affaires, mais ça leur met un peu de pression. J’ai les habiletés pour être à leur niveau. »

En Espagne, elle se concentrera sur la demi-lune. Et elle vise gros.

« C’est certain que mon objectif est de terminer première parmi les Canadiennes. C’est mon principal objectif, mais c’est certain que ce sera aussi ma première compétition de ce niveau. Nous verrons comment tout va se dérouler, mais je voudrais me qualifier pour la finale. »

Son statut de négligée lui permettra toutefois de disputer ces Mondiaux sans pression.

« C’est certain. […] Personne ne me connaît vraiment. En étant négligée, tu peux vraiment montrer aux gens de quel bois tu te chauffes. J’aime bien me retrouver dans cette position. »

« Ses derniers résultats lui imposeront toutefois un peu de pression, a nuancé Catherine Parent, son entraîneuse. Sa sixième place à Mammouth l’a propulsée dans les classements, mais si elle avait gagné cette épreuve, elle serait première au pays. Une finale aux Mondiaux, c’est donc très réaliste. »

Obstacles de taille

Bien évidemment, à environ 11 mois des Jeux olympiques de Pyeongchang, c’est vers la Corée du Sud que le regard de la jeune planchiste est tourné. Mais la route pour s’y rendre sera truffée d’embûches, à commencer par le difficile processus de qualifications.

Hosking devra non seulement lutter contre ses coéquipières de l’équipe nationale pour se tailler une place en demi-lune, mais elle devra aussi se battre contre les quotas canadiens en surf des neiges. Un maximum de 14 athlètes féminines en demi-lune, slopestyle et big air, snowboard cross, ainsi qu’en disciplines alpines pourront y représenter le Canada.

Autre obstacle : le financement. Pour sa prochaine excursion en Europe pour les Mondiaux et les Mondiaux junior de demi-lune, qui auront lieu en Suisse en avril, ce sont les parents de Hosking, Raymonde Aubin et Éric Hosking, qui défraieront ses dépenses. Pour l’instant, l’adolescente n’a pas le soutien d’un commanditaire.

« C’est vrai que dans les dernières années, avec À Nous le podium, les fédérations sportives reçoivent plus d’argent, mais il est dirigé vers les espoirs de médailles. En surf des neiges, ces espoirs sont en slopestyle et en snowboard cross, note Parent, qui en compagnie de Brian Smith, a également entraîné les planchistes Dominique Vallée et Charles Reid, jusqu’aux JO de Turin et Sotchi, respectivement. Avant 2010 et l’arrivée du slopestyle, la demi-lune profitait de ce financement. Ce n’est plus le cas. »

Catherine Parent n’était pas en mesure de dire si les autres planchistes en demi-lune qui représenteront le Canada aux Mondiaux devaient également défrayer les coûts de leur déplacement. Snowboard Canada n’a pas retourné les appels de La Presse canadienne.