Paralympiques: Rio prête, mais d'humeur morose

Des athlètes néerlandais près du village paralympique. 
Photo: Thomas Lovelock pour OIS/IOC / Agence France-Presse Des athlètes néerlandais près du village paralympique. 

Rio de Janeiro est prête, mais fait grise mine à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques, le plus grand événement au monde mettant à l’honneur des sportifs handicapés, sur fond de sévères crises politique et économique.

Le coup d’envoi de cette XVe édition des Jeux paralympiques d’été, la première organisée dans un pays d’Amérique latine, sera donné à 18 h 15 locales (21 h 15 GMT) dans le mythique stade du Maracana.

Emmenés par le nageur syrien Ibrahim Al Hussein, membre de la première équipe de réfugiés paralympique, 4342 athlètes de 159 nations (bien 159) participeront à une grande parade au son de la musique brésilienne.

La cérémonie, conçue par le designer Fred Gelli, l’écrivain Marcelo Rubens Paiva et l’artiste Vik Muniz, aura pour thème « Chaque corps a un coeur ». Elle mettra « l’accent sur la condition humaine, les sentiments, les difficultés, la solidarité et l’amour », selon les organisateurs.

Près de 500 personnes, dont des chorégraphes et des artistes, certains handicapés, ainsi que 2000 bénévoles y participeront.

Pour la première fois depuis 1984, le président du Comité international olympique (CIO) sera absent de la cérémonie. L’Allemand Thomas Bach assistera aux obsèques de l’ancien président allemand, Walter Scheel, décédé à Berlin à 97 ans.

Dans le quartier de Copacabana, à quelques heures de la cérémonie, les vendeurs ambulants avaient ressorti les peluches de la mascotte officielle et autres gadgets à l’effigie de Rio 2016.

Londres avait placé la barre très haut en 2012 en organisant des Jeux à guichets fermés et dans la ferveur populaire.

Des difficultés

Les difficultés s’accumulent en revanche à Rio, où les stades pendant les JO ont accueilli un public local débordant d’enthousiasme pour les athlètes brésiliens, mais souvent clairsemé pour le reste des compétitions.

Difficultés financières d’abord, car les JO ont été très coûteux et les faibles ventes de billets et le manque de sponsors pour les Paralympiques ont achevé de plomber les comptes du comité organisateur Rio 2016.

Difficultés éthiques ensuite, depuis l’exclusion pour dopage de la Russie, deuxième au tableau des nations en 2012. Pour rendre hommage à ses athlètes paralympiques, le pays organise jusqu’à vendredi ses propres Jeux.

Difficultés conjoncturelles enfin : les Brésiliens subissent de plein fouet une crise économique et politique qui a conduit à la destitution controversée de leur présidente de gauche Dilma Rousseff la semaine dernière.

Elle a été remplacée par son ex vice-président de centre-droit devenu rival, le tout aussi impopulaire Michel Temer, qui participera à la cérémonie d’ouverture où il risque d’essuyer la même bronca qu’à celle des JO.

Il a d’ailleurs été sifflé dans la matinée à Brasilia par une partie du public qui assistait aux cérémonies officielles du 194e anniversaire de l’indépendance du Brésil.

Vingt-deux sports

Après avoir parcouru cinq villes brésiliennes représentant chacune une valeur paralympique (égalité, détermination, adaptation, courage, inspiration), la torche est arrivée mardi à Rio.

« Les Jeux paralympiques vont faire l’histoire. Ils ouvriront un nouveau continent au mouvement paralympique et vont interpeller pour la première fois des millions de personnes. Ces Jeux sont l’événement mondial numéro un pour amener à plus d’intégration », a souhaité à cette occasion Philip Craven, président du Comité paralympique international (IPC).

Cécifoot, athlétisme, rugby-fauteuil, natation, escrime, volleyball assis, équitation : vingt-deux sports sont au programme de cette nouvelle édition, soit deux de plus qu’en 2012, le canoë-kayak et le triathlon.

Tous les sportifs, qui attendent depuis quatre ans de voir le Corcovado et d’avoir les médias du monde entier tournés vers eux, sont prêts. Leur objectif ? Oublier et faire oublier leur handicap en réalisant les meilleures performances.

L’IPC espère atteindre l’objectif de quatre milliards de téléspectateurs dans plus de 154 pays, un record. À Londres, 115 pays avaient suivi l’événement.

Sur le site paralympic.org, plus de 680 heures de transmission en direct seront assurées au travers de 15 chaînes en haute définition.

En France, pour la première fois de l’histoire des Paralympiques, France Télévisions retransmettra en direct un total de 100 heures de compétitions sur ses chaînes France 2 et France 4, en incluant les cérémonies d’ouverture et de clôture.