Ce qu’on retiendra des trentenaires à Melbourne

Roger Federer a grimpé lundi de sept places au 10e rang mondial, selon le classement de l’ATP publié au lendemain de sa victoire en Australie.
Photo: Agence France-Presse Roger Federer a grimpé lundi de sept places au 10e rang mondial, selon le classement de l’ATP publié au lendemain de sa victoire en Australie.

Roger Federer a toujours cru qu’il serait en mesure de remporter un autre tournoi du Grand Chelem. Il ne croyait par contre pas que cela se produirait de cette façon, à son premier tournoi après une pause de six mois en raison d’une blessure, ni contre son plus grand rival, Rafael Nadal.

« J’ai aussi dit ça avant la finale : si je devais battre Rafa, ce serait super spécial et très agréable, puisque je ne l’avais pas battu en finale d’un Grand Chelem depuis bien, bien longtemps », a dit le Suisse à la suite de sa victoire de 6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3.

Cela faisait exactement dix ans. La dernière victoire de Federer contre l’Espagnol en finale d’un tournoi majeur remontait à l’édition 2007 de Wimbledon. Nadal l’avait battu lors de quatre finales consécutives de Grand Chelem depuis.

Tant Federer que Nadal ne s’attendaient pas à se retrouver dans cette position à Melbourne après une longue absence causée par une blessure.

Federer a rarement été contraint à de longues périodes d’inactivité au cours de sa carrière, disputant 65 tournois du Grand Chelem consécutifs, ce qui constitue un record. Cette séquence a pris fin quand il a dû renoncer aux Internationaux de France en raison de maux de dos, l’an dernier.

Au cours des récentes années, il a reconnu avoir erré en jouant malgré la douleur au lieu de prendre le temps de guérir. L’an dernier, il a fait les choses différemment, faisant une pause prolongée pour la première fois. Après six mois passés à guérir complètement son genou, il est revenu plus fort que jamais.

« Ce que j’ai réalisé, c’est que lorsque vous ne vous sentez pas bien, que vous avez trop de trucs qui clochent, vous ne battrez pas des joueurs du top 10, a expliqué Federer après sa demi-finale contre Stanislas Wawrinka. J’imagine que c’est à ce moment-là que Rafa et moi nous sommes dit : “OK, ça suffit. Prenons le temps de revenir à 100 %, d’apprécier le tennis et l’entraînement”. »

En soulevant son premier trophée majeur en cinq ans, parions que Federer appréciait beaucoup le tennis.

Voici ce que nous retiendrons également des Internationaux d’Australie :

Le prochain objectif de Serena ?

Serena Williams a trouvé qu’elle avait mis beaucoup de temps à gagner son 23e titre du Grand Chelem et à rompre son égalité avec Steffi Graf au sommet du classement des championnes. Alors elle veut savourer ce moment et ne pas se projeter trop loin dans l’avenir. Un 24e titre pour rejoindre Margaret Court, qui détient la marque de tous les temps ? Elle ne sait pas et ne veut pas en parler pour l’instant. Remporter les quatre tournois majeurs la même année ? « Je ne pense pas à cela non plus, a-t-elle dit. Un à la fois. »

Les trentenaires

Serena a prouvé qu’on pouvait toujours gagner des tournois majeurs à 35 ans, ou comme elle le dit elle-même : « 30-fun ». Les trentenaires se sont d’ailleurs beaucoup amusés à Melbourne. Venus Williams, 36 ans, et Mirjana Lucic-Baroni, 34, ont rejoint Serena en demi-finales, devenant les trois plus vieilles femmes à atteindre le carré d’as en Australie dans l’ère moderne. La « vieille garde » a aussi bien fait dans le tableau masculin, alors que les trentenaires Federer, Nadal et Wawrinka ont tous atteint les demi-finales.

La glissade de Djokovic

Novak Djokovic n’est plus le même depuis qu’il a remporté Roland-Garros en 2016. Ce qui le dérange par contre, ce n’est pas clair. L’homme aux six titres en Australie a semblé manquer d’intensité lors de son revers aux mains de l’Ouzbek détenteur d’un laissez-passer Denis Istomin au deuxième tour, sa sortie la plus expéditive en tournoi majeur depuis 2008. Il ne s’est pas étendu après cette défaite. Quand on lui a demandé ce qu’il rapportera de ce revers, il a répondu : « Mes bagages. »

Deuxièmes chances

Il y a plein d’histoires de retour touchantes au cours de ce tournoi. Lucic-Baroni a fait pleurer la foule réunie au Rod-Laver Arena à la suite de sa touchante entrevue qui marquait son retour en demi-finales pour une première fois en 18 ans. Mischa Zverev, pas son frère Alexandre, de qui on attend de grandes choses, a surpris le numéro 1 Andy Murray. Et puis il y a Venus Williams, de retour en finale à Melbourne après 14 ans. « Elle est mon inspiration », a déclaré sa soeur Serena. Bien peu de gens pourraient être en désaccord.