Rio clôture ses Jeux dans le deuil

Le maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes, a salué la foule avec le drapeau brésilien au cours du passage du drapeau olympique des mains du président du comité international paralympique, Philip Craven, à la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, au cours de la cérémonie de clôture, dimanche, dans le célèbre stade Maracana.
Photo: Thomas Lovelock Agence France-Presse Le maire de Rio de Janeiro, Eduardo Paes, a salué la foule avec le drapeau brésilien au cours du passage du drapeau olympique des mains du président du comité international paralympique, Philip Craven, à la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, au cours de la cérémonie de clôture, dimanche, dans le célèbre stade Maracana.

Rio a fermé dimanche ses Jeux paralympiques, les tout premiers d’Amérique latine qui s’annonçaient comme un fiasco, mais qui ont réussi à séduire le public, néanmoins endeuillé par le décès d’un cycliste à la veille de la clôture au Maracana.

Après onze jours de compétitions dominées par la Chine, la cérémonie de clôture de cette XVe édition des Jeux paralympiques d’été, organisés près de trois semaines après les JO, a débuté à 20 h locales (23 h 00 GMT).

En fin de soirée, après un spectacle de deux heures mettant à l’honneur la musique brésilienne, la vasque s’est éteinte et Rio a passé le flambeau à Tokyo, ville organisatrice des Jeux en 2020.

Mais l’ambiance dans le temple du football, archicomble pour la cérémonie d’ouverture, n’était pas à la fête.

Une minute de silence a été observée en hommage à Bahman Golbarnezhad, un Iranien de 48 ans décédé samedi alors qu’il participait à une épreuve de cyclisme sur route.

Un « accident tragique » et « la toute première mort sur des Jeux paralympiques », selon le président du Comité paralympique international (IPC), Philip Craven, qui a adressé ses condoléances à la famille du défunt et à la délégation iranienne.

Les drapeaux iraniens et paralympiques ont été mis en berne dans le village des athlètes et dans le Rio Centro, enceinte sportive qui a accueilli dimanche la finale de volley-ball assis entre l’Iran et la Bosnie-Herzégovine.

Car avant que le rideau tombe, d’ultimes médailles restaient en jeu avec les petites finales et les finales du volley-ball assis, du rugby-fauteuil et les marathons, partis du fort de Copacabana, au bord de l’océan.

« Les Jeux ont été un moment magique pour la ville. Je crois qu’il va y avoir de la nostalgie maintenant », a dit à l’AFP Marcelo Augusto Miranda Costa, un spectateur brésilien.

Comme aux Jeux de Londres, la Chine a largement dominé les épreuves avec 238 médailles dont 106 en or, onze de plus qu’à Londres. La Grande-Bretagne, l’Ukraine, les États-Unis et l’Australie complètent le tableau des cinq meilleures nations paralympiques.

Le Brésil, pays organisateur, pointe en 8e position.

Inquiétudes

De vives inquiétudes avaient plané avant la tenue de ces Jeux, premiers à être organisés en Amérique du Sud, marqués par de grosses difficultés financières, notamment à cause de dépenses imprévues pendant les JO et à un manque d’intérêt pour les Paralympiques.

La cérémonie d’ouverture a aussi connu son lot de polémiques : huées contre le nouveau président controversé Michel Temer, absence remarquée du président du CIO Thomas Bach, et drapeau de la Russie, pays exclu pour cause de dopage, flottant pendant le défilé de la délégation du Biélorusse.

« L’événement de samedi a jeté une ombre, mais on se souviendra du succès de ces Jeux qui ont surpris tout le monde », a dit dimanche Philip Craven lors d’une conférence de presse.

Il y a un mois, les Paralympiques se trouvaient dans une situation délicate avec seulement 12 % de tickets vendus. Au final, plus de 2,1 millions de tickets ont été vendus sur les 2,5 millions proposés, la deuxième meilleure vente après Londres en 2012.

À l’inverse des JO, où les stades étaient à moitié vides à cause de billets chers pour les Brésiliens, ces Jeux se sont révélés être une sortie familiale, peu onéreuse (10 à 20 réais le billet, soit 4 à 8 dollars).

Ainsi, le record de fréquentation des JO a été battu samedi dernier avec plus 170 000 personnes aux Paralympiques.

La mission « est accomplie », a dit Carlos Nuzman, président de Rio-2016. Au total, l’organisation des Jeux (olympiques et paralympiques) aura coûté 2,8 milliards de dollars comme annoncé en 2009, selon le comité.

« Ce qu’on pourra retenir d’ici, c’est le bruit, l’émotion et l’énergie de Brésiliens », a estimé Craig Spence, porte-parole de l’IPC, rappelant que ces Jeux sont « une occasion unique de changer la perception des personnes en situation de handicap ».

« Nous avons été impressionnés par la passion des Cariocas. Nous sommes maintenant plus motivés que jamais pour offrir les meilleurs Jeux possibles dans quatre ans », a déclaré Toshiro Muto, le président du Comité Tokyo-2020.

Le passage de flambeau entre les deux villes a marqué également la fin d’un cycle de grands événements organisés au Brésil.

Le pays laisse derrière lui le Sommet de l’ONU sur l’environnement Rio + 20 (2012), la Coupe des Confédérations et les journées mondiales de la jeunesse catholique (2013), la Coupe du monde de foot (2014) et les Jeux.

Le géant sud-américain va devoir ouvrir une nouvelle page pour se sortir d’une grave crise politique et économique, qui a conduit à la destitution par le Sénat de sa présidente, Dilma Rousseff.