Poutine prône la création d’une nouvelle commission antidopage

Le président de la Russie, Vladimir Poutine
Photo: Associated Press Le président de la Russie, Vladimir Poutine

Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a demandé vendredi qu’une nouvelle commission antidopage soit créée afin que puisse être établie l’éventuelle stratégie du pays au moment où il pourrait être exclu des Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

L’intervention de Poutine survient alors que l’ancien dirigeant de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbachev a expédié une lettre au président du Comité international olympique, Thomas Bach, pour lui demander de ne pas suspendre la délégation russe.

« Je suis préoccupé et très fâché d’apprendre qu’il existe une possibilité que la suspension qui a été imposée aux athlètes russes en prévision des Jeux olympiques touche autant ceux qui sont innocents que ceux qui sont coupables, écrit Gorbachev dans une lettre diffusée sur son site Internet. Selon moi, le principe d’une sanction collective est inacceptable. »

Poutine n’a pas abordé directement les allégations voulant que des dirigeants du gouvernement russe ont facilité la dissimulation de centaines de cas de dopage sportif, mais il a réitéré que l’État est totalement opposé à l’utilisation de drogues de performance.

Étroite collaboration

Il a ajouté qu’il faut « coopérer étroitement » avec le CIO et l’Agence mondiale antidopage afin de lutter contre le dopage sportif. L’AMA a accueilli favorablement jeudi une décision du Tribunal arbitral du sport de rejeter un appel de 68 membres de l’équipe russe d’athlétisme collectivement suspendus par l’Association internationale des fédérations d’athlétisme.

« Il n’y a pas de place pour le dopage dans le sport, a martelé Poutine. Le sport doit être propre, et la santé des athlètes doit être protégée adéquatement. »

Poutine a mentionné lors d’une réunion de son cabinet que la commission, sous la supervision du Comité olympique russe, permettrait « des développements rapides et un contrôle absolu dans la réalisation d’un plan national de lutte contre le dopage ».

Il a ajouté que la commission serait « indépendante » et qu’elle serait dirigée par des Russes ainsi que des experts étrangers en médecine, en justice et en administration des sports. Il n’a cependant pas donné d’échéancier quant à l’entrée en fonction de la commission.

Vitaly Smirnov

Poutine a suggéré la nomination de Vitaly Smirnov, un membre honoraire du CIO de 81 ans et un vétéran de l’Administration des sports de l’Union soviétique et de la Russie, à la tête du comité de direction.

« Une telle commission devrait être dirigée par une personne dotée d’une réputation absolument inattaquable, qui a la confiance et le respect de la famille olympique, a déclaré Poutine. Une telle personne existe dans notre pays, et c’est Vitaly Georgievich Smirnov. »

Smirnov a déjà servi à titre de vice-ministre des sports de l’URSS et a contribué à l’organisation des Jeux olympiques de Moscou en 1980.

Il a suggéré lors d’un entretien télévisé que le scandale de dopage russe se résume à une série de « problèmes de communication », et il a ajouté que la nouvelle commission servirait à éradiquer l’utilisation des drogues de performance dans le sport. « Nous travaillerons afin d’éliminer ce problème », a-t-il ajouté.

Smirnov, qui a déjà agi à titre de vice-président du CIO, fut l’un de cinq membres du CIO qui ont reçu un « sérieux avertissement » en 1999 pour leur rôle dans le scandale de l’octroi des Jeux d’hiver de 2002 à Salt Lake City. Au total, 10 membres ont dû démissionner ou ont été limogés pour avoir accepté des pots-de-vin, des cadeaux et d’autres avantages inappropriés pendant le processus d’octroi.