Les mauvaises nouvelles pleuvent sur Rio

Doug Bishop a lu attentivement des articles au sujet de manifestations policières à Rio de Janeiro.

Furieux en raison de retards dans le versement de leur salaire, des officiers se sont rassemblés à l’aéroport principal de Rio, brandissant des bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Bienvenue en enfer. Les policiers et les pompiers ne sont pas payés, et ceux qui viennent à Rio de Janeiro ne seront pas en sécurité. »

Il s’agissait de la plus récente mauvaise nouvelle à tomber sur Rio. Qu’on parle d’images horribles de ses eaux polluées, des avertissements au sujet du virus Zika ou encore des crimes violents commis dans la ville brésilienne, il est difficile pour les familles des athlètes canadiens d’ignorer toute cette négativité.

Mais Bishop et sa conjointe, Alison, ne voudraient pas se trouver ailleurs que dans le Stade olympique Joao-Havelange quand leur fille Melissa courra pour une médaille à l’épreuve du 800 mètres aux Jeux olympiques. Ils sont relativement optimistes qu’ils y seront en sécurité.

« À ce point-ci, vous ne voulez plus y penser parce que tout ce que vous voulez faire, c’est encourager votre fille, a déclaré Bishop. Vous devez vous dire : “ Elle y va, pourquoi je ne pourrais pas y aller aussi ? ”»

Hilary Stellingwerff participera quant à elle au 1500 m à Rio, ses deuxièmes Jeux. Mais elle n’y restera pas plus longtemps qu’il ne le faut. Elle et son conjoint, Trent — un scientifique qui travaillera avec l’équipe canadienne au Brésil —, ont un fils âgé de 2 ans, Theo, qui demeurera à VIctoria avec ses grands-parents.

Comme le couple prévoit avoir d’autres enfants, Hilary ne s’envolera pour Rio que quatre jours avant ses courses — trois si elle atteint la finale — et retournera à la maison dès le lendemain.

« J’ai beaucoup discuté avec notre médecin, Paddy McCluskey, qui au cours des derniers six mois est devenu un véritable expert du Zika et de la dengue, a dit Trent. Nous savons tout du Zika. Mais le principal problème est que vous pouvez être porteur du virus tout en étant asymptomatique. »

Criminalité

Il y a aussi la criminalité, « le plus sérieux problème de Rio », selon son maire, Eduardo Paes, qui a fait cette déclaration sur les ondes de CNN la semaine dernière. « Et l’État ne fait rien, a-t-il ajouté. Il échoue dans son mandat de protéger la population. »

Au cours des dernières semaines, une navigatrice paralympique australienne s’est fait voler son vélo par des hommes armés, un trafiquant de drogues allégué a été « secouru » par un commando de sympathisants, et une chaîne de télévision allemande s’est fait voler son camion de retransmission et plus de 400 000 $US d’équipements par des hommes armés.

Les manifestations policières ont eu lieu alors que le Brésil, qui est touché par l’une des pires récessions de son histoire, a sabré dans ses budgets. Le ministre des Sports a toutefois indiqué mardi que 24 millions $ seront ajoutés au budget de sécurité pour les JO. L’armée patrouillera dans les sites de compétitions à compter du 24 juillet et quelque 85 000 agents de police et soldats seront déployés pendant les Jeux.

Malgré cela, certains athlètes, comme le nageur américain Michael Phelps, ont fait appel à des firmes privées pour assurer la sécurité de leurs proches. D’autres se sont informés de la possibilité de louer des véhicules blindés, des mesures jugées extrêmes par les membres des familles d’athlètes canadiens.

« Peut-être sommes-nous naïfs », a déclaré Lynn Lalonde, la mère de Geneviève, qui prendra part au 3000 m steeple.

Réunis à Edmonton pour la présentation de l’équipe canadienne d’athlétisme lundi, les parents et amis des athlètes n’ont pas semblé inquiets outre mesure au sujet de la sécurité.

« Il faut seulement être prudents dans nos déplacements, être aux aguets », a noté la mère du sprinteur Andre De Grasse, Beverley.

Afin de leur venir en aide, le Comité olympique canadien aura des officiers désignés pour les familles et les amis de ses athlètes à la Maison du Canada, où ceux-ci pourront également faire le plein de chasse-moustiques.