Feu vert aux joueurs québécois

Au Québec, la culture du sport électronique s’installe graduellement dans les universités.
Photo: Alain Jocard Agence France-Presse Au Québec, la culture du sport électronique s’installe graduellement dans les universités.

Les adeptes québécois de sports électroniques peuvent crier victoire. Un avis obtenu par la Fédération québécoise de sports électroniques (FQSE) de la part de la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) devrait permettre aux joueurs québécois de participer aux compétitions internationales sans être inquiétés, ce qui favorisera le rayonnement de la discipline au Québec.

Depuis des mois, la fédération créée l’été dernier réclamait que la RACJ lui produise un avis clarifiant le statut des sports électroniques, ces compétitions qui mettent aux prises des joueurs sur ordinateur ou sur console.

Le problème, explique le vice-président de la FQSE, Dawei Ding, c’est que les sports électroniques sont arrivés il y a quelques années seulement sur la scène nord-américaine et que les lois n’y sont pas toutes adaptées.

Des joueurs québécois ont ainsi été exclus de compétitions aux États-Unis parce que les organisateurs de ces événements craignaient de devoir se conformer aux exigences de la RACJ en ce qui concerne les concours publicitaires.

Clarification

Le flou juridique entourant ces compétitions a finalement été clarifié dans une lettre que la FQSE a reçue le 15 novembre. « Il ne nous apparaît pas que le but premier [du sport électronique] est la promotion d’intérêts commerciaux, mais plutôt de permettre aux adeptes de jeux vidéo de se mettre en compétition les uns avec les autres afin de déterminer ceux qui possèdent les meilleures habiletés dans ce domaine, y écrit l’adjointe à la vice-présidence aux opérations de la RACJ, Andrée-Anne Garceau. Considérant ce qui précède, nous ne croyons pas que les compétitions de sport électronique devraient être considérées comme des concours publicitaires. »

Cet avis, en apparence technique, devrait avoir un impact direct sur le développement des sports électroniques au Québec, explique M. Ding. « Quand tu ne peux pas te démarquer sur la scène internationale parce que tu es un résidant du Québec, tu ne peux jamais gagner les gros prix et obtenir la visibilité que tu mérites », dit-il.

Avec cette lettre en main, la fédération pourra démontrer aux organisateurs des compétitions disputées à l’international que les Québécois peuvent être admis sans crainte, ce qui devrait mettre fin à « l’exode des talents québécois ».

Discipline en croissance

Le sport électronique est en forte croissance en Asie, en Europe et aux États-Unis. Dans certaines universités américaines, les équipes de ces adeptes de jeux vidéo côtoient même celles de football ou de soccer.

Au Québec, la culture du sport électronique s’installe graduellement dans les universités : l’Université de Montréal, l’Université McGill, Concordia et l’École de technologie supérieure ont leur association étudiante dédiée aux « esports ».

En juin dernier, des étudiants de l’Université Laval ont même pu porter les couleurs du mythique Rouge et Or lors d’une compétition américaine de Counter-Strike et de League of Legends, deux des jeux les plus populaires dans le monde des sports électroniques.