La lutteuse Inna Trazhukova porte plainte contre le patron de sa fédération

La lutteuse Inna Trazhukova durant son combat aux Jeux olympiques de Rio
Photo: Toshifumi Kitamura Agence France-Presse La lutteuse Inna Trazhukova durant son combat aux Jeux olympiques de Rio

Moscou — La lutteuse Inna Trazhukova a annoncé lundi avoir porté plainte contre le président de la Fédération russe de lutte, Mikhail Mamiachvili, qu’elle accuse de l’avoir frappée après une défaite aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Âgée de 25 ans, Trazhukova dit avoir reçu des coups de Mamiachvili à deux reprises devant l’équipe russe, alors qu’elle venait de perdre un combat contre la Polonaise Monika Ewa Michalik, qui a remporté la médaille de bronze.

« Elle demande que la justice soit saisie de cette affaire », a déclaré à l’Agence France-Presse son avocat, Sirajutdine Atayev.

« Elle considère que Mamiachvili a porté atteinte à son honneur et à sa dignité », a ajouté Atayev, précisant que sa cliente avait demandé au parquet d’ouvrir une enquête après son agression.

L’incident a provoqué l’indignation dans le monde sportif en Russie et le ministre russe des Sports, Vitaly Mutko, a assuré Trazhukova de son soutien.

« Je respecte Mikhail Mamiachvili, il a vraiment amélioré la Fédération, mais je ne suis pas d’accord avec lui », a déclaré le ministre samedi lors d’un entretien sur la chaîne russe Match TV. « Peut-être succombe-t-il trop vite à ses émotions, mais il ne peut pas faire ça. Je soutiens la sportive. »

Refus de témoigner

Inna Trazhukova, qui a terminé au 4e rang chez les 63 kg à Rio, a demandé à des personnes ayant assisté à la scène de témoigner, mais plusieurs ont refusé, selon son avocat.

Loin de s’excuser, Mamiachvili a justifié ses coups par la colère provoquée par l’attitude « apathique » selon lui, de la lutteuse après sa défaite.

« Qu’est-ce que j’étais censé faire avec elle ? Ignorer son indifférence et son apathie ? », a-t-il déclaré au journal russe Sport Express. « Trouver des mots réconfortants ? Pourquoi ? Elle aurait dû rester à la maison ou bien nous dire qu’elle allait nous trahir. »

Dans une lettre ouverte, Inna Trazhukova a dit être « prête à prendre [ses] responsabilités et entendre des critiques. Mais je n’accepterai jamais être d’être qualifiée de traître à la mère patrie. »