Super Bowl LI: deux destins contrastés se croisent à Houston

Dimanche, Tom Brady et Bill Belichik viseront un cinquième titre du Super Bowl, ce qui constituerait un record. Sur la photo, les deux hommes célébraient leur quatrième victoire lors du XLIX Super Bowl.
Photo: Matt Slocum Associated Press Dimanche, Tom Brady et Bill Belichik viseront un cinquième titre du Super Bowl, ce qui constituerait un record. Sur la photo, les deux hommes célébraient leur quatrième victoire lors du XLIX Super Bowl.

Les uns reviennent de loin, les autres reviennent chaque année ou presque. À part peut-être une certaine dose de controverse au fil des ans et un propriétaire déterminé à présider aux destinées d’une franchise gagnante, on aurait bien du mal à trouver des similitudes dans le parcours depuis 20 ans des Falcons d’Atlanta et des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, dont les destins se croiseront dimanche au Super Bowl LI à Houston.

Créés en 1965 (première saison dans la Ligue nationale de football : 1966), les Falcons n’ont pas tardé à se tailler une réputation de médiocrité. Ils ont bien atteint le Super Bowl XXXIII au terme de la saison 1998, mais s’y sont cassé les dents sur John Elway et les Broncos de Denver, qui en étaient à un deuxième titre de suite, et sont retombés dans le marasme. Et quand l’homme d’affaires Arthur Blank, qui avait construit sa fortune en cofondant la chaîne de détaillants The Home Depot en 1978 à Atlanta, a acheté les Falcons en 2002, il a été surpris d’apprendre, bien que détenteur d’abonnements depuis une dizaine d’années, que l’équipe n’avait jamais, jamais connu deux saisons victorieuses consécutives.

Il y avait cependant de l’espoir. L’année précédente, les Falcons avaient sélectionné le très talentueux quart-arrière de Virginia Tech Michael Vick avec le tout premier choix au repêchage de la NFL. Avec son style de jeu spectaculaire et sa personnalité flamboyante, Vick était appelé à devenir le chouchou de la ville.

Mais là encore, les choses se sont gâtées. En 2007, Vick était reconnu coupable d’avoir exploité un réseau illégal de combats de chiens et condamné à 21 mois de prison. Blank le congédia en raison de la gravité de son crime, tout en veillant à ce qu’il obtienne une deuxième chance ailleurs, ce qu’il obtint avec les Eagles de Philadelphie.

Cet épisode controversé — plusieurs partisans des Falcons voulaient que Vick demeure — devait se révéler un mal pour un bien pour la formation géorgienne. De nouveau à la recherche d’un quart de premier plan, les Falcons jetèrent leur dévolu sur Matt Ryan au troisième rang du repêchage de 2008. Et le jeune homme ne tarda pas à livrer la marchandise : recrue offensive par excellence de la NFL cette même année, cinq campagnes victorieuses de suite et participation aux éliminatoires quatre fois.

D’autres nuages attendaient cependant les Falcons, deux saisons de misère qui entraînèrent le renvoi de l’entraîneur-chef Mike Smith. Remplacé par Dan Quinn, recruté au sein du personnel de Pete Carroll à Seattle, qui ne mettrait que deux ans à emmener son club, malgré un effectif relativement jeune, au match ultime.

Et ironiquement, Matt Ryan est toujours immensément populaire au coeur même de la chasse gardée des Patriots, puisqu’il a joué son football universitaire au Boston College.

Dynastie

De l’autre côté, ces mêmes Patriots ont bâti une authentique dynastie, ne serait-ce que dans la durée, que la NFL n’avait sans doute jamais vue auparavant. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en seize saisons depuis 2001, quatorze titres de la division Est de l’Association américaine, et autant de participations aux éliminatoires, onze participations à la finale de l’AFC et sept au Super Bowl, où ils montrent un rendement de 4-2. Proprement époustouflant quand on connaît la durée moyenne de la proverbiale « fenêtre d’occasion » au football professionnel.

Une histoire cocasse racontée récemment par le propriétaire des Patriots depuis 1994, Robert Kraft. En 2000, alors que les Pats tentaient de débaucher Bill Belichick, alors entraîneur adjoint chez les Jets de New York, le proprio des Ravens de Baltimore, Art Modell, avait donné un conseil à Kraft. Modell avait possédé la première mouture des Browns de Cleveland, qui avaient déménagé à Baltimore, et Belichick avait été le pilote des Browns de 1991 à 1995.

« Il m’a dit que si j’engageais Belichick, je ferais la plus grosse erreur de ma vie », a déclaré Kraft à Peter King, de Sports Illustrated. On sait maintenant à quel point la gaffe alléguée s’est révélée payante. Sans doute Kraft savait-il mieux puisque Belichick lui-même avait fait partie du personnel d’adjoints des Patriots en 1996.

À la décharge de Modell, aujourd’hui décédé, on rappellera qu’en 2007 il avait déclaré qu’il avait simplement dit à Kraft que Belichick avait « une personnalité abrasive » et que, s’il lui laissait suffisamment de latitude, il produirait pour lui.

Au fil du temps, Belichick et Tom Brady sont devenus le tandem entraîneur-quart le plus redoutable de l’histoire. Dimanche, chacun visera un cinquième titre du Super Bowl, ce qui constituerait un record. Chez les quarts, seuls Terry Bradshaw et Joe Montana comptent aussi quatre bagues de championnat chacun. Du côté des entraîneurs-chefs, on ne retrouve que Chuck Noll (4), si on fait exception de Vince Lombardi, qui a remporté cinq titres, mais dont trois sont survenus avant l’avènement du Super Bowl.

Bien sûr, le quotidien a été émaillé d’affaires louches, depuis l’accusation d’avoir illégalement espionné l’adversaire jusqu’au scandale des ballons dégonflés. Mais la machine demeure bien là. Reste qu’elle aura affaire à très forte partie dans une rencontre qu’on ne peut qu’espérer emballante.


 
3 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 février 2017 14 h 13

    Youppie !

    Résultats : Falcons d’Atlanta (30) Patriots de la Nouvelle-Angleterre (42)

    Youppie ! - 5 fév 2017 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 5 février 2017 22 h 28

      Résultat final : Falcons d’Atlanta (28) Patriots de la Nouvelle-Angleterre (34)

      Youppie ! 5 fév 2017 -

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 5 février 2017 14 h 31

    Super Bowl

    Je souhaite ardemment une vitoire des Falcons d'Atlanta . Et vous M.jean Dion ?