Chris Froome enfin acclamé le long des routes

Chris Froome est finalement acclamé le long des routes du Tour de France cycliste.

Le coureur britannique de l’équipe Sky a été largement applaudi et même encensé pour le panache avec lequel il a lancé une attaque-surprise en descente qui lui a permis de s’emparer du maillot jaune de meneur au classement général de la Grande Boucle lors de la 8e étape samedi.

C’est tout un revirement par rapport à l’an dernier, lorsque Froome a été hué, s’est fait cracher dessus et a même été aspergé d’urine.

« Certainement. L’atmosphère sur les routes a été fantastique, a déclaré Froome lundi au premier jour de repos de l’épreuve. Les foules ont été formidables, rien de toutes ces absurdités que j’ai vécues l’année dernière. J’espère que ça restera comme ça. »

Quand Froome a gagné le Tour en 2013 et 2015, il était non seulement soupçonné de dopage, mais aussi critiqué pour sa façon de courir d’une manière trop calculée et peu créative. Cela a changé samedi avec son audacieuse descente et sa victoire d’étape dans les Pyrénées.

« Mon objectif principal est évidemment la course. Mais si c’est divertissant en même temps, c’est formidable, a commenté Froome. Je ne vais pas changer ma façon de courir juste pour faire du divertissement. Je vais faire tout ce que je peux pour essayer de gagner la course. »

Froome détient une avance de 16 secondes devant son compatriote Adam Yates et de 19 secondes devant l’Irlandais Dan Martin. Son principal rival, le double vice-champion colombien Nairo Quintana, occupe le 4e rang, à 23 secondes.

Incident majeur

Le seul incident majeur impliquant Froome jusqu’ici est survenu quand un amateur en bordure de route s’est trop approché de lui samedi. Froome a réagi en lui servant un jab de la main gauche au visage. Le jury de course a condamné Froome à une amende de 200 francs suisses (267 $CAN) pour « comportement inapproprié ».

« Je l’accepte, mais j’estime que c’était la bonne chose à faire, a mentionné Froome. Il était dangereux à ce moment. Il y a eu pas mal d’incidents avec les amateurs au cours des derniers jours. Cela fait partie du sport, je suppose. »

Une autre préoccupation qui fait désormais partie intégrante du sport est le dopage mécanique.

La Belge Femke Van Den Driessche a été suspendue pour 6 ans quand on a découvert un moteur électrique dans un de ses vélos aux Championnats du monde de cyclo-cross en janvier. Et en avril, l’émission Stade 2 à la télévision française a prétendu avoir détecté un dopage mécanique répandu lors de deux courses en Italie, où on a utilisé des caméras thermiques en bordure de route.

L’Union cyclsite internationale a réagi en vérifiant des centaines de vélos du Tour avec un équipement d’imagerie thermique.

Quand Froome a été questionné sur la raison pour laquelle il n’a pas été en mesure d’attaquer avec succès en montagne dans ce Tour, en lui suggérant que c’était parce qu’il n’a pas de moteur dans son vélo, le directeur de l’équipe Sky, Dave Brailsford, a répliqué.

« Nous avons été testés tous les jours, a déclaré Brailsford. Nous avons reçu un courriel de l’UCI [dimanche] qui nous remercie d’être l’équipe la plus coopérative de toutes pour les contrôles de vélos. Si quelqu’un est assez stupide pour avoir l’idée de venir ici avec un moteur dans son vélo, il va assurément se faire prendre. »

Le vieux père

Froome, quant à lui, semble plus concentré depuis la naissance de son fils, Kellan, en décembre dernier.

« Ça m’a procuré beaucoup de motivation supplémentaire, a-t-il confié. Ça m’a donné beaucoup plus d’énergie dans la vie en général. J’aime penser que lorsqu’il sera un peu plus grand et qu’il comprendra, il sera fier de son vieux père. »

La prochaine arrivée en montagne du Tour se produira lors de la 12e étape jeudi au légendaire mont Ventoux, jour de la fête nationale des Français.

Froome a été le vainqueur de l’étape la dernière fois que le Tour a fait escale en 2013 dans les terres arides du mont Ventoux, qui culmine à 1909 mètres d’altitude.

Le mont Ventoux a également été le théâtre d’une lutte épique entre Lance Armstrong et Marco Pantani en 2000. Et le coureur britannique Tom Simpson y a perdu la vie en 1967 après avoir utilisé un cocktail mortel d’amphétamines et d’alcool.

« Quand je suis arrivé au sommet la dernière fois, j’ai dû mettre le masque à oxygène, j’étais tellement fatigué, s’est rappelé Froome. C’est l’une des ascensions les plus emblématiques. Gagner à nouveau là-bas serait irréel. Ça va être intéressant de voir qui va vraiment vouloir aller aussi à fond pour avoir la victoire, ou si les coureurs vont attendre un peu en sachant qu’il y a un contre-la-montre le lendemain. »

La course se poursuivra dans les Alpes lors de la troisième semaine avec un rare contre-la-montre en montagne placé entre plusieurs étapes alpines exténuantes.

« C’est là que la course se gagnera ou se perdra », a conclu Froome.