Derek Drouin se félicite d’un changement de mentalité

Drouin, 26 ans, a gagné la médaille d’or à Rio avec un saut de 2,38 mètres, à court du record canadien de 2,40 m qu’il a établi en avril 2014.
Photo: Frank Gunn La Presse canadienne Drouin, 26 ans, a gagné la médaille d’or à Rio avec un saut de 2,38 mètres, à court du record canadien de 2,40 m qu’il a établi en avril 2014.

Derek Drouin a posé dès 2013 le fondement de la médaille d’or qu’il a remportée la semaine dernière aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

L’année après les décevants Jeux de Londres, où le Canada a été limité à une seule médaille de bronze dans les épreuves d’athlétisme, Drouin, auteur de ce podium au saut en hauteur, affirme que ses coéquipiers et lui ont modifié leur approche mentale et commencé à croire en eux-mêmes. Le Canada a obtenu cinq médailles aux Championnats du monde de Moscou en 2013 et, dans son esprit, c’était grâce à cette nouvelle façon d’aborder les choses.

« Ç’a été tout un changement dans notre mentalité », a déclaré Drouin vendredi avant de répondre aux questions du public en plein coeur du quartier des affaires de Toronto. « Nous ne sommes plus simplement heureux de participer. Nous voulons monter sur le podium. C’est une attitude contagieuse. »

« Nos jeunes athlètes sont affamés et ils croient vraiment qu’en tant que Canadiens, ils en sont capables. »

Drouin, 26 ans, a gagné la médaille d’or à Rio avec un saut de 2,38 mètres, à court du record canadien de 2,40 m qu’il a établi en avril 2014. Sa médaille d’or est l’une de six remportées en athlétisme à Rio, la meilleure récolte du Canada à des Jeux non boycottés depuis 1932, lorsque le pays en a remporté neuf.

Il s’agit d’une grande amélioration par rapport à la seule médaille de Drouin en 2012, les deux podiums du pays en 2008 à Pékin et aucun aux JO de Sydney en 2000 et d’Athènes en 2004.

Encore mieux à Tokyo

Drouin, qui dit n’avoir pas encore réalisé qu’il est champion olympique, estime que le Canada mettra à profit son succès à Rio et fera encore mieux à Tokyo en 2020.

« Nous avons deux Championnats du monde d’ici là et maintenant, ce sera évidemment le premier objectif », a déclaré Drouin, qui a également remporté l’or aux Mondiaux 2015. « En athlétisme, nous travaillons par cycles de quatre ans et tout est en préparation pour les quatre prochaines années à partir de maintenant. »

La nette amélioration de l’athlétisme canadien aux JO donnera lieu à une augmentation du financement de la part d’organismes comme À nous le podium, qui récompense les athlètes olympiques et leurs entraîneurs dans leur quête de médailles. Cela ne fera qu’apporter de l’eau au moulin de l’équipe d’athlétisme dans sa préparation pour Tokyo.

« La perte du financement était certainement une source d’inquiétude pour nous il y a quelques années. Maintenant, je ne pense pas que nous serons dans la même position, a poursuivi Drouin. Cela fait une énorme différence. »

« Ne pas avoir à se préoccuper de notre lieu d’entraînement, de savoir si vous allez être capable de vous rendre à un camp d’entraînement à la chaleur, car il est pratiquement impossible de s’entraîner à l’intérieur toute l’année, tout cela fait une énorme différence. »

Drouin est rentré au pays mardi avec d’autres athlètes comme le sprinteur André de Grasse et la spécialiste des haies Nikkita Holder. Depuis son arrivée, Drouin a été très sollicité avec des apparitions médiatiques et des rencontres avec le public. Vendredi après-midi, il a accordé une brève entrevue sur une scène extérieure devant des dizaines de personnes avant de répondre à des questions de l’auditoire.

Après coup, il s’est levé et a pris des photos individuelles avec des gens, leur permettant de tenir sa médaille d’or.

« Actuellement, c’est la saison morte et je ne vais pas vraiment penser à l’athlétisme pendant au moins quelques semaines, a déclaré Drouin, qui prévoit un voyage en Europe avec un ami. Ensuite, je vais me concentrer en vue de Tokyo 2020. »