Halep clôt la semaine avec un point d’exclamation

Simona Halep passera au 3e rang mondial.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Simona Halep passera au 3e rang mondial.

Plusieurs drapeaux de la Roumanie étaient déployés dans les tribunes du stade de tennis Uniprix dimanche, et l’enfant du pays n’a pas déçu tous les partisans qui sont venus l’encourager. Alors que ceux-ci scandaient son prénom en en séparant bien les trois syllabes, Simona Halep, 5e joueuse mondiale, a remporté la finale de la Coupe Rogers, son 14e championnat sur le circuit de la WTA à 24 ans seulement.

Dans un match qui ne passera certainement pas à l’histoire parce que ponctué de nombreuses erreurs, Halep a eu raison de l’Américaine Madison Keys, 12e, par la marque de 7-6 (2) et 6-3.

Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Simona Halep passera au 3e rang mondial.

Avec cette victoire, « l’une de mes plus grosses en carrière », a-t-elle dit, Halep passera au 3e rang mondial lors de la publication du nouveau classement WTA lundi. Elle a connu une semaine extrêmement chargée puisqu’elle a aussi atteint la finale du double en compagnie de sa compatriote Monica Niculescu. (Elles ont perdu 6-3, 7-6 (5) contre les Russes Ekaterina Makarova et Elena Vesnina, 4es têtes de série.)

L’an dernier, Halep avait dû abandonner au troisième set en finale de la Coupe Rogers à Toronto contre la Suissesse Belinda Bencic.

Indice d’un drôle de match, la manche initiale a vu douze jeux être disputés et huit se conclure par un bris de service. Les cinq derniers jeux ont vu la retourneuse s’imposer, et on a dû avoir un recours à un autre bris, d’égalité celui-là, pour trancher. Halep s’y est montrée dominante.

Retour à un peu de normalité au deuxième set, quand le seul bris a été réalisé au deuxième jeu par Halep. La Roumaine n’a plus regardé derrière par la suite.

Il s’agit d’un deuxième titre consécutif pour Halep, qui a remporté chez elle le tournoi de Bucarest à la mi-juillet.

Keys en ascension

Pendant des années, Serena Williams s’est fait demander ce qu’il pouvait bien advenir du tennis féminin aux États-Unis. Il y avait bien sa soeur Venus et elle-même, mais ça se limitait pas mal à ça. Elle ne savait trop que répondre.

C’est peut-être Madison Keys qui portera les espoirs de son pays. Elle n’a que 21 ans, elle était la 10e tête de série au parc Jarry, elle a remporté le tournoi de Birmingham, en Angleterre, il y a quelques semaines, et elle a atteint la ronde des 16 à Wimbledon, où elle a baissé pavillon contre… Halep.

Cette finale canadienne ne peut en tout cas qu’amplifier les attentes.

Reconnue pour son puissant service, Keys a déclaré que les choses n’ont pas fonctionné dimanche. « Mais pendant tout le match, ç’a été une affaire de points serrés, et ça n’a pas tourné à mon avantage. C’est le genre de choses qui arrivent. »

Keys mettra maintenant le cap sur Rio de Janeiro afin de participer aux Jeux olympiques.

Halep a pour sa part mentionné qu’elle a dû jouer de finesse avec son adversaire et tenir la balle loin d’elle parce qu’elle ne peut pas rivaliser de force avec elle, encore moins à l’issue d’une semaine épuisante.

La Cendrillon du tournoi

La révélation du tournoi fut sans contredit la Slovaque Kristina Kucova, classée 121e mondiale et issue des qualifications à Montréal, qui a atteint le carré d’as, où elle s’est inclinée samedi soir devant Keys. Avant sa rencontre de demi-finales, elle avait déjà disputé pas moins de 11 sets au tableau principal, dont plusieurs en soirée devant une grosse foule, et 15 au total, un régime auquel elle n’est pas habituée. Elle s’est notamment offert des noms en vue tels Carla Suárez Navarro, Eugenie Bouchard et Johanna Konta.

« J’ai joué tous les jours en donnant tout ce que j’avais, a commenté Kucova après sa défaite. Mais aujourd’hui [samedi], j’ai atteint ma limite. Mais ce fut la plus grande semaine de ma carrière, et je suis tellement heureuse. »

Le public présent était évidemment entièrement derrière Bouchard lors de leur match de troisième tour jeudi, mais la joueuse de 26 ans, qui a surtout connu du succès sur le circuit inférieur de l’International Tennis Federation, a su changer tout cela en devenant la Cendrillon du tournoi, et c’est elle que les amateurs se sont mis à encourager.

Et qu’a-t-elle appris à son propre sujet de ce parcours inespéré ? « Que je peux me battre. Souvent, j’ai tiré de l’arrière [elle a perdu le premier set lors de ses trois premiers matchs]. Et je suis parvenue à remonter la pente. Ma résilience m’a surprise. »