Le carré d’as est formé

La Roumaine Simona Halep, cinquième tête de série, a battu la Russe Svetlana Kuznetsova vendredi.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La Roumaine Simona Halep, cinquième tête de série, a battu la Russe Svetlana Kuznetsova vendredi.

La journée de vendredi a bien mal commencé pour les joueuses de Russie à la Coupe Rogers de tennis, mais il reste qu’elles étaient trois à participer aux quarts de finale du tournoi. Et Svetlana Kuznetsova a sa petite idée quant à la raison principale du succès de son pays dans le sport.

« Nous sommes très forts mentalement. C’est mon atout. Personne ne nous aide. Pendant longtemps, je n’ai eu aucun commanditaire. J’étais numéro 1 chez les juniors, je faisais partie du top 10 mondial, et je n’avais aucun contrat. Personne ne s’intéresse aux Russes, tout le monde veut des Américains, des Canadiens, des Français. Nous traversons tous des moments difficiles peu importe qui nous sommes. Personne à part notre famille ne nous aide. C’est difficile, et c’est ce qui nous rend forts mentalement », a déclaré Kuznetsova après son match de quarts.

Cet élément n’a cependant pas fait en sorte que la 9e tête de série à Montréal connaisse un deuxième set « terrible » après avoir dominé le premier et finisse par s’incliner au compte de 3-6, 6-1 et 6-1 devant la Roumaine Simona Halep, 5e. « J’ai manqué d’énergie et commis plusieurs erreurs non provoquées. Simona est une des meilleures joueuses au monde, et quand vous lui donnez l’occasion d’entrer dans son match, de prendre son élan, il est très difficile de l’arrêter », a mentionné Kuznetsova.

Dans le carré d’as samedi, Halep affrontera l’Allemande Angelique Kerber, no 2, un match qui présente des allures de finale avant la finale. Kerber, championne des Internationaux d’Australie et finaliste à Wimbledon cette année, a connu un début de tournoi hésitant, l’emportant deux fois en trois manches, mais elle n’a éprouvé aucun mal à se défaire d’une autre Russe, Daria Kasatkina, 33e au classement WTA, par la marque de 6-2 et 6-2.

L’autre demi-finale mettra aux prises Madison Keys et la révélation du tournoi, la Slovaque Kristina Kucova. L’Américaine Keys, tête de série no 10, l’a emporté sur la Russe Anastasia Pavlyuchenkova, 16e, 7-6 (3), 1-6 et 6-1. Kucova a pour sa part eu le meilleur sur la Britannique Johanna Conta, 15e, en deux manches de 6-4 et 6-3.

Le mental…

La question de la dureté du mental, si fondamentale dans le domaine athlétique, est d’ailleurs revenue sur le plancher vendredi lorsque Sylvain Bruneau, entraîneur de l’équipe canadienne de Fed Cup, a rencontré des représentants de médias et est revenu sur le match disputé par Eugenie Bouchard jeudi soir. Après avoir remporté le premier set contre Kucova, 121e au monde, Bouchard a joué du tennis ordinaire et a perdu sa contenance à deux reprises, expédiant une balle dans les gradins puis fracassant sa raquette contre le sol. Elle s’est inclinée 3-6, 6-4 et 6-3.

Bouchard elle-même a reconnu après la joute que toute la pression entourant sa présence à Montréal et l’occasion d’accéder aux quarts de finale l’avaient finalement atteinte.

« Cela a joué un grand rôle, a dit Bruneau. Elle a bien commencé et n’a pas été en mesure de tenir le rythme quand c’est devenu plus difficile. Elle a raté plusieurs occasions. Ça s’est mis à s’additionner et à un moment donné, elle est devenue extrêmement frustrée. »

« Elle savait que c’était un match qu’elle devrait gagner, mais ce n’est pas toujours la bonne façon de penser. Elle est devenue tendue, ce qui l’a fait rater ses coups encore plus souvent. Elle n’a que 22 ans. L’important, c’est d’apprendre et de s’améliorer. Je suis certain qu’elle a appris de ce match, bien que ce soit douloureux. »

Bruneau a quand même tenu à mettre l’accent sur le fait que Bouchard avait disputé deux très bons matchs auparavant contre des joueuses en vue, Lucie Safarova et Dominika Cibulkova, et que cela doit aussi entrer en ligne de compte.